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Le revenu des agriculteurs aurait baissé de plus de 10% en 2019 (Commission des comptes)

ASL

Le revenu des agriculteurs aurait baissé de plus de 10% en 2019 (Commission des comptes)

Réunie vendredi 10 janvier, la Commission des comptes de l’agriculture a publié les chiffres prévisionnels des revenus des agriculteurs pour l’année 2019. Ils auraient baissé de 10,6%.

Après deux années de hausse, le revenu des agriculteurs aurait significativement baissé en 2019 d’après la Commission des Comptes de l’Agriculture de la Nation (CCAN). En effet, les chiffres prévisionnels publiés le 10 janvier 2020, estimés à partir de données arrêtées au 15 novembre 2019, indiquent un résultat net de la branche agricole par actif non salarié1 en baisse de 10,6% en termes réels entre 2018 et 2019. Ce recul est principalement dû au secteur viticole qui a fait face à une baisse historique de la vendange en 2019. L’emploi non salarié poursuivrait sa baisse de 1,5%, impactant le résultat brut de la branche agricole par actif non salarié de -5,2%. Corrigé des effets de l’inflation (+1,5%), le résultat brut de la branche agricole par actif non salarié en termes réels serait en retrait de 6,6% en 2019.

Sur cette même année, la valeur de la production de la branche agricole hors subventions sur les produits serait en baisse de 2% après deux années de croissance : +3,8% en 2017, +5,7% en 2018. Au global, la valeur de la production végétale diminuerait de 4,8%, « du fait de la contraction des volumes et des prix », précise la CCAN. En revanche, la valeur de la production animale augmenterait de 2,4%, sous l’effet de la hausse des prix qui, selon la CCAN, « compense le repli modéré des volumes. » L’augmentation des prix est principalement due aux porcins : leur prix se redresserait fortement de 18,1% du fait du retour de la demande chinoise, après la baisse de 2018 de 11,9%, précise la commission.

Revenus

En céréales, la valeur de la production poursuivrait légèrement sa hausse (+0,6%), sous l’effet du rebond de 13,6% des volumes, tandis que les prix baisseraient de 11,4% en 2019. Les oléagineux poursuivraient leur tendance baissière à -17,8% de valeur de production (-10,9% en 2018) du fait de la baisse de 21,7% des volumes, que la hausse de 5% des prix ne parviendrait pas à compenser.

Côté fruits, la valeur de la production augmenterait en 2019 du fait du net accroissement des volumes (+5,5%) alors que les prix augmenteraient de 0,8%. La valeur de la production de légumes continuerait également d’augmenter (+3,8%) du fait de la hausse des prix de 5,1% malgré une baisse des volumes de 1,2%.

La production de vin se replierait de 13,7% en valeur en 2019, inversant le fort rebond de 2018 de 28,7%, du fait d’un recul de 13,7% des volumes. Les prix resteraient stables.

Pour les productions animales, la valeur de la production de bétail rebondirait en 2019 de 2,9%. Les volumes baisseraient de 0,9% mais les prix seraient à nouveau en hausse de 3,8%, tirés par les porcins (+19,5%). La production de volailles ralentirait en valeur (+1,2% après +3,8%). Le volume baisserait donc de 2,2% du fait du recul des exportations. En revanche, le prix se redresserait de 3,5%. La production d’œufs continuerait de baisser en valeur de près de 7%. Les volumes seraient en baisse également de 5,3%, de même que les prix (- 1,6 %).

Les consommations intermédiaires de la branche agricole progresseraient légèrement en valeur de 0,7%. Les prix des engrais et amendements augmenteraient significativement de 9,4% après une timide hausse de 0,2% en 2018. Ceux de l’énergie et des lubrifiants baisseraient légèrement en 2019, « après avoir augmenté en 2018 sous l’effet de la hausse des prix des carburants fossiles » indique la commission. La consommation d’engrais et d’amendements baisserait de 15,3% en volume tandis que ceux des autres intrants évolueraient peu.

Revenus 2

Du fait de la baisse de près de 2% de la production au prix de base (prix subventions comprises) et de l’augmentation modérée des consommations intermédiaires, la valeur ajoutée brute de la branche agricole diminuerait de 5,6% en 2019. La valeur ajoutée brute au coût des facteurs2 baisserait de 4,9% en 2019. Enfin, d’après la CCAN, le volume de l’emploi agricole décroît tendanciellement, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif diminuerait par conséquent de 4,5 %.

L’année 2018 : une seconde année favorable

Comme chaque année, lors de la publication des comptes prévisionnels, la CCAN corrige et publie les chiffres définitifs de l’année précédente. Pour l’année 2018, l’excédent brut d’exploitation4 (EBE) s’établit à 75 047 euros en moyenne, en progression de 3,3% par rapport à 2017. Après déduction des charges financières et des amortissements, le résultat courant avant impôts (RCAI) pour les grandes et moyennes exploitations s’élevait en moyenne à 41 166 euros, en hausse de 10% par rapport à 2017. Le résultat de l’exercice, net des charges sociales de l’exploitant, s’établit à 47 600 euros pour l’année 2018, soit une progression de 12% par rapport à 2017.

