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Bayer : « les produits à base de glyphosate peuvent être utilisés en toute sécurité »

Raphaël Lecocq

Bayer : « les produits à base de glyphosate peuvent être utilisés en toute sécurité »

Après la diffusion de l’émission « Envoyé spécial » jeudi soir sur France 2, Bayer a réaffirmé, sur la base de 40 ans d’expérience et des conclusions d’une dizaine d’agences et autorités réglementaires, que « les produits à base de glyphosate sont sans danger lorsqu'ils sont utilisés conformément au mode d'emploi et que le glyphosate n’est pas cancérogène ».

Contrat de solutions

A l’occasion du lancement du Grand débat national dans l’heure, le 15 janvier, le président de la République a annoncé que le ministère de l’Agriculture signerait, à l’occasion du Salon de l’agriculture, le Contrat de solutions rédigé par la FNSEA et 40 partenaires. Le contrat, qui recense près de 300 actions, balayant les champs de la génétique de l’agronomie, de l’agroéquipement ou encore des outils d’aide à la solution, vise à diviser par deux l’usage de produits phytosanitaires en France d’ici à 2025.

Jeudi soir sur France 2, « Envoyé spécial » était rebaptisé la « Spéciale d’envoyé ». 110 minutes consacrées à l’herbicide. Cinq sujets ont été diffusés : « glypho or not glypho » (le point de vue de deux agriculteurs de l’Aisne et du Loiret, l’un conventionnel, l’autre bio), le « glyphotest d’Envoyé » (tests d’urine de quidams et personnalités), « Monsanto, la fabrique du doute » (les mémos stratégiques, courriels, contrats confidentiels révélés par les « Monsanto papers » et le témoignage du jardinier américain qui a gagné son procès en première instance contre Monsanto en 2018), « le vote impossible » (les atermoiement des députés français sur l’inscription ou non dans le loi EGAlim du retrait de la molécule à moyen terme) et enfin « Sri Lanka, un pays sans glyphosate » (retrait de la molécule en 2015 sur suspicion de problèmes de santé).

Rude semaine

Sitôt l’émission diffusée, Bayer n’a pas tardé à réagir, par un communiqué. « Si Bayer ne souhaite pas commenter l’objectivité du traitement réservé par cette émission, nous réaffirmons que pour mieux répondre à l’aspiration des Français pour une alimentation toujours plus saine et variée, issue d’une agriculture respectueuse de l’environnement, il est fondamental de s’appuyer sur une démarche scientifique », peut-on y lire.

La semaine a été rude pour l’agrochimiste. Le 15 janvier, le tribunal administratif de Lyon retirait l’AMM du Roundup Pro 360, considérant que l’Anses, qui l’avait délivrée en mars 2017, avait commis « une erreur d’appréciation au regard du principe de précaution ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement s’en est vigoureusement défendue depuis. Toujours ce 15 janvier, des eurodéputés ont critiqué les autorités sanitaires allemandes pour avoir plagié des pans entiers de l'argumentaire de Monsanto dans le dossier de renouvellement de l'autorisation de l'herbicide en 2017.   

Bayer convoque la science

Pour sa défense, Bayer convoque la science : « le vaste corpus scientifique, 40 ans d’expérience et les conclusions des autorités de réglementation, notamment l’Autorité de Protection de l’Environnement (EPA), l’Agence européenne de la sécurité des aliments (EFSA), l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), les autorités réglementaires australiennes, canadiennes, coréennes, néo-zélandaises et japonaises, ainsi que la réunion conjointe de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) / l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur les résidus de pesticides (JMPR) confirment que les produits à base de glyphosate sont sans danger lorsqu'ils sont utilisés conformément au mode d'emploi et que le glyphosate n’est pas cancérogène ».

Transparence

Les spécialités à base de glyphosate font partie du portefeuille de Bayer depuis le rachat de Monsanto, finalisé en juin 2018 pour un montant de 63 milliards de dollars. Face aux mises en cause et aux procédures judiciaires, qui se compteraient en milliers rien qu’aux Etats-Unis, Bayer a choisi l’arme de la transparence. « Nous nous sommes engagés dans une démarche de transparence, sur le glyphosate comme sur l’ensemble de nos activités, et privilégierons toujours le dialogue avec l’ensemble de nos parties prenantes : grand public, agriculteurs, autorités, communauté scientifique... », explique Benoît Rabilloud, président de Bayer France depuis le 1er janvier. « C’est ainsi que nous pourrons contribuer collectivement à la transformation de l’agriculture attendue par tous ». En rendant publics sur un site dédié plus de 300 résumés d’études sur la sécurité du glyphosate,  Bayer affirme aller plus loin que ce qui est exigé des autorités.

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Commentaires 33

GR

Suite... j'ai mis du super phosphate à la main début septembre, après 15 jours et une pluie, les lavandes étaient déjà vertes.
Une céréale à 60 qx exporte 60 unités de phosphate, soit 1200 en 20 ans, c'est le phosphate contenu dans 30 cm de terre arable riche. Luzerne et tournesol vont en chercher plus bas, sans aucun apport le rendement va diminuer, tu en auras pour la vie, si tu apportes des fumiers (pris chez un non bio, car les bios qui en produisent le gardent pour eux, je le vois autour de moi! Les éleveurs en ont moins besoin, mais bonjour l'avenir avec les végans!!!

GR

Aronman... l'extensif, regardons ce que faisaient nos ancêtres... pas de pesticides, pas d'engrais chimique, pas de transgénique, mais des variétés "résistantes"... des rotations, et 15 à 20 qx/ha de blé, pourtant ils respectaient la terre, "pas de labours profonds, pas de tassement avec du gros matériel....) mon père né en 1912, me disait qu'avant le train, pour transporter des scories dans notre région, les luzernes ne poussaient pas, par carence de phosphate. ... en 1975, j'ai défriché un terrain ou, après analyse et fumure de fond importante, sur un endroit qui n'avait pas eu cette fumure, à l'automne la lavande était restée rabougrie et jaune, malgré de l'azote mis à la main à dose renforcée sur les endroits plus "maigres"...

alain

mr macron qui se dit intelligent pourquoi il fricote avec le monde bobo bio.
nous n'en voulons pas car nous savons très bien que cela va mener à la cata.
même dans les fermes dephy, beaucoup de baratin peu de concret,la baisse des phyto n'st pas évidente d'autant que le ministère pousse à cacher les résultats défavorables à sa vision monolithique.
une agriculture française qui serait vertueuse et en sous main car les quantités manqueront, le brésil continuera à déforester pour satisfaire notre confort.
mais assumons notre agriculture intensive, vu l'etat du pays.

JF

Le glyphosate st surtout une affaire politique et de gros sous,les intéressés vont là ou le vent tourne, c'est de l'électorat potentiel, on nous dirait que l'euro est la monnaie d'or du monde, on ne parlerait plus du glypho!

stef08

Voyons, quelles étaient déjà leurs rôles dans la moitié du siècle dernier? Attention tout est question d'information autant dans les propos que dans le produit destiné a nos champs!
A bon entendeur, je vous salue.

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