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Vendredi 24/04/2026

Conjoncture viande bovine : la déflation des prix est en marche

Publié par Acti Ouest

La situation n’était plus tenable, et face à la dégradation des ventes en magasin les abatteurs font baisser le prix du bétail.

Conjoncture – Les observateurs le pressentaient depuis quelques semaines et c’est arrivé ! L’envolée des prix de la viande observée depuis un an et demi a fini par faire fuir les consommateurs. Le scénario de ce début d’année est complètement différent de celui de 2025 où les industriels avaient manqué de marchandise toute l’année. Le début de l’année a été marqué par des volumes plus importants en réformes laitières, ce qui avait permis aux industriels de remettre à jour leurs stocks, en prévision d’un printemps toujours difficile à passer avec la mise à l’herbe des animaux et les travaux saisonniers. Or, quand on regardait le commerce chez nos voisins européens, la tension sur les prix était déjà palpable, avec un décrochement des prix en Allemagne, en Italie ou en Espagne. Cette baisse de la consommation était également observée en France, mais l’inertie commerciale dans les campagnes a perduré.

La guerre en Iran, en bouleversant les équilibres économiques et les flux commerciaux, est venue donner un coup d’arrêt à une situation que l’on savait intenable. La hausse des étiquettes sur les étals (même si elles étaient mesurées par rapport au prix de la viande dans les campagnes) est venue s’entrechoquer avec l’embrasement des prix des carburants. Les ménages ont fait des choix et la viande bovine en est l’une des victimes.

Les industriels qui avaient regonflé leurs stocks se sont très vite retrouvés dans une situation délicate, car ces derniers n’ont cessé de croître depuis le début du conflit, au point que les entrepôts frigorifiques sont pleins (avec des produits qui ont coûté très cher). Il n’en fallait pas plus pour engendrer une réaction forte des industriels, qui ont enclenché cette semaine une très forte pression sur les prix. Les faibles volumes disponibles avec les travaux de saison n’y ont rien changé. Ils se contentent de travailler ce qu’ils peuvent vendre. Les stocks générés vont être très longs à écouler avec de lourdes pertes à la clé, car les distributeurs, toujours à l’affût du marché, ne vont pas se priver pour demander de la baisse dans les prochaines semaines.

La déflation des prix est en marche, avec une concurrence qui se ravive à nos frontières. Reprendre les parts de marché perdues dans le panier des ménagères sera long et compliqué, avec des baisses des prix sur les étals qui seront longs et peu significatifs dans un premier temps pour relancer les ventes. La guerre en Iran n’a pas fini de livrer toutes ces répercussions sur l’économie française, européenne ou mondiale.

La nouvelle campagne de communication de la filière bovine « l’amour bœuf » aura fort à faire pour enrayer la vague de déconsommation. Personne ne remet en cause la confiance et le soutien des consommateurs envers les éleveurs, mais une fois dans le magasin c’est le porte-monnaie qui dirige les achats.

Pour le moment, rien de dramatique, pour les éleveurs qui bénéficient encore de tarifs attractifs malgré les baisses qui ont été actées cette semaine. Reste à savoir qu’elle sera l’amplitude et la durée de cette correction de marché.

La situation va en revanche se compliquer pour les engraisseurs de gros bovins ou de jeunes bovins, car le niveau élevé des prix à l’achat observé depuis des semaines ne sera plus en concordance avec les prix de vente de la viande. De grosses difficultés sont à prévoir pour ceux qui n’ont pas la sécurité de contrat garantissant des prix de vente calés sur les coûts de production. L’attrait d’un marché florissant a sans doute voilé la vision de certains, mais « les prix ne montent jamais jusqu’au ciel ».

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