En 2018, pour les exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux, le RCAI par actif non salarié3 s’élève à 22 853 euros, soit une progression de 23,9% par rapport à 2017.

En betteraves sucrières, pommes de terre et légumes de plein champs le RCAI par actif non salarié est de 44 087 euros, en hausse de 23,1% par rapport à 2017.

En viticulture, le RCAI par unité de travail non salarié s’établit à 62 174 euros en moyenne, en raison conditions météorologiques favorables et de vendanges records. Ce chiffre est en augmentation de 63,1% par rapport à 2017. L'EBE des exploitations viticoles s'établit à 107 100 euros, soit une augmentation de 38%.

Pour les bovins lait, le RCAI par actif non salarié baisse de 10,4% pour s’établir à 22 438 euro. « Les élevages ont souffert de la sécheresse estivale qui a pesé sur les ressources fourragères, en net recul sur la seconde partie de campagne après un bon début d’année » précise la CCAN. Ce chiffre est en baisse de 17,5% par rapport à 2017 après avoir baissé de 20% l’année précédente. L'EBE pour ces mêmes exploitations, s'établit à 76 167 euros, soit une baisse de 10,4% par rapport à 2017.

Le RCAI par actif non salarié des exploitations en bovin viande baisse cette année encore et atteint 16 216 euros (-8,2%). L'EBE baisse aussi pour la seconde année consécutive de 5% et s'établit à 47 069 euros en moyenne.

Concernant les volailles, le RCAI est de 31 041 euros soit une baisse de 2,8% après une forte augmentation en 2016. L'EBE, quand à lui, atteint 78 984 euros en moyenne (-2,1%).

En porcin, le RCAI par actif non salarié baisse de 59,9% et atteint 19 193 euros en moyenne, en raison notamment d’une offre mondiale abondante ainsi que le tassement de la demande chinoise.

1 : le « revenu net de la branche agricole » (RNBA) est égal à : revenu des facteurs de la branche agricole net - salaires - cotisations sociales sur les salaires - intérêts - charges locatives nettes.

2 : la « valeur ajoutée brute » est égale à : production - consommations intermédiaires.

3 : Résultat courant avant impôts par actif non salarié.

4 : Excédent brut d'exploitation par actif non salarié.

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Commentaires 11

BANANE381

tout secteur confondu, le monde file vers la médiocrité

gégé 17

la fédé veut bloquer les stations d'épurations: erreur c'est aux chambres d'agriculture nos représentants officiels de faire gréve en bloquant tous les dossiers ,l'agriculture est sous perfusion a la merci des administratifs qui nous surveillent a coup de drones ;znt ,glyphosate,agribashing,pesticides épandus(cuivre et soufre en majorité)ont veut notre mort.et personne nous défendrat.!

Baba

Vous venez d'apprendre comme moi que DIDIER GUILLAUME Sinistre de l'agriculture veut se
faire élire Maire à BIARRITZ .Comme avant, l'agriculture n'est plus une priorité, qu'elle soit bio ou bien conventionnelle. Les résultats économiques sont là. Il n'y a plus de repreneurs en élevage. Tous les agriculteurs ou éleveurs que je cotoie ont envoyé leurs enfants vers des métiers d'ingénieurs, médecins ou fonctionnaires. Je ne ne comprend pas comment nos élus et administrations ne voient pas arriver LE "BIG BANG" en matière agricole
NOUS ALLONS ÊTRE SACRIFIES SUR L'AUTEL DE L'ECOLOGIE? NORMES ABSURDES ET IDIOTIES QUI GERMENT DANS LES ADMINISTRATIONS.

Panurge79

Si l'Europe a permis de maintenir la paix depuis 50 ans et aussi de maintenir une agriculture dynamique jusqu'en 2000, aujourd'hui la mondialisation à outrance pour permettre à l'industrie, surtout allemande, d'exporter implique, de facto, le sacrifice de l'agriculture française, sans que nos politiques français ne lèvent le petit doigt, pire même, ils cautionnent ( CETA, Mercosur...) ! Et la loi Egalim, basée au départ sur de l'utopie et la naïveté syndicale plus que sur le réalisme économique, n'est qu'un bluff pour faire espérer... et patienter les campagnes dans la misère sans que ça ne coûte 1centime.

digue3942

c'est ça la politique française qui fait son détour par Bruxelles .c'est le démantèlement de l'agriculture et l'ensemble du tissus économique .nos gouvernants en sont l'instrument .

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