Le sulfoxaflor néfaste pour les bourdons

Le sulfoxaflor néfaste pour les bourdons

Selon une étude parue dans la revue Nature, l’insecticide a des impacts négatifs sur la reproduction des bourdons terrestres. Utilisé sur des cultures attirant abeilles et bourdons, le sulfoxaflor pourrait conduire à des conséquences environnementales similaires aux néonicotinoïdes.

2 néonicotinoïdes en sursis au Canada

La clothianidine et le thiaméthoxame pourraient être interdits d’ici à la fin 2019. L'Agence de la réglementation antiparasitaire de Santé Canada a déterminé que les taux de ces substances, qu'elle a mesurés dans certains plans d'eau canadiens, étaient « nocifs » pour les insectes aquatiques, qui sont une source de nourriture pour les poissons, les oiseaux et d'autres animaux et « occupent une place importante dans l'écosystème ». Ce « projet de décision » doit faire l'objet d'une consultation de 90 jours.

Les chercheurs de l'université Royal Holloway de Londres ont exposé 25 ruches de bourdons terrestres (Bombus terrestris) à des doses de sulfoxaflor comparables à une exposition dans un champ pulvérisé, et comparé leur évolution avec 26 ruches "témoin". Entre deux et trois semaines après le début de l'expérience sur ces toutes nouvelles ruches, « les impacts négatifs sur l'efficacité de la reproduction des colonies traitées sont apparus », notent-ils, soulignant la similarité avec de précédents tests sur l'exposition aux néonicotinoïdes. Dans un premier temps, les ruches exposées ont produit moins de bourdons ouvriers. Ensuite, elles ont donné naissance à 54 % de moins de bourdons capables de se reproduire que dans les colonies témoin, « suggérant que dans un contexte de pollinisateurs sauvages, l'exposition au sulfoxaflor pourrait conduire à des conséquences environnementales similaires aux néonicotinoïdes s'il était utilisé sur des cultures" attirant abeilles ou bourdons ».

Évaluer autrement

Au-delà de ce produit spécifique, les chercheurs plaident pour une modification des processus d'évaluation des pesticides. « Pour éviter des situations dans lesquelles des pesticides comme les néonicotinoïdes sont remplacés par des produits également controversés », les structures décidant des autorisations de mise sur le marché « devraient évoluer vers une approche basée sur les preuves qui évalue à la fois les impacts létaux et non létaux d'un nouvel insecticide comme le sulfoxaflor sur les organismes qu'il ne vise pas », insistent-ils. Les insecticides à base de sulfoximine comme le sulfoxaflor, autorisés ou en passe de l'être dans plusieurs pays, « sont les plus probables successeurs » des néonicotinoïdes, avec qui ils partagent « le même mode d'action biologique » Il y a donc une « urgence » à tester les effets non mortels de cette substance, « rarement détectés » lors des évaluations standard

Suspendu en France

En novembre dernier, la justice française a suspendu l'autorisation de mise sur le marché de deux pesticides à base de sulfoxaflor de l'américain Dow, qui conteste tout amalgame entre ce produit et les néonicotinoïdes. Le 1er septembre prochain, cinq néonicotinoïdes (clothianidine, l'imidaclopride, le thiaméthoxame, la thiaclopride et l'acétamipride) seront interdits d’usage en France, conformément à la loi sur la biodiversité de 2016. Trois d'entre eux (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride) font déjà l'objet de restrictions d'utilisation au niveau européen depuis 2013. Avec d’autres organisations agricoles, la FNSEA a dénoncé les impasses techniques et les distorsions de concurrence inhérentes à ces décisions.

Source RL avec AFP

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Commentaires 2

J

Yretcrdsiluchuyvv

Chable

La dispartion du syndicat majoritaire me semble moins importante que celle du bourdon pour mes cultures...

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