Bien-être des agriculteurs : et si on en parlait ?

Partie 3/6

Simplifier la gestion administrative

Bien que n’étant pas le propre des professions agricoles, la surcharge bureaucratique et la lourdeur des démarches administratives est source de stress, d’autant que la gestion d'une entreprise agricole tend à se complexifier.

S’il est intéressant voire utile de chercher à faire la paix avec la bureaucratique, cela ne change rien à la complexité du travail qu’elle demande. Déclaration de création, modification ou cessation d’entreprises, enregistrement des fonds agricoles, délivrance des documents du registre des actifs agricoles, etc. : les entreprises agricoles font régulièrement de nombreuses démarches auprès de diverses administrations.

Les Chambres d’agriculture gèrent certains services publics via les centres de formalités des entreprises (CFE) notamment. Elles ont aussi mis en place diverses initiatives en région pour soulager les agriculteurs de ces tâches souvent complexes et chronophages.

La Chambre d’Agriculture de la Vienne, en partenariat avec la MSA, Solidarité Paysans et d’autres organismes, a mis en place le dispositif FERTIL destiné à accompagner les agriculteurs dans les difficultés qu’ils rencontrent.

Les conseillers de ce dispositif constatent que la surcharge administrative concerne tous les agriculteurs qu’ils guident. « C’est peut-être même le principal problème ! », constate Lucie Pineau, conseillère d’entreprise à la chambre d’Agriculture de la Vienne. « C’est pourquoi je les aide à remettre de l’ordre dans leurs papiers. Je leur rappelle que c’est important de bien trier pour gérer leurs biens. Je reprends avec eux les documents qu’ils reçoivent, vulgarise leurs contenus sinon, ils sont vite entraînés dans des spirales desquelles il est difficile de sortir. »

Ce sont les agriculteurs qui contactent directement les conseillers. « Il y a souvent une très forte préconisation de la banque, de la MSA ou d’un autre organisme derrière. Rares sont les appels spontanés. Les banques peuvent y conditionner par exemple le renouvellement d’un prêt », précise Lucie Pineau. Elle travaille aujourd’hui au retour d’une formation de 5 jours qui s’est arrêtée à cause du Covid : « Réfléchir à mon avenir ». Elle s’appuie sur les témoignages des agriculteurs pour présenter les difficultés qu’ils traversent.

« Conseillers d’entreprises à la base, nous accompagnons sur les volets plus économiques : plan de redressement, négociation amiable, redressement amiable-judiciaire, aide à la reconversion professionnelle, demande de remise MSA ou Redressement Exploitation Agricole (REA). Nous nous faisons aider par les conseillers techniques pour les problématiques liés aux ateliers », explique Lucie Pineau.

Deux exemples d’outils pour faciliter les échanges

Amiculteurs, pour faciliter les échanges au sein des groupes d’agriculteurs.

Amiculteurs est une plateforme collaborative qui s’adresse à des groupes d’agriculteurs (associations, coopératives, CUMA, GIEE, etc.). « Le numérique facilite les échanges même s’il peut parfois être un poids pour les agriculteurs, il reste un excellent outil pour simplifier le travail et réduire la charge mentale », assure Ambroise Garnier, fondateur et président d’Amiculteurs.

Amiculteurs propose de multiples services : l’organisation de discussion thématiques, des sondages et remontées de données, un agenda et répertoire de groupe ou encore un accès à espace de stockage en commun. « L’idée est de tout réunir au même endroit et ainsi de faciliter le travail d’animation, indique Ambroise Garnier. Cela va plus loin qu’un fil de discussion puisque cela permet de structurer les échanges ».

L’application est accessible en ligne et est intuitive. S’il n’y a pas besoin de formation pour apprendre à maîtriser l’outil, Ambroise Garnier encourage tout de même les différents organismes à accompagner les agriculteurs au lancement pour prendre en main l’application.

Coclicaux : pour faciliter les échanges entre les producteurs et les restaurateurs.

Coclicaux est une plateforme de mise en relation des producteurs entre eux pour la co-livraison et le co-stockage de marchandises avec les professionnels de la restauration. Une formidable opportunité pour réduire les coûts de transports, trouver de nouveaux débouchés et aussi gagner en temps et en visibilité. Coclicaux permet l’automatisation et la centralisation des démarches administratives (factures, assurances des marchandises, etc.). L’outil est disponible gratuitement et sans engagement.

 

>> Partie 4 : Mieux gérer son temps

 

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