Arboriculture : le numérique pour faire face au changement climatique

Chercheurs et acteurs ont fait le point mi-décembre sur les outils numériques en développement pour aider la filière arboricole à faire face au changement climatique. Beaucoup de travail reste à faire.

La Chaire AgroTic, rassemblant entreprises, chercheurs et formateurs autour des enjeux de la transition numérique, a visé juste avec sa journée sur le numérique en arboriculture face aux enjeux du changement climatique, organisée mi-décembre à Bordeaux Sciences Agro. Les nuits de gel d’avril dernier étaient encore dans toutes les mémoires et les besoins de données pour anticiper et gérer ce type d’aléas clairement exprimés. Réseau de thermomètres dans les parcelles pour prioriser la lutte, modèles d’acclimatation au gel comme aide à la décision étaient deux des projets exposés sur le sujet du gel.

Mais le panel d’outils présentés allait bien au-delà de cet aspect. Des producteurs du réseau Fermes Leader ont témoigné de leur usage du dendromètre pour piloter leur irrigation et la gestion de la charge sur cerises. Jennyfer Lussan a exposé les conclusions de Bluewhale après un an d’utilisation d’outils de quantification de la floraison pour piloter l’éclaircissage et de la charge fruitière pour planifier les récoltes. Jean-Luc Regnard, de l’Institut Agro de Montpellier, a présenté les outils utilisés pour le phénotypage à haut débit sur des collections variétales.

Garantir la transparence et la confidentialité des données

Une dizaine de présentations ont montré l’ampleur des besoins. Leurs conclusions étaient pour beaucoup un appel aux constructeurs pour développer des outils abordables, fiables, simples d’utilisation et interopérables entre eux. Des demandes soulignées pendant la table ronde qui a conclu la journée. Sur les données générées par ces outils numériques, les intervenants ont précisé l’enjeu de gouvernance. « Le partage de données est d’ores et déjà important entre producteurs et metteurs en marché, rappelait Gildas Guibert de Pink Lady Europe. L’essentiel est de pouvoir garantir la transparence et la confidentialité de ces données. »