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Vendredi 02/01/2026
Le kiwi made in France, un fruit bien en selle
Autrefois fruit rare et exotique, le kiwi s’est fait une place dans l’alimentation quotidienne des Français. Avec son taux d’auto-approvisionnement en croissance, la bonne santé de sa filière et ses bienfaits intestinaux, lui valant une allégation santé unique pour un fruit, le kiwi détonne à plus d’un titre.
Les plus anciens d’entre nous s’en souviennent : il fut un temps où l’on ne connaissait pas le kiwi, pas plus l’oiseau que le fruit. Mais aujourd’hui, ces baies poilues et ovoïdes font partie des incontournables de la corbeille de fruits, en particulier en hiver : avec une moyenne de consommation de 4,2 kg par ménage et par an, il est le 8ème fruit préféré des Français et le 5ème le plus consommé en automne-hiver. D’être passé de rareté exotique à produit courant est un cas unique parmi les fruits. Mais ce n’est pas la seule singularité du kiwi.
Dans un contexte où la France voit sa souveraineté fruitière décroitre, celle du kiwi a pris le chemin inverse. Certes, elle partait de zéro, mais en un demi-siècle, la production française est passée à environ 50.000 tonnes par an, c’est-à-dire un peu moins de la moitié de la consommation domestique…
Coralie, nouvelle kiwicultrice
La France compte à ce jour environ 1150 producteurs et de nouveaux vergers continuent d’être plantés. A Fauillet, dans le Lot et Garonne, Coralie Dubéros est l’une de ces néo-kiwicultrices : elle s’est installée il y a trois ans sur une exploitation comportant une production de kiwis et, dans la foulée, s’est engagée au sein du BIK (Bureau national interprofessionnel du kiwi français). « Après avoir travaillé en grande distribution, je me suis installée hors cadre familial en production maraîchère avec reprise d’un verger de kiwis Hayward (verts) d’une cinquantaine d’années ». Ce « vieux » verger était l’un des pionniers de la production de kiwis, qui a particulièrement bien prospéré dans le Sud-Ouest. Coralie, à son tour, a joué les pionnières : elle a planté un nouveau verger d’un hectare de kiwis jaunes.
Le kiwi ça vous gagne
« Avant mon installation, c’était surtout mon conjoint, salarié d’un verger, qui me parlait tout le temps de cette production et je ne comprenais pas vraiment ce qu’il lui trouvait. Mais avec notre verger de kiwis jaunes, j’ai été conquise à mon tour. Partir de rien et faire naître une production, c’est génial ! On a réalisé toutes les étapes durant trois ans et on vient de faire notre première récolte : c’est un peu notre bébé », assure Coralie. « Le kiwi, c’est très technique, on doit toujours être en questionnement, sur les amendements, l’irrigation, la protection, la taille… : il y a toujours quelque chose qui ne marche pas comme prévu. Heureusement, on est bien accompagnés par les techniciens de notre organisation de producteurs. Le kiwi, c’est beaucoup de travail mais cela vaut le coup ».
Cela vaut le « coût » aussi, car en termes d’investissement, le kiwi, et en particulier le jaune, est exigeant : Il faut compter 60.000 à 100.000 euros par hectare. Cela comprend les plants (chez Coralie, ils sont de la variété Zespri Sungold), l’irrigation, la protection par aspersion contre le gel, les filets coupe-vent et insectproof....
Une filière qui va bien
Malgré ces investissements élevés, la jeune femme n’a pas eu de mal à trouver des financements : « Les banques nous ont accompagnés et notre OP nous a aidés ». Après avoir connu pas mal d’aléas de production (gels, sécheresse et arrivée de nouveaux ravageurs), la filière kiwi française se met en effet en ordre de marche pour replanter.
« On monte en volumes car il y a de la demande. On a pas mal de jeunes vergers qui rentrent en production, et on cherche des surfaces nouvelles pour une augmentation de production maîtrisée ». Sur son exploitation, Coralie s’apprête d’ailleurs à accueillir un nouvel associé : Alex, son conjoint, qui jusqu’à présent était conjoint-collaborateur, est en train de construire son projet d’installation, qui aboutira peut-être au remplacement du vieux verger par un nouveau.
Un fruit aux vertus digestives officiellement reconnues
La filière du kiwi français se porte donc plutôt bien et elle a même reçu un joli coup de pouce cet été : le kiwi vert est en effet devenu le premier fruit à bénéficier d'une allégation de santé officielle de l'Union européenne. Même si c’est souvent sa teneur en vitamines que l’on retient, l’allégation officielle reconnaît plutôt… ses qualités digestives.
La formulation initialement proposée dans le règlement d’exécution 2025/1560 de la Commission était « la consommation régulière de kiwis verts maintient une défécation normale ». Une demande de formulation « plus conviviale » a été acceptée : « La consommation de kiwis verts contribue à une fonction intestinale normale en augmentant la fréquence des selles ». Moralité : quand le kiwi va, tout va !

