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Vendredi 28/08/2026

« Dans une économie chahutée, l'observation des tendances de marché est primordiale ». La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest

Publié par Acti Ouest

Après la forte correction des prix des marchés en viande, maigre ou veaux, un nouvel équilibre semble se dessiner.

Conjoncture – Dans un environnement extrêmement difficile pour les éleveurs, l’observation des tendances du marché est primordiale, face à un marché qui a connu de très fortes variations ces derniers mois. Il y a un an, tous les signaux étaient au vert avec des récoltes fourragères abondantes et des tarifs qui progressaient de semaine en semaine pour atteindre des sommets, en début d’année. L’inversion de tendance fut violente avec une accumulation d’événements sans précédent : chute de la consommation face à l’inflation des prix, la guerre en Iran qui a fait flamber le prix des carburants et des matières premières, pour finir par une succession de canicules et une sécheresse sans précédent.

La décapitalisation s’accélère, le second semestre risque d’être marquant. En règle générale il y a toujours plus de départs que de reprises. Quand les terres sont cultivables, les animaux sont remplacés par des cultures et cela est très souvent irrémédiable. Dans les zones d’élevage pures, les fermes s’agrandissent, mais sans progression des cheptels, faute de temps ou de main-d’œuvre. Ces agrandissements participent également à la sécurisation alimentaire qui est une préoccupation forte du monde de l’élevage, avec des changements climatiques aux effets dévastateurs. Les jeunes éleveurs qui s’installent ou sont en projet d’installation prennent pleinement en compte ces éléments.

La sécheresse de 2026 aura des conséquences sur les niveaux de production des années à venir. L’ensemble des pays de l’UE est touché, avec un fort déficit hydrique sur l’ensemble de l’Europe. Les éleveurs vont manquer de fourrage, ce qui va accentuer la décheptellisation dans les pays concernés. La France n’est pas mieux lotie, avec des ensilages de maïs très précoces et des rendements faibles, notamment dans les cultures non irriguées. Les restrictions d’arrosage ont également des conséquences sur les surfaces arrosées. Les éleveurs dressent déjà le bilan de leurs stocks, afin de prendre des positions stratégiques. Dans les régions d’herbage, l’affouragement dans les prairies grillées est souvent de mise avec une consommation anticipée des stocks pour l’hiver. Le niveau des prix des aliments est reparti à la hausse, au regard des