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L’UNESCO boostera-t-il l’agrotourisme ?

AUVERGNE AGRICOLE (63) journal

L’UNESCO boostera-t-il l’agrotourisme ?
Les adhérents d’Accueil à la Ferme s’étaient donnés rendez-vous à la Ferme de Lambres à Saint-Nectaire pour leur assemblée générale annuelle. © Mélodie Comte

À l’occasion de son Assemblée générale annuelle, l’association Accueil à la Ferme appelle ses adhérents concernés à se saisir pleinement du label UNESCO.

« Beaucoup de nos adhérents sont présents sur le site de la Chaîne des puys, récemment classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce label, nous l’espérons, boostera notre activité. Nous devons nous en saisir et en devenir des ambassadeurs » annonce ainsi Agnès Valleix, présidente de l’association Accueil à la Ferme. Réunis le 26 mars dernier à Saint-Nectaire, sur la Ferme de Lambres, les adhérents ont brossé une année 2018 ponctuée de divers événements. L’obtention du label UNESCO a notamment fait naître de nombreuses attentes.

Davantage de réservations

L’année qui s’annonce est d’ores et déjà pleine de promesses pour les adhérents d’Accueil à la Ferme. Plusieurs d’entre eux affirment voir leur carnet de réservation se remplir davantage. « Je suis très en avance sur les réservations par rapport à 2018 » témoigne Jean-Marc Merle, propriétaire de chambres d’hôtes à Saint-Ours-les-Roches. Même constat dans le camping d’Agnès Valleix à Saint-Bonnet-Près-Orcival où « ça se remplit plus que d’ordinaire, une bonne saison s’annonce ». Les professionnels restent malgré tout prudents. Effet d’une météo hivernale clémente ou rayonnement du label UNESCO, ils ne savent qu’en penser. Une chose est certaine, la présidente de leur association est persuadée du bénéfice de ce classement sur le tourisme.

La population moteur de l’UNESCO

Un sentiment renforcé par l’intervention de Philippe Morge, directeur des sites patrimoniaux au Conseil départemental du Puy-de-Dôme. Ce dernier explique « qu’une dynamique touriste, en lien avec l’ensemble des professionnels du milieu, est en train de se construire ». Il précise ainsi à son public que « les touristes étrangers, notamment les asiatiques et les américains sont friands des sites classés » mais « qu’une offre adaptée avec des chauffeurs de taxis et des hébergements de luxe doit être proposée pour les satisfaire ». Néanmoins, les chambres d’hôtes, les gîtes ou encore les campings ont également toute leur place. « Les touristes recherchent aussi des lieux d’accueils en lien direct avec le territoire qu’ils visitent. Sur la Chaîne des puys, nous avons besoin d’un panel le plus complet possible ». 
Devant tant d’enthousiasme sur le développement de l’activité sur la zone, les adhérents d’Accueil à la Ferme restent tout de même prudents. Tous sont agriculteurs et les mêmes questions reviennent sans cesse : « comment allez-vous concilier les usages ? Quels seront les impacts du classement sur les communes ?... » Selon Philippe Morge, la gestion de la Chaîne des Puys, devenue « l’égale des plus grands sites mondiaux », ne peut qu’être réussie uniquement si « la population dans son ensemble (acteurs économiques, touristiques, élus…) s’approprie pleinement le label ». Le directeur des sites patrimoniaux étaye son propos en prenant l’exemple de « l’Association des éleveurs de la race Rava, une démarche qui va pleinement dans cette idée puisque désormais le Conseil départemental a un interlocuteur unique, qu’il va pouvoir accompagner sur des projets de promotion du pastoralisme, de l’élevage et de la race ». Le Conseil départemental du Puy-de-Dôme met à disposition des professionnels du tourisme plusieurs outils de communication pour les aider à parler de la Chaîne des Puys. « Une formation à distance en e-learning est également en cours d’élaboration » ajoute Philippe Morge. « Nous n’avons rien à perdre, bien contraire, à promouvoir le site auprès de nos clients. Saisissons-nous de ce label » affirme Agnès Valleix.

La communication nerf de la guerre

Dans la même veine, Accueil à la Ferme propose à ses adhérents plusieurs formations au cours de l’année 2019 pour maîtriser les divers outils de communication à leur disposition. « J’anime ma page Facebook » ou encore « j’apprends à réaliser de bonnes photos » sont autant de connaissances indispensables à acquérir selon la présidente. « Tout passe désormais par internet et par l’image. L’agriculture est régulièrement décriée ; montrons notre réalité, montrons nos initiatives et faisons la promotion de nos activités. »

Mélodie Comte

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