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Mercredi 03/06/2026

Météo : quelles sont les prévisions pour juin 2026 ? La chronique de Nicolas Le Friant, expert météo

Publié par Pleinchamp

Après l'épisode de canicule historique de fin mai qui a pulvérisé les records, la première quinzaine de juin s'annonce plus contrastée.

Après un mois d’avril exceptionnellement doux et sec, la première quinzaine de mai a été marquée par un retour de la fraîcheur et des pluies parfois significatives sur une grande partie du pays, avec des cumuls pluviométriques qui ont saturé les sols. A la date du 18 mai 2026, l’indicateur thermique national (ITN) affichait une anomalie négative de -0,39°C.

À partir du 21 mai, un dôme de chaleur historique d'origine subtropicale s'est installé sur l'ouest de l'Europe, déclenchant l'épisode de chaleur le plus intense jamais enregistré en mai (et donc au printemps) en France. Les anomalies thermiques ont atteint jusqu’à +15/+18°C par rapport aux normales de saison.

  • 26 mai : journée la plus chaude de l'histoire pour un mois de mai (indicateur thermique national : 24,83°C) ;
  • 22–29 mai (8 jours) : près de 1479 records ;
  • Record absolu national pour un mois de mai : 37,8°C à la Couronne (16), sur le réseau secondaire, et 37,4°C à Perpignan (66), sur le réseau principal, le jeudi 28 mai ;
  • Paris dépasse les 32°C pendant 8 jours consécutifs (du 23 au 30 mai) — une série inédite pour mai ;
  • Nuits tropicales historiques dans de nombreux départements : 23,7°C de minimum à Scillé (79), 22,8°C au Cap de La Hève (76) ou encore 21,9°C à Nantes (44) ;
  • 17 départements (de la Basse-Normandie à la Bretagne jusqu’au nord de l’Aquitaine) ont été placés en vigilance orange canicule.

Fin d'épisode : retour de l’influence océanique entre le samedi 30 et le dimanche 31 mai. La masse d'air atlantique a progressivement effacé la chaleur par l'ouest entre samedi et dimanche, avec une dégradation orageuse peu marquée en France, beaucoup plus, en revanche, entre le Benelux, l’Allemagne et le centre de l’Europe.

En résumé, ce mois de mai 2026 en deux temps, perturbé et frais en première quinzaine, puis canicule historique et précoce sur la seconde, repousse les records de tous bords et confirme la tendance à des épisodes de chaleur de plus en plus précoces et intenses sous l'effet du réchauffement climatique.

>> A lire aussi : Vague de chaleur précoce : quels impacts sur les cultures et les animaux, quelles parades ?

Finalement, ce mois de mai 2026 (avec une température moyenne de 17,38 degrés) s’est classé à la 2ème place des mois de mai les plus chauds derrière 2022 (17,76°C) et loin devant 2011 (16,95°C) avec une anomalie thermique d'environ +1,9°C.

A quoi faut-il s’attendre pour cette 1ère quinzaine du mois de juin 2026 ?

Cette première semaine de l’été météorologique 2026, qui a débuté le lundi 1er juin, est globalement de saison, c'est-à-dire avec des températures estivales en début de semaine et qui vont devenir un peu plus fraîches pour jeudi 4 et vendredi 5, après le passage d’une perturbation océanique active.

Voici le détail des prévisions météorologiques pour ces 9 prochains jours en France :

Jeudi 4 juin : une nouvelle dégradation est attendue avec le passage, d'ouest en est, d'une perturbation pluvieuse qui se réactivera l’après-midi, des Pyrénées au Massif-Central aux Alpes jusqu’en Alsace avec le développement d’orages parfois forts des Cévennes aux Alpes du Sud. Sur cet axe, des cumuls pluviométriques de 25 à 40 mm seront possibles, parfois davantage sous les cellules orageuses les plus actives. À l'arrière, le ciel de traîne sera actif avec de fréquentes averses orageuses sur les régions allant de la Bretagne aux Pays de la Loire et à la Belgique. Il y aura moins d’averses de l’Aquitaine au Poitou jusqu’en Alsace et à la Lorraine. Quant au vent d’ouest à sud-ouest, il sera sensible sur une large moitié nord du pays à 50/70 km/h en rafales. Enfin, de la Provence-Alpes-Côte-d’Azur à la Corse, le ciel se voilera mais le temps restera sec avant le passage d’un front pluvieux et orageux en cours de soirée. Les températures maximales seront de nouveau en baisse de 2 degrés et repasseront donc 2 degrés en-dessous des normales climatiques.

Vendredi 5 juin : la France passera sous l'influence d'un ciel de traîne généralisé, mais globalement peu actif, avec de belles éclaircies matinales puis de nombreux passages nuageux occasionnant de faibles averses entre le Massif-Central, la Belgique et les Vosges ainsi que du Jura aux Alpes. Près de la Méditerranée, ainsi que du Val de Saône à la vallée du Rhône, le soleil s'imposera avec du Mistral et de la Tramontane soufflant à 50/60 km/h en rafales. Arrivée d’un voile nuageux assez épais, dans le courant de l’après-midi, de la Bretagne à l’Aquitaine. Les températures seront plus ou moins stationnaires et se maintiendront donc toujours 2 degrés en-dessous des normales climatiques.

Samedi 6 juin : une nouvelle dégradation des conditions météorologiques est envisagée avec l'arrivée et le passage d'un front froid faiblement pluvieux, qui aura tendance à se désagréger en progressant vers les régions centrales du pays en cours d'après-midi. Le soleil s'imposera sur l'est et le sud-est du pays. En revanche, de l'instabilité se développera de la Bourgogne aux Ardennes l'après-midi. A l'arrière, nous aurons un ciel changeant avec beaucoup de nuages et quelques éclaircies. Quant au vent, de sud à sud-ouest, il sera assez soutenu sur les régions du nord-ouest avec des rafales comprises entre 50 et 70 km/h. Les températures seront de nouveau en progression de 2 degrés et rejoindront ainsi les normales climatiques.

Dimanche 7 juin : les pressions atmosphériques seront orientées à la hausse, si bien que le temps sera globalement sec sur l'ensemble du pays et très lumineux à l'exception des régions du nord-ouest, c'est-à-dire entre la Bretagne, la Normandie, l'Île-de-France, les Hauts-de-France et les Ardennes où les passages nuageux seront très nombreux tout au long de la journée. Partout ailleurs, le soleil s’imposera aisément, même si, dans l'après-midi, des averses orageuses éclateront sur les Pyrénées, le Massif-Central et les Alpes du Sud. La hausse des températures se confirmera puisque nous repasserons 2 degrés au-delà des normales climatiques.

Anomalies des précipitations et des températures (du 1er au 8 juin 2026). Cliquez sur l'image pour agrandir.

Entre le lundi 8 et le vendredi 12 juin : après un début de semaine encore humide et instable, il semblerait que l’anticyclone des Açores devienne plus vigoureux en renvoyant, vers la France, une dorsale à compter de la journée du mercredi 10 juin. En fin de semaine, une cellule de hautes pressions pourrait venir se situer sur l’Europe de l’Ouest. Dans ce contexte, nous pourrions envisager le rétablissement d’un temps sec et surtout de plus en plus chaud, sans atteindre, pour le moment, les niveaux de températures observés lors de la canicule de fin mai 2026.

Anomalies des précipitations et des températures (du 8 au 15 juin 2026). Cliquez sur l'image pour agrandir.