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Vendredi 26/06/2026
Canicule record : entre puissance et impuissance, des mesures de bon sens en guise de sauve-qui-peut
Les autorités rappellent les mesures de vigilance à adopter dans les élevages et dans les champs, à l’heure ou l’Hexagone est frappé par une canicule historique.
« Mortalités importantes dans certains élevages, explosion des admissions en soin pour les oiseaux en pleine période de naissance, défaillance de la végétation en cultures non irriguées dans le Centre-Ouest, brûlures foliaires et florales sur de nombreuses cultures maraîchères et viticoles, arrêt quasi complet de la croissance de la prairie, multiplication de feux hors zones habituelles, ainsi que les premiers signes de défoliation précoce sur les arbres alors qu'on est qu'en juin... » : tel est le paysage décrit par Serge Zaka dans un message posté sur X le 25 juin.
Pour l’agro-climatologue, « fini août 2003, fini juillet 2019. Les anciennes canicules sont ridiculisées alors qu'on est en juin ! Cela fait maintenant cinq jours qu'on enregistre 42 et 45°C en France. Soit la plus grosse anomalie de l'Histoire de la météorologie française, tous mois confondus ». Serge Zaka n’a même pas cru bon de mentionner la vague de chaleur de la dernière décade de mai, déjà inédite.
Depuis mercredi 17 juin, l’Hexagone est sous le feu d’une vague de chaleur dont la précocité, l’étendue, l’intensité et la durée devraient marquer les anales, sauf à considérer que cet épisode pourrait devenir la norme, en espérant qu’il ne devienne pas banal.
Deux chiffres caractérisent l’évènement : le record de température maximale moyenne jamais atteint en France, à savoir 30,0°C mercredi 24 juin et le record de la nuit la plus chaude, soit 22,0°C entre mercredi et jeudi, cette dernière correspondant au pic caniculaire avec 72 départements placés en alerte rouge et 17 en alerte orange.
« Adapter les horaires de moisson »
Au cours de cette même journée, le gouvernement a publié un communiqué concernant les risques induits par la moisson, pour préserver la sécurité des personnes, protéger les cultures et préserver les territoires des risques d’incendie, en appelant à « adapter les horaires de moisson » et à adopter « de bonnes pratiques essentielles » telles que « l’entretien rigoureux des machines », la « présence de réserves d'eau à proximité des chantiers », « l’équipement des outils de travail adaptés, notamment la herse armée, pouvant être utilisée pour étouffer rapidement un début d'incendie » et enfin « la surveillance active des parcelles en cours de récolte et communication entre exploitants pour signaler toute situation à risque ».
De son côté le ministère de l’Agriculture a invité les détenteurs d’animaux « à la plus grande vigilance », renvoyant sur le Plan « vague de chaleur » et sur la réglementation entourant le transport des animaux en période de canicule.
Il est encore trop pour mesurer l’impact de la canicule sur les pertes de production des animaux et le phénomène de surmortalité, d’autant que l’épisode n’est pas terminé, même si le nombre de départements en vigilance rouge est repassé à 61 pour 24 en orange. Selon l’INRAE, les vagues de chaleur de 2003 et 2006 avaient induit une surmortalité de +10% en bovins laitiers +25% en bovins allaitants. La surmortalité est notamment perceptible chez la vache laitière en début de lactation, chez les animaux confinés (porcs, volailles) particulièrement en fin de cycle de production du fait de l’incidence sur la densité. « Le parc de bâtiments de la ferme France est relativement vieillissant, c’est des bâtiments qui datent de 20 à 30 ans et qui ont été conçus, si on prend la production laitière, d’abord pour protéger les animaux des rigueurs de l’hiver et pas du tout pour protéger les animaux contre les problématiques estivales », indiquait en mai dernier David Renaudeau, directeur de recherche à l’UMR Pegase au centre INRAE Bretagne-Normandie.
Selon l’Anvol, les éleveurs de volailles ont « massivement investi au cours des dix dernières années. Les installations sont désormais majoritairement équipées de systèmes de ventilation, de brumisation, de refroidissement, afin d’aider les animaux à réguler leur température ». Mais l’interprofession de la volaille de chair anticipe tout de même, dans les colonnes du Monde, la mort d’un million de poulets, principalement localisés dans le quart nord-ouest, conjuguant intensité de la canicule et densité d’animaux.
L’évaluation de la canicule sur les cultures est tout aussi prématuré. La précocité de la moisson va permettre de mettre à l’abri une partie de la récolte. Le sort des cultures de printemps est plus hypothétique. En date du 15 juin, le BRGM jugeait la situation globale des nappes « modérément satisfaisante », avec 55% des points d’observation autour des normales mensuelles ou au-dessus. Mais depuis, l’eau n’a pas vraiment coulé sous les ponts, à l’inverse de l’évaporation. La vidange des nappes phréatiques s’accentue avec 86% des niveaux en baisse. En date du 25 juin, 78 départements étaient confrontés à des mesures de restrictions d’usage de l’eau, dont 16 avec une partie de leur territoire en situation de crise.

