Russie et Ukraine : les marchés des céréales et des oléagineux s'enflamment

La Russie a débuté les hostilités hier 23 février, bombardant diverses localités de l'Ukraine. Les deux pays constituent le grenier à grains d'Europe de l'est. L'activité portuaire ukrainienne est à l'arrêt.

La folie s'est emparée des marchés des céréales et des oléagineux, suite aux bombardements russes du territoire ukrainien. Ce matin 24 février à 11 h 06, les prix du blé tendre sur Euronext flambaient de 42,25 €/t, à 329,25 €/t, de 35,25 €/t en maïs, à 303 €/t sur l'échéance mars, et de 36 €/t en colza, à 776,25 €/t, sur l'échéance mai. 

 

 

À l'ouverture des marchés ce matin 10 h 30, la palme de la flambée des cours est à décerner au colza, qui a touché 835,75 €/t, nouveau record absolu! Depuis, la hausse s'est amenuisée, mais reste spectaculaire, tous produits et toutes échéances confondues. 

Il faut dire que les analystes ont prévenu: une escalade des tensions entre les deux pays, grenier à grains de l'Europe, et faisant partie des plus importants exportateurs mondiaux (la Russie constitue le 1er exportateur mondial de blé tendre, l'Ukraine le 1er exportateur d'huile de tournesol) engendrerait une flambée des prix, spécialement en cas de perturbation des chargements portuaires de la mer Noire et de la mer d'Azov.

Les autorités ukrainiennes ont annoncé l'arrêt total de l'activité des ports ukrainiens sur la mer Noire, pendant que la Russie a stoppé toute circulation des bateaux commerciaux sur la mer d'Azov. En revanche, les ports russes sur la mer Noire n'ont subi aucune restriction pour le moment, selon Reuters.

L'Ukraine a encore 6,3 Mt de blé sous le coude

Le cabinet d'analyse Agritel expliquait le 23 février que l'Ukraine peut encore exporter 6,3 Mt de blé, « une quantité record pour cette période de l’année. Habituellement, sur les mois de février et de mars, le pays compte pour 8 à 10 % du marché mondial ». Les effets sur les prix mondiaux s'en ressentiraient encore plus concernant le maïs, « car le pays compte habituellement pour 25 à 30 % du commerce des 4 grands exportateurs sur cette même période ».

Agritel indiquait qu'aux sanctions économiques occidentales, la Russie pourrait répondre par une suspension de ses livraisons de gaz, de pétrole et d'intrants sur l'Europe. La société rappelle que l’Europe a importé 35 % de ses besoins en gaz, 25 % en engrais et 25% en pétrole depuis la Russie en 2021.

Sur Twitter, Sébastien Abis, Directeur du club Déméter, signalait, en se basant sur une carte de l'USDA, que l'Ukraine concentre 40% de sa production de blé sur sa moitié Est, et 8% sur la région du Donbass, incluant les Oblast de Lougansk et de Donetsk