Lancement d'une mission sur la prévention et l’accompagnement des difficultés rencontrées par les agriculteurs

Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation a remis, ce mardi 10 mars, une lettre de mission interministérielle sur la prévention et l’accompagnement des difficultés rencontrées par les agriculteurs à Olivier Damaisin. Le député du Lot-et-Garonne dispose de 6 mois pour remettre ses recommandations.

Pour lutter efficacement contre le suicide des agriculteurs, il faut comprendre les facteurs de risques psycho-sociaux, tels que la pression financière et l'endettement, les problèmes interpersonnels, les événements particuliers de vie ou les difficultés de la transmission.

L'agriculture et ses professionnels ont engagé une transformation sans précédent depuis l'après-guerre, celle de l'agroécologie. Cela entraîne des controverses, des tensions voire des incivilités et agressions. Pour le Gouvernement, cette transition ne peut pas se faire au détriment des agricultrices et des agriculteurs.

Objectifs de la mission : comprendre, sensibiliser, accompagner

Cette mission interministérielle, confiée par le Premier ministre à Olivier Damaisin, auprès d'Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé et Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, comporte 4 grands objectifs :  

  • suivre et comprendre ce drame, c'est-à-dire avoir un constat partagé et des données fiables, disposer d'une comparaison européenne, enrichir l'analyse des causes ;
  • améliorer la sensibilisation et la formation des organismes chargés d'intervenir auprès des agriculteurs (identification précoce, prévention du suicide, suivi) ;
  • rendre le dispositif d'identification et d'accompagnement plus efficace et lisible, en particulier travailler sur le financement des associations, comme Solidarité paysans et faire coopérer dans tous les territoires les banques, l'État, la MSA (la sécurité sociale agricole), les associations, les acteurs du monde agricole. Il s'agit de savoir humaniser les dispositifs en place et d'éviter la stigmatisation des acteurs en difficulté ;
  • comprendre l'impact des controverses sur l'agriculture, de l'accroissement des incivilités et des agressions d'agriculteurs, et proposer des mesures pour la valorisation de l'agriculture et ses métiers auprès du grand public.

Dans sa mission, Olivier Damaisin sera accompagné par Frédéric Poisson, ingénieur général du CGAAER, et pourra compter sur le soutien de tous les services spécialisés des ministères en charge de l'agriculture et de la santé.

L'État mobilisé depuis de nombreuses années

Le Gouvernement est engagé dans la prévention du suicide des agriculteurs au côté de la MSA et d'autres associations. Des dispositifs sont en place :

La prévention du suicide

Le ministère de l'Agriculture, avec la MSA, met en œuvre le Plan national de prévention du suicide :

  • pour améliorer les données sur le suicide ;
  • pour dialoguer avec les agriculteurs dans le désarroi : Agri'écoute (09 69 39 29 19) accessible à tout moment, permet de dialoguer de façon confidentielle avec un professionnel social (plus de 350 appels mensuels) ;
  • pour une aide financière au répit financière en cas de burn out : 3 000 exploitants par an sont bénéficiaires de remplacement.

En amont, dès que les difficultés apparaissent chez les agriculteurs

  • depuis 18 mois, 75 cellules départementales d'identification et accompagnement ont été créées, en plus de celles de la MSA. Elles associent l'État, les banques, les chambres d'agriculture, les associations, les acteurs économiques et sociaux. 2 000 signalements sont déjà recensés ;
  • une fois l'agriculteur en difficulté identifié, l'État met en œuvre plusieurs mécanismes de soutien : aide à l'audit global de l'exploitation, accompagnement financier, aide au répit et aide à la reconversion si besoin.