- Accueil
- Météo : quelles sont les prévisions pour juillet 2026 ? La chronique de Nicolas Le Friant, expert météo
Mercredi 01/07/2026
Météo : quelles sont les prévisions pour juillet 2026 ? La chronique de Nicolas Le Friant, expert météo
Après la canicule historique de juin 2026, la chaleur ne desserre pas son étreinte en ce début juillet. La question est de savoir si nous allons subir une nouvelle canicule à compter du lundi 6 juillet sur toute la France.
Ce mois de juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud observé en France, avec une température moyenne de 22,75°C (excédent thermique de 3,8°C), devançant juin 2003 (moyenne de 22,51°C). Il est vrai que nous avons vécu une canicule, non seulement précoce, mais exceptionnelle en termes de durée et surtout d’intensité.
Cette canicule entre dans l’Histoire climatologique puisque les journées les plus chaudes étaient, jusqu’alors, le 25 juillet 2019 et le 5 août 2003. Elles ont été détrônées non pas par une, ni deux mais bien par 3 journées, du 23 au 25 juin 2026. Voici d’ailleurs le classement à jour des journées les plus chaudes observées en France en fonction de l’ITN (Indicateur Thermique National) :
- Mercredi 24 juin 2026 : ITN de 30,02°C ;
- Jeudi 25 juin 2026 : ITN de 29,99°C ;
- Mardi 23 juin 2026 : ITN de 29,92°C ;
- Jeudi 25 juillet 2019 : ITN de 29,4°C ;
- Mardi 5 août 2003 : ITN de 29,35°C.
En ce mercredi 1er juillet 2026, la tendance est claire : la France demeure dans une séquence thermique très anormale. En effet, l’Indicateur Thermique National dépasse toujours le seuil de 23,4°C (seuil de vague de chaleur) après la canicule historique de fin juin, avec une vigilance orange maintenue dans le Sud-Est (Var, Alpes-Maritimes, Corse) jusqu’à demain jeudi 2 juillet à 6h. Nous sommes donc toujours au sein d’une vague de chaleur.
En outre, un nouvel épisode de fortes à très fortes chaleurs plus généralisé devient probable à compter du lundi 6 juillet. Toutefois, la qualification de « canicule généralisée à toute la France » ne doit pas être anticipée de manière catégorique. Le scénario devra être confirmé par la persistance des températures, les seuils nocturnes et l’extension géographique.
Quid de l’évolution de l’humidité des sols ?
En effet, nous ne parlons que des températures mais il ne pleut pas ou très peu depuis des semaines en France. En conséquence, en ce début juillet 2026, l'indicateur SWI de Météo-France (carte ci-dessous) place les sols superficiels de France dans la zone record sec, soit dans les 10% des années les plus sèches jamais enregistrées à cette période de l'année. Ce résultat est la conséquence d'un retournement climatique brutal en passant d’un record humide en février 2026 à la sécheresse sévère, amplifié par une chaleur printanière exceptionnelle et des pluies de mai inégalement réparties. Les sols sont dans un état plus dégradé que lors de la même période en 2025. Les perspectives de juillet sont très préoccupantes, les fortes chaleurs dominantes limitant toute recharge superficielle utile.
Selon Météo France : « la situation des sols actuellement observée est similaire à celle des grands épisodes historiques depuis le début des mesures en 1959 ».
Quelles sont les prévisions météorologiques pour ces prochains jours ?
Jeudi 2 juillet 2026 : un petit front atténué tentera de traverser la France dans les hautes pressions en véhiculant un ciel très nuageux de la Bretagne aux Hauts de France puis des Pays de la Loire aux Ardennes, avec quelques gouttes. Ailleurs, ce sera une nouvelle très belle journée estivale sans excès qui s’imposera, avec toujours du vent (rafales de 60 à 80 km/h) et de fortes à très fortes chaleurs en Méditerranée. L’instabilité se maintiendra l’après-midi sur les crêtes alpines ainsi qu’en Corse. Les températures progresseront un peu et seront situées 4 à 5 degrés au-dessus des normales climatiques.
Vendredi 3 juillet : la petite limite mourra dans le sud, avec un ciel parfois un peu variable, et quelques averses sur les reliefs en matinée puis retour du soleil l’après-midi. A l’arrière, le soleil reviendra en force dès l’aube, tandis que le Mistral et la Tramontane souffleront toujours avec vigueur en Méditerranée. Quant aux températures, elles seront toujours en légère hausse et passeront 5 à 6 degrés au-dessus des normales climatiques.
Samedi 4 et dimanche 5 juillet : la situation sera de nouveau à surveiller, avec la probable constitution d’un nouveau dôme de chaleur, dans un premier temps au voisinage de la péninsule ibérique et du Portugal. Sur ces régions, le retour de conditions caniculaires est acquis dès ce week-end, avec des températures maximales qui devraient dépasser parfois largement les 40°C en direction du sud de l’Espagne, peut-être même jusqu’à Madrid. Les fortes chaleurs devraient progresser un petit tiers sud du pays avec des maximales qui approcheront ou dépasseront à nouveau les 35 à 38°C, même si dans un premier temps les nuits seront encore respirables. Au nord, il existe un petit doute, mais nous devrions là aussi voir le mercure progresser, pour atteindre les 30 à 35°C au fil du week-end, avec là aussi des minimales bien inférieures à 20°C, voire à 15°C par endroits. Nous ne serons donc pas encore dans les seuils définis de la « canicule ».
Entre le lundi 6 et le vendredi 10 juillet : ce que nous pouvons d’ores et déjà garantir pour la semaine prochaine est la poursuite de cette vague de chaleur, qui a débuté le 17 juin dernier. En revanche, établir, avec une fiabilité très élevée, qu’une nouvelle canicule va frapper de plein fouet la France, rien ne permet de l’affirmer. Toutefois, selon les derniers modèles, force est de constater que les régions méridionales risquent fortement de connaître un nouvel épisode caniculaire avec des températures maximales qui oscilleront entre 35 et 40°C et des valeurs minimales voisines de 20°C. Plus au nord, en revanche, il fera également très chaud, avec des températures maximales de 30 à 35°C (20 à 28°C près de la Manche), mais les seuils de canicule ne semblent, pour l’heure, pas atteints. Si nous devons comparer avec la canicule de juin 2026, il est quasi-certain de ne pas atteindre de telles valeurs extrêmes (en intensité et en durée). Enfin, la sécheresse va inexorablement s’aggraver !
Attention, nous sommes à 5/6 jours du début de l’évènement, il faudra donc fiabiliser cette tendance et, comme souvent, cela va se jouer à peu de choses.



