- Accueil
- Rivières atmosphériques : le phénomène météo qui explique les fortes perturbations de ce mois de février
Jeudi 12/02/2026
Rivières atmosphériques : le phénomène météo qui explique les fortes perturbations de ce mois de février
Les cumuls pluviométriques seront encore conséquents dans les jours à venir, notamment sur les régions déjà inondées. La situation ne va pas s’améliorer de sitôt, explique dans sa chronique Nicolas Le Friant, expert météo.
Il est incroyable de constater que la première décade de ce mois de février 2026 ne se classe qu’au 16ème rang des débuts de mois les plus chauds malgré le fait de relever une anomalie positive des températures moyennes de l’ordre de 3,03 degrés !
Selon nos dernières prévisions/tendances, ce mois pourrait se terminer à la 3ème ou 4ème place des mois de février les plus chauds. En effet, les modèles météorologiques envisagent la persistance de ces courants océaniques véhiculant toujours de la douceur et de l’humidité. Néanmoins, entre deux systèmes dépressionnaires, des périodes un peu plus froides sont probables tout comme nous allons le vivre au cours de ce week-end des 14/15 février 2026.
Depuis le début du mois de février 2026, la France subit le passage incessant de fronts pluvieux et surtout ventés avec, par exemple, ce jeudi 12 février, la dépression Nils, qui génère une forte tempête de la côte Atlantique aux plaines du sud-ouest jusqu’aux régions méditerranéennes, avec des rafales de 130 à 150 km/h !
Comment expliquer ces conditions météorologiques perturbées et agitées en France ?
Toutes ces intempéries (inondations, crues et tempêtes) peuvent s’expliquer du fait de la mise en place, depuis de longues semaines, d’un flux océanique subtropical soutenu, véhiculant une masse d’humidité très importante, ce qui nous appelons « rivières atmosphériques ». La France est davantage exposée depuis une dizaine de jours en raison de la remontée en latitude du courant-jet (inondations et tempêtes ces dernières semaines plutôt sur la péninsule ibérique).
Une rivière atmosphérique est un couloir long et étroit dans l'atmosphère, comme nous pouvons l’observer sur la carte ci-dessous, qui transporte d'énormes quantités de vapeur d'eau, principalement depuis les régions tropicales et subtropicales vers les latitudes moyennes. Ces structures sont des composantes essentielles du cycle global de l'eau. Ces rivières atmosphériques peuvent être bénéfiques (approvisionnement en eau, rupture de sécheresse ou encore constitution du manteau neigeux en montagne) mais également négatives quand les précipitations sont trop abondantes (inondations, crues, glissement de terrain…), comme c’est le cas en ce moment sur l’ouest de la France.
Tendance douce et humide
Même si un net refroidissement est attendu pour la journée du samedi 14 février, la douceur reviendra très rapidement dès dimanche, par l’ouest du pays, et se généralisera lundi sur l’ensemble de nos régions. Ces températures plus douces s’accompagneront de fréquentes perturbations et nous devrions conserver cette tendance humide et douce jusqu’au week-end des 21/22 février. En conséquence, les cumuls pluviométriques seront encore conséquents, notamment sur les régions déjà inondées. La situation ne va donc pas s’améliorer de sitôt. En revanche, pour les derniers jours de février, nous pourrions ENFIN observer des pressions atmosphériques plus élevées et, ainsi, envisager le retour de conditions météorologiques plus calmes, sèches et donc plus anticycloniques… Néanmoins, la fiabilité reste, pour l’heure, limitée !
Dans le détail, voici les prévisions météorologiques du 13 au 20 février :
Vendredi 13 février : un nouveau système dépressionnaire viendra se positionner entre l'ouest de la France et la péninsule ibérique. Associée à cette dépression, une perturbation pluvieuse viendra se positionner sur l'ouest et le nord du pays en cours de journée et une autre remontera de Méditerranée, pour concerner les régions du sud-est dès la mi-journée. En revanche, le vent océanique sera plutôt modéré et donc nettement moins soutenu que ces derniers jours. Le risque d’avalanche restera très important sur l’ensemble des stations alpines et il sera marqué sur les Pyrénées. Quant aux températures maximales, elles seront en baisse de 2 degrés en moyenne pour se situer 2 degrés au-dessus des normales climatiques.
