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Mercredi 22/04/2026
Nappes phréatiques : 74% des points d'observation autour ou au-dessus des normales, les prochaines semaines seront décisives
Selon le BRGM, les deux tiers des nappes phréatiques sont en baisse, mais 74% des points d'observation restent autour ou au-dessus des normales. Les prochaines semaines seront décisives, car les précipitations à venir détermineront le maintien des niveaux face à la reprise de la végétation et l'augmentation des prélèvements.
La vidange des nappes phréatiques s'intensifie en ce début d'avril 2026. Selon le bulletin de situation des nappes d'eau souterraine publié par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) au 15 avril, deux tiers des niveaux sont en baisse, conséquence directe d'un déficit de pluie enregistré lors de la deuxième quinzaine de mars et au début du mois d'avril. Cette tendance à la baisse s'observe sur une grande majorité des nappes du territoire français.
Néanmoins, le BRGM estime que la situation globale reste satisfaisante. En effet, 51% des points d'observation présentent des niveaux au-dessus des normales mensuelles, 23% se situent au niveau des normales, tandis que 26% sont en dessous de la moyenne.
Deux tendances différentes
Les nappes inertielles, qui se rechargent lentement, continuent de bénéficier d'une recharge dans les calcaires de l'Artois, la craie de Normandie, les calcaires du Sundgau, les formations du couloir Rhône-Saône, les alluvions fluvio-glaciaires de l’est Lyonnais et les calcaires de l’Armagnac. Pour les autres nappes inertielles, contenues dans les alluvions fluvio-glaciaires de l’avant-pays savoyard, les calcaires de Brie et les calcaires du Lutétien, les niveaux se stabilisent.
La situation des nappes réactives, qui se rechargent et se vident plus rapidement, s'est légèrement dégradée, conséquence du déficit de pluie et de la généralisation du démarrage de la vidange. Quelques nappes bénéficient encore d'une recharge, notamment celles des calcaires jurassiques en Brenne-Vienne et des formations de la Vistrenque. Cependant, la situation est passée de « modérément haut » à « autour de la moyenne » pour les nappes situées dans les formations sédimentaires du Cotentin, le socle breton et limousin, les calcaires jurassiques des Charentes et les alluvions de la plaine d’Alsace nord, de la vallée des Alpes et du Bas-Rhône-Durance.
De même, la situation s’est dégradée, passant de niveaux « autour de la moyenne » à « modérément bas » pour les nappes contenues dans les calcaires jurassiques du Boulonnais, de Lorraine et de la Côte des Bars, dans les sables de l’Albien de la bordure du Bassin parisien, les formations du bassin de Limagne.
Les nappes alluviales de la Garonne et du Rhône inférieur, ainsi que celles des formations de la Vistrenque, conservent des niveaux hauts à très hauts, restant au-dessus de la normale.
Des prévisions incertaines pour les semaines à venir
Les perspectives pour les prochaines semaines demeurent incertaines. Avec la reprise de la végétation, les pluies, si elles ne sont pas suffisamment abondantes, alimenteront principalement les besoins des plantes plutôt que les nappes. Selon le BRGM, les niveaux des nappes inertielles devraient se situer autour de la normale ou modérément bas.
Pour les nappes réactives, les prévisions sont plus favorables à court terme, notamment pour celles situées au-dessus des niveaux moyens. Toutefois, une vigilance particulière doit être maintenue sur l'arc jurassique de la bordure nord-est du Bassin parisien, les nappes des grès vosgiens et calcaires triasiques, ainsi que celles des bassins tertiaires de Limagne.
À long terme, l'incertitude prime. Un cumul de précipitations faible, associé à la reprise de la végétation et à l'augmentation des prélèvements, pourrait avoir un impact significatif et rapide sur les nappes très réactives, notamment celles du socle breton et limousin, dont les niveaux se situent déjà autour de la moyenne.
