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Vendredi 19/06/2026

Conjoncture viande bovine - Canicule : les animaux vont souffrir plus que les hommes, mais ils ne le disent pas

Publié par Acti Ouest

Une seconde canicule qui ne sera pas sans conséquence pour le monde de l'élevage.

Conjoncture – En un mois, la France subit sa deuxième vague de chaleur. Ces phénomènes climatiques extrêmes sont malheureusement de plus en plus présents et ne sont pas sans conséquence sur les hommes, les animaux ou les cultures. La protection contre des températures au-dessus de 35 degrés est un casse-tête pour les éleveurs, qui vont accentuer la surveillance des troupeaux, augmenter les points d’abreuvement et l’apport en sels minéraux. Une vache peut boire entre 100 et 150 litres d’eau par jour. Des pertes de production sont inévitables, mais elles peuvent être amoindries en fonction des moyens mis en place pour la protection des animaux (ombrages, bâtiment ventilé…). Lors de la dernière canicule, la production laitière avait sérieusement baissé, mais des pertes de croissance ont également été observées dans le secteur allaitant. L’inconfort des hautes températures modifie le comportement des animaux. Les conséquences sur la santé des troupeaux et la reproduction sont fréquentes avec plus d’avortement embryonnaire et une qualité des semences altérée chez les mâles. Les veaux sont les premiers à souffrir de ces situations avec plus de diarrhée, et du stress thermique

Le bien-être animal est mis à mal comme celui des hommes, même si ce dernier a des aptitudes physiologiques plus adaptées aux fortes chaleurs (sauf pour les personnes âgées ou fragiles), la température idéale pour les bovins étant entre 5 et 10 degrés.

Les conséquences sur les cultures seront également importantes. La dessiccation des grains va accélérer les moissons avec des risques d’échaudage sur les blés. La sécurité incendie va être renforcée. Le maïs est une plante originaire de la zone équatoriale qui supporte assez bien des températures élevées au cours de son cycle. Les températures optimales de développement se situent entre 25 et 30 °C, mais la plante peut subir sans dommage jusqu’à 35 °C. Au-delà, les conséquences possibles dépendent de son stade, mais aussi de son alimentation en eau. Quant aux prairies, si la pluie de la semaine dernière avait redonné un coup de « boost, » la couleur jaune va rapidement prendre le dessus. La repousse après les travaux de fenaison va être altérée.

Cette vague de chaleur a des conséquences importantes sur les comportements humains. La protection des personnes les plus fragiles est une priorité. Chacun cherche des solutions pour passer ce cap difficile, avec une hydratation indispensable.

Du côté de la consommation, les conséquences sont connues, avec un recul des viandes rouges au profit des produits frais de saisons (tomates, concombres.).

Ce coup de chaleur intervient à une période où l’activité des abattoirs est ralentie par la fin de l’année scolaire. Le report des achats de viande vers les ménages est complexifié par un pouvoir d’achat qui a été fortement impacté par le prix des carburants. La préparation des vacances engendre également des choix, avec une forte concurrence entre le steak haché, le porc et la volaille.

Les transports d’animaux vivants vont également être impactés, avec un plan canicule qui va être réactivé. Les horaires de circulations seront contraints aux heures les moins chaudes de la journée avec des camions adaptés de ventilateurs. Le bien-être animal n’est pas une vue de l’esprit, il prend tout son sens dans ces périodes difficiles.

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