Réduire les pesticides: l'agriculture conventionnelle s'y met à pas comptés

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Consciente des nouvelles exigences de la société française, la FNSEA, principal syndicat agricole, réfléchit à réduire le recours aux pesticides, herbicides et autres fongicides, dont la consommation s'est pourtant encore accrue en France ces dernières années.

"On entend l'injonction très forte de la société. Nous avons envie d'y répondre (...) tout en préservant l'équilibre économique de nos exploitations", a assuré Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, lors d'une journée consacrée en fin de semaine dernière aux innovations des technologies et modes de production.

"Le robot, doté de caméras, a dans sa mémoire la carte de la parcelle, le nombre de rangs, leur espacement, la hauteur des plants. A partir de ça, il sait le travail à faire", explique le démonstrateur à une petite assemblée d'agriculteurs et de techniciens attentifs. Désherbeur thermique, bineuse autoguidée, pulvérisateur de précision, etc...: les démonstrations se sont succédées lors de cette journée à Brain-sur-Authion, organisée notamment par la FNAMS (Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences), branche de la FNSEA.

Inquiétude

Malgré des plans visant à réduire de moitié la consommation des pesticides, la France, premier consommateur en Europe, a encore accru sa consommation entre 2011 et 2016, passant de 56.000 à 66.000 tonnes, selon Eurostat. Et ce, alors que l'inquiétude grandit face aux risques sur la santé humaine et aux effets sur la biodiversité et les insectes, à commencer par les abeilles. Le gouvernement a réaffirmé que le glyphosate, substance la plus utilisée, ne sera plus autorisé à partir de 2021 mais a refusé d'inscrire cette échéance dans la loi Agriculture et alimentation.

Alors, comment réduire cette consommation de produits phytosanitaires auxquels de plus en plus d'"adventices" (mauvaises herbes, en langage technique) deviennent résistants? Au-delà des matériels "intelligents" aux prix encore souvent prohibitifs, il faut aussi explorer tous les leviers de l'agronomie: "diversifier les cultures et les périodes de semis dans la rotation, avoir un travail du sol différencié (labour, déchaumage, faux-semis), bien choisir sa date de semis, avoir recours aux cultures associées, aux couverts inter-cultures, etc", rappelle Jean-Albert Fougereux, directeur technique à la FNAMS.

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70% de chimie

"Le désherbage mécanique reste un moyen curatif venant en dernier lieu. Il est important de combiner différents leviers en amont pour diminuer le stock de graines" de mauvaises herbes, témoigne Frédéric Robert, qui pratique la polyculture à Angrie (Maine-et-Loire). A l'heure actuelle, souligne M. Fougereux, "les adventices sont maîtrisées à 10% par la mécanique, 20% par l'agronomie, et 70% par les produits chimiques". "Notre vision est qu'en 2030, l'agronomie sera la pratique la plus utilisée, à hauteur de 35%. Le désherbage mécanique et intelligent sera utilisé dans 30% des cas, les nouvelles technologies à 10%. Les produits chimiques seront ramenés à 25%".

Sans oublier le biocontrôle qui offre "des pistes de recherche prometteuses". Le directeur général de l'Alimentation (DGAL), Patrick Dehaumont, temporise: "Il ne faut surtout pas condamner les phytos, on en aura toujours besoin pour se protéger de certains accidents". Mais ce qu'il faut, dit-il, "c'est évacuer les molécules les plus préoccupantes, les substances nocives pour la santé humaine. (...) Ce qui nous préoccupe beaucoup, c'est l'effet +cocktail+, l'effet combiné" de plusieurs substances.

"Très efficace"

M. Dehaumont cite l'exemple des cerises fraîches et du diméthoate, un insecticide "très efficace" mais pouvant entraîner des intoxications aigües chez les enfants, interdit par la France il y a trois ans: "ça a amené des pays comme l'Espagne et l'Italie à ne plus l'utiliser. Quant aux cerises turques, interdites d'entrée en France pendant deux ans, elles ont fait leur retour cette année sur le marché français car elles sont désormais sans diméthoate".

"Il y aura des vérifications (des importations) par les professionnels car plusieurs autres pays de l'UE n'ont pas la rigueur de la France", avertit la présidente de la FNSEA. Mme Lambert voit globalement des perspectives positives vers une réduction des phytosanitaires: "le mot qui prévaut, c'est +combinatoire+. Il n'y a pas une solution unique. Le numérique démultiplie les possibilités, permet un désherbage de précision. L'intelligence humaine et l'intelligence artificielle vont décupler nos possibilités".

Source AFP

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Commentaires 6

Laraison

La solution est la formation des agriculteurs et surtout nos dirigeants. S'ils suppriment le glyphosate (non toxique, utilisé correctement!) Il est évident qu'il va falloir employer beaucoup plus de phyto. Mais ça non plus personne n'en parle; comme ces parcelles "bio" envahis de datura, de xanthium, de morelle etc … tous très toxique.

DD49

sérieusement vous ne savez plus quoi inventer.Cela se saurait si on soignait les gens avec des pesticides.Ou alors c est peut être une nouvelle méthode pour limiter la surpopulation terrestre.Sinon pour rassurer étama j ai une super santé et je ne consomme des médicaments qu exceptionnellement quelque fois dans l année,c est sans doute parce que je produit et je mange bio et que je n ingurgite et ne respire pas toutes les saloperies que vous aimez tant.Et pour info, digue3942,il semble que l on soit agriculteur tout les deux et pourtant moi je trouve que mon salaire est extrêmement confortable(précisions: c est aussi l avis de ceux qui le connaissent.pq?tu as utilisé le mot incompétent je crois)

Etama

@DD49, toutes les préparations pharmaceutiques utilisées en médecine humaine sortent des mêmes laboratoires et usines de fabrication que les pesticides, puisque c'est bien ainsi que vous nommez les produits phytosanitaires alors pourquoi continuez vous à acheter et à utiliser des "médicaments" et pas des pesticides lorsque vous vous rendez dans une pharmacie .
Dans un cas ,vous acceptez le rapport bénéfice/risque et dans l'autre celui ci ne vous effleure même pas l'esprit .

DIGUE3942

est-ce que vraiment, je vais à la pharmacie par pur plaisir ???????je suis persuadé que NON. ne nous laissons pas dictés notre pratique par des incompétents en la matière et en plus gagnent leur salaire de travail ailleurs et un salaire qui n'a rien de commun avec le nôtre....

DD49

LES EFFORTS DE TOUS QUI ONT FAIT PROGRESSER LA CONSOMMATION DE PESTICIDES DE 18% EN 5 ANS.POUF POUF POUF JE RIGOLE!!

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