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Lundi 12/10/2026

Conor l’Agricultor et sa famille sèment leurs histoires dans une BD pour petits et grands

Publié par Pleinchamp

Au Sommet de l’élevage, Christophe Durand, alias Conor l’agricultor, et son épouse Angélique, connue sur les réseaux sous le nom de Sarah, ne passent pas inaperçus. Entre photos avec les fans et séances de dédicaces, le couple est venu présenter sa première bande dessinée. Au programme, des anecdotes parfois rocambolesques, la vie à la ferme et quelques leçons pour mieux comprendre l’agriculture.

"T'as vu qui c'est ?", une adolescente en doudoune floquée d'une race bovine vient de reconnaître Conor l'agricultor. Au milieu des allées du Sommet de l’élevage, il a beau minimiser sa notoriété, les sollicitations ne manquent pas : poignées de main, rires et téléphones brandis. Certains repartent avec un exemplaire dédicacé sous le bras. Présent avec son épouse et son père, l’agriculteur profite du rendez-vous pour présenter leur première bande dessinée, un nouvel épisode de leur aventure sur les réseaux sociaux. « On n'est pas célèbres nous ! Pas vrai chérie ? », sourit-il lorsqu’on lui demande ce que cela fait d'être interrompu par ses nombreux fans. « Disons qu'on est populaires sur les réseaux. On a une petite niche. » relativise sa femme. Après Youtube, Tiktok et Instagram, le couple investit un nouveau terrain : la bande dessinée. 

©LouiseDelaroa
Un fan, Conor et sa femme lors du Sommet de l'élevage 2026

Une BD pour raconter la ferme aux 6-99 ans

« Comment transmettre le métier d'agriculteur à des enfants ? Ils ne sont pas censés être sur les réseaux sociaux ? Il n’y a pas mieux qu’une BD. Il y a des images, des couleurs et des histoires », explique Angélique. La pédagogie se glisse jusqu'en bas de page, avec des encadrés : « Le sais-tu ? » pour aller plus loin dans le savoir-faire agricole. L'ouvrage se veut accessible au plus grand nombre, « une BD adaptée aux 6-99 ans ». Comme dans leurs vidéos, le ton est simple, sincère, sans artifice. « L’idée principale était vraiment de transmettre ce que fait un agriculteur dans son quotidien. On n'enjolive rien », prévient-elle. Au fil des pages, derrière les machines et les animaux, se dessinent des journées rythmées par la météo, les contraintes horaires... et les accidents. Petit, Conor s'est endormi dans le tracteur de son père avant de chuter. L'agriculteur rectifie aussitôt : « Tomber, c’est rien, c’est rouler dessus par le tracteur. Ça, c’est vécu. Tout est vrai. Chaque histoire, même la plus burlesque est authentique. 

Une grande famille agricole

Dans cette BD, Conor n'est pas seul aux commandes. Ses parents, son fils et son épouse font partie intégrante de l'histoire. Une façon de raconter l’agriculture à travers ceux qui la vivent, et de montrer ce qui se transmet d’une génération à l’autre.  « On avait vraiment voulu mettre en perspective l’effet transgénérationnel, résume Conor. Agriculteur, c’est un métier mais où on y emmène tout le monde », résume Christophe. Un constat qui parlera à bien des agriculteurs : quand le travail se déroule sur l’exploitation familiale, la frontière entre vie professionnelle et vie privée est souvent ténue. Les horaires dépendent des animaux, les travaux des champs et les caprices du ciel. Une réalité parfois difficile à saisir quand on vit loin des fermes. « Les gens qui ne sont pas dedans ne comprennent pas ça », glisse-t-il.  

Voir aussi : Conor et sa famille, qui sème du foin, récolte des likes !

Redonner du sens à notre alimentation

Au fil de l’entretien, la conversation quitte les tracteurs pour s’inviter dans les assiettes. Pour le couple, transmettre l’agriculture, c'est aussi expliquer d’où vient la nourriture et pourquoi les produits locaux et de saison ont leur importance. « Les gens ont oublié ce que c’est que sont les produits de saison. » Pour illustrer son propos, il cite sa mère, Hélène. « Tu sais Connor, il faut manger ce qui pousse là où on est né pour être en bonne santé. » Angélique enchaîne : « C’est une éducation alimentaire, des valeurs qui malheureusement se perdent et qui font pourtant tout le sens de notre quotidien. ». Le livre entend ainsi rapprocher le monde agricole du grand public, en particulier des plus jeunes, en leur donnant des clefs pour comprendre leur environnement alimentaire, le respect de l'alimentation et de ne pas gâcher.  L’enjeu n’est pas seulement de faire connaître un métier, mais aussi de recréer des repères entre la production agricole et la consommation. 

©ConorL'Agricultor
Conor l'Agricultor, la B.D des 6 à 99 ans ! Par Christophe et Angélique Durant. 40p, prix 19,90 €.

De la BD aux boutiques à la ferme

Autoédité, le livre a vu le jour grâce à ceux qui ont participé à sa réalisation et à des sponsors, dont les noms figurent en fin d’ouvrage. Et le couple ne compte pas s’arrêter à la dernière page. Prochaine étape, orienter sa communauté vers les lieux où l’agriculture se découvre en vrai, loin des écrans. « Notre objectif, qui commence cette semaine est de diriger les gens vers les points de vente à la ferme, pour qu’ils se rendent compte de toutes ces boutiques qui existent et qui permettent d’acheter local », annonce Angélique. Après avoir montré la ferme en vidéo, puis en dessin, le couple veut désormais inciter son public à pousser la porte des producteurs. « L’idée, c’est vraiment de redorer l’image de l’agriculture, sans affabuler », ajoute-t-elle. Les visiteurs du Sommet de l’élevage, eux, n’ont pas attendu la BD pour reconnaître Conor et sa famille. Entre deux photos et une dédicace, ils préparent déjà la suite : un deuxième tome est prévu pour juin 2027.