Samedi 14 février : le système dépressionnaire se décalera rapidement en Méditerranée, ce qui fait que le vent, à 50/70 km/h en rafales, s'orientera au secteur nord et fera très nettement plonger les températures de 3 à 4 degrés en moyenne. Résultat, les températures de l’après-midi passeront même 1 à 2 degrés en dessous des normales climatiques. Côté ciel, il pleuvra encore très fréquemment sur les régions de l'Est ainsi que vers les Pyrénées où il neigera au-dessus de 300 à 500 mètres d'altitude sur tous les reliefs. Le Mistral et la Tramontane souffleront en tempête, à 110/130 km/h en rafales (davantage sur les caps). Plus à l'ouest, les conditions météorologiques seront temporairement plus stables et sèches avant l'arrivée d’une voile nuageux plus épais, par la Bretagne, à l'approche de la prochaine perturbation océanique.
Dimanche 15 février : il s’agira de la journée la plus froide de la période avec un déficit de 2 degrés par rapport aux normales climatiques. Après une matinée froide avec de fréquentes gelées, une nouvelle perturbation pluvieuse envahira rapidement les régions de l'ouest, avec temporairement de la neige en plaine, en matinée, entre le Limousin et la Normandie. En progressant vers les régions centrales de la France, au contact avec l'air froid, nous observerons de la neige l’après-midi mais elle ne sera que temporaire entre le Centre, l'Île-de-France, les Hauts-de-France et les Ardennes. En effet, le redoux sera très important une fois le front passé. Le Mistral et la Tramontane souffleront encore fortement dans leur domaine, notamment en matinée à 70/90 km/h en rafales, tandis que le vent, de secteur sud, à sud-ouest, sous le front et à l’arrière, sera également assez soutenu, à 50/70 km/h en rafales et jusqu’à 80 km/h le long de la côte Atlantique.
Lundi 16 février : la France sera sous l’influence d’un ciel de traîne actif avec de très fréquentes averses, des orages possibles près des côtes et des pluies plus régulières, sous un nouveau front chaud océanique, vers les Pyrénées où il neigera vers 2000 mètres d’altitude alors que sur les autres massifs, la limite pluie-neige se situera entre 1200 et 1500 mètres d’altitude. Les régions méditerranéennes seront au sec. En revanche, sur l’ensemble du pays, le vent d’ouest nord-ouest sera assez fort avec des rafales de 50 à 70 km/h, plus de 80 km/h en Manche et de 90/100 km/h en Méditerranée. Quant aux températures, la grande douceur s’installera de nouveau avec des valeurs maximales situées 3 à 4 degrés au-dessus des normales climatiques.
Entre le mardi 17 et le vendredi 20 février : les conditions météorologiques seront encore et toujours perturbées avec le passage de fronts océaniques plutôt actifs. Ils s'accompagneront d’un vent, de secteur sud-ouest à ouest, avec des risques de coups de vent, voire davantage localement. Il neigera sur les reliefs mais principalement sur les Alpes et les Pyrénées, à moyenne altitude. Quant aux températures, elles se maintiendront 2 à 3 degrés au-dessus des normales climatiques.
"Passionné de Météorologie depuis mon enfance, j’ai appris le métier auprès d’un Météorologue professionnel chez Météo- France. Je travaille depuis 25 ans au sein d’entreprises privées de météorologie avec, comme spécialités, les médias, les formations et la pédagogie. Je suis également titulaire d'un Master en Climatologie (2010), dont le mémoire de fin d’étude est axé sur le changement climatique en cours et ses conséquences sur la hausse du niveau marin."


