« Nous avons testé les clôtures virtuelles sur les génisses »

La ferme expérimentale de Derval a expérimenté à l’automne 2020 et au printemps 2021 les clôtures virtuelles Nofence sur une dizaine de génisses laitières. Ce système a fait ses preuves techniquement, mais le prix de l’équipement reste élevé. Le point avec Paul Brelet de la ferme de Derval.

« Le printemps dernier, nous avons équipé une dizaine de génisses de deuxième année de colliers Nofence dotés d’un GPS et de panneaux solaires assurant la recharge de leur batterie. En parallèle, nous avons défini sur une application téléchargeable sur smartphone la zone dans laquelle nous voulions les faire pâturer. L’avantage avec un tel système, c’est qu’il n’y a plus à gérer la pose ou l’entretien des clôtures et que l’on peut adapter plus librement la surface de pâturage selon la pousse de l’herbe et les effectifs.

 

 
Les colliers pèsent moins de 2 kg. © P. Brelet
Par précaution, nous avons maintenu les fils physiques délimitant l’îlot de pâturage, les clôtures virtuelles étant utilisées pour les subdiviser et travailler en fil avant et fil arrière.

 

L’apprentissage des génisses a été très rapide

En deux à trois jours, les génisses ont pris le pli. Lorsqu’elles s’approchent à un mètre de la limite de la zone autorisée, le collier émet une alerte sonore avec une intensité croissante. Si la limite est franchie, un signal électrique est émis. Ce cycle fonctionne trois fois avant que la génisse soit déclarée échappée. Dans ce cas, une notification nous est envoyée (celles relatives aux alarmes sonores et électriques étant facultatives). Grâce au GPS du collier, la position de l’animal est facilement repérée, et si la génisse revient d’elle-même sur la zone pâturable, son collier se réinitialise automatiquement.

Le système fonctionne : les génisses sont toujours revenues dans la zone de pâturage. Certaines déclenchent beaucoup d’alertes sonores et électriques, d’autres très peu. En termes de qualité de pâturage, nous n’avons pas observé de différence entre le lot conduit en clôture virtuelle et celui en clôture physique.

 

 

 

« Le coût du dispositif reste élevé »

En termes d’utilisation, il faut prendre en compte l’approximation du GPS pour définir la bonne surface accessible. Si on est habitué aux nouvelles technologies, le fonctionnement de l’appli se montre intuitif, mais elle n’est disponible qu’en anglais pour le moment. Difficile de statuer s’il y a un réel gain de temps au quotidien par rapport à la gestion d’une clôture permanente. Il n’y a plus de fil à déplacer mais des notifications à gérer et de la surveillance de localisation. Peu d’éleveurs sont équipés, sans doute en raison du coût (250 à 300 € par collier, plus 100 € d’abonnement par vache pour 8 mois de pâturage) mais celui-ci devrait fortement baisser. »