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Vendredi 26/06/2026

« Rupture des commandes en abattoir ». La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest

Publié par Acti Ouest

Les industriels font face à une très forte dégradation de leurs ventes, faute de consommation.

Conjoncture – Avec les températures caniculaires, chacun cherche à se protéger des rayons ardents du soleil avec des pics au-dessus des 40°C dans de nombreuses villes. Les consommateurs français comme les autres pays du sud de l’Europe privilégient les achats de fruits ou de légumes frais ainsi que la volaille, et délaissent les viandes rouges. La rupture de commande dans les abattoirs est marquée. L’activité économique entre en léthargie, avec des mouvements d’animaux restreints ou contraints aux heures les moins chaudes de la journée par respect du bien-être animal. Dans de nombreuses régions, les moissons ont été interdites pour limiter les risques d’incendie.

Ces températures extrêmes font craindre une nouvelle sécheresse. Les prairies, qui étaient encore vertes il y a 8 jours, ont grillé. Les éleveurs se consacrent à l’abreuvement de leurs troupeaux, et vont progressivement passer à un régime d’affouragement dans les régions les plus touchées.

Chacun scrute les prévisions météorologiques pour connaître la fin de cet épisode caniculaire, mais si le pic de chaleurs va s’estomper en fin de semaine, les températures au-dessus de 30 degrés sont encore prévues jusqu’au début juillet.

Face à cette situation, les industriels de la viande réduisent la voilure, pour garder un équilibre de marché très instable et toujours soumis aux aléas géopolitiques. Les accords de paix avec l’Iran sont une bonne nouvelle pour libérer les échanges et pour faire retomber la pression sur le pétrole et par ruissellement de beaucoup de matière première ou transformée. Néanmoins la prudence reste de mise, car la région reste sous haute tension.

Cette guerre a bouleversé les échanges internationaux, avec des conséquences macroéconomiques qui ne sont pas encore toutes connues. Les principaux pays producteurs de viande sont très préoccupés par le retrait de la position chinoise. De son côté, l’Europe a ouvert ses portes en grand à coup d’accords multilatéraux.

Les instances européennes ont-elles anticipé le repli de notre production pour laisser entrer le loup dans la bergerie ? Les premières conséquences sont visibles sur le marché italien (notre premier client pour le commerce du jeune bovin).

Au rythme actuel, nous aurons perdu 25 à 30% de nos capacités de production d’ici 10 ans, face aux nombreux départs en retraite. 10 ans c’est loin, mais les abatteurs souffrent déjà, avec un tissu industriel de la transformation qui est en grande surcapacité. La restructuration de la filière d’abattage/transformation est en marche avec un effet déstructurant sur l’économie des territoires en termes d’emploi, que ce soient dans les exploitations ou dans les outils industriels. Le maillage de la France des outils à disposition des éleveurs sera plus faible, avec plus de transport et une remise en question de certains circuits courts sur les régions concernées. Cette raréfaction du cheptel aura inévitablement des conséquences sur les besoins en prairie et de leur effet bénéfique sur la captation des gaz à effet de serre. Les conséquences de cette fonte des effectifs seront nombreuses et variées, comme à chaque fois qu’un secteur d’activité est en souffrance (textile, métallurgie…).

Dans ce paysage très sombre, on retrouve des éleveurs d’une très grande vitalité avec des résultats économiques en très nette progression sur 2025. Le défi va être de redonner de la vigueur à la consommation de viande française après la forte baisse engendrée par la hausse des carburants et des canicules à répétition. Le recul des prix à la production va devoir ruisseler jusque dans l’assiette des consommateurs, au risque de faire perdurer la déconsommation de produits carnés.

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