Sécheresse: l'état des lieux des dégâts en agriculture

Sécheresse: l'état des lieux des dégâts en agriculture

La canicule et la sécheresse se ressentent sur les cultures de maïs, les prairies et l'élevage, avec des effets "beaucoup plus graves" dans la moitié Est de la France que dans l'Ouest, selon le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert. Voici un état des lieux établi par l'AFP sur les dommages causés pour la production agricole et alimentaire.

Céréales, blé, orge, colza

L'essentiel de la récolte de blé, de céréales à paille et de colza est faite. Selon les prévisions de début juillet, la production française serait en baisse par rapport à 2017, mais dans la moyenne 2013-2017 et "plutôt de bonne qualité" selon le ministère, avec tout de même des "disparités entre départements".   

Pour le blé, dont les cours mondiaux ont fortement augmenté, ce qui est favorable pour les céréaliers, le recul de la production serait de 1,3% par rapport à 2017, à 36,1 millions de tonnes. Pour le colza, la production aurait baissé de 14,5% à 4,6 millions de tonnes. La production d'orges serait stable à 12,1 millions de tonnes.

Avec la sécheresse, les agriculteurs ont surtout du mal en ce moment à préparer leurs terrains pour les semis de l'an prochain. Le travail du sol a pris beaucoup de retard. Pour le colza, "s'il n'y a pas de pluies conséquentes, on ne va pas pouvoir semer", prévient ainsi Philippe Clément, président du syndicat agricole FDSEA des Vosges.

Maïs

La sécheresse est LE souci du moment sur les 2,8 millions d'hectares semés de maïs en France (répartis pour moitié entre maïs grain et maïs fourrage) et pas encore récoltés. Soit les épis n'ont pas eu le temps de grandir en raison de semis tardifs après les intempéries du printemps comme dans le sud-ouest, soit ils sont grillés sur pied par la sécheresse comme dans l'est et le nord.

Dans l'est, le "maïs est desséché, il y a des terres où il n'y a même pas de grains" dit Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. Du coup, la récolte a un mois d'avance, les ensilages (pour le maïs fourrage, NDR) ont commencé cette semaine", a-t-il dit.

 Dans le nord, "il y aura des baisses de rendement de l'ordre de 15% à 20%" estime Philippe Touchais, chef de service production végétale à la chambre d'agriculture de la Somme.

Dans le sud, Romain Blanchard, céréalier et viticulteur près d'Aix-en-Provence et président des Jeunes Agriculteurs (JA) des Bouches-du-Rhône, dit "attendre avec crainte la facture d'eau" après avoir augmenté la fréquence d'arrosage tous les trois jours au lieu de tous les 6 jours depuis trois semaines. Malgré cela, "les plantes souffrent" et "grisent". "C'est la première fois qu'on voit ça dans la région. D'habitude la canicule ne dure pas si longtemps."

Prairies, élevage

Dans l'est, on manque d'herbe et nombre d'éleveurs ont entamé les stocks de foin normalement consommés en hiver par leur bétail. "Un hiver qui commence un 1er août va être très très long", soupire Philippe Clément, président de la FDSEA des Vosges. "Dans les zones qui n'ont pas eu d'eau du tout, c'est vraiment catastrophique, on additionne le manque d'eau et la chaleur, tout grille sur place", ajoute Franck Sander (FDSEA, Bas-Rhin), "c'est chaud pour les animaux aussi, ils mangent beaucoup moins et produisent moins de lait".

Dans les Vosges, Lionel Vaxelaire, président de la race vosgienne et éleveur à Saulxures-sur-Moselotte, a redescendu son troupeau des pâtures d'altitude il y a quinze jours au lieu de fin septembre d'ordinaire. "Il n'y avait plus rien à manger en haut" dit-il. "D'habitude, quand il fait sec, il y a toujours des orages pour arroser les prés, pas cette année. Je n'avais pas connu cette situation depuis 2003."

Dans l'ouest, Philippe Jéhan, producteur de lait et président de la FDSEA de la Mayenne, souligne que "du fourrage est en cours d'acheminement". "Nous sommes confrontés à une concurrence inhabituelle des pays européens qui subissent eux aussi la canicule comme la Belgique, les Pays Bas (...) et font augmenter les prix". Sur les sites spécialisés, peu d'herbe est proposée à la vente, même si on trouve ici ou là un agriculteur vendéen qui propose son foin certifié bio dans "la Vendée agricole" ou un autre dans l'Anjou Agricole vendeur de "bon foin de luzerne".

Viticulture

Selon le ministère, "à la mi-juillet, la production attendue est en augmentation par rapport à la moyenne, et la qualité devrait être au rendez-vous". Mais si la sécheresse continue, "il peut y avoir un effet baissier sur les volumes".

Betterave et pomme de terre

Selon le ministère, "à la mi-juillet, la production attendue est en augmentation par rapport à la moyenne, et la qualité devrait être au rendez-vous". Mais si la sécheresse continue, "il peut y avoir un effet baissier sur les volumes".

Source AFP

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Commentaires 1

beberino

bande d incapable!!!!!!!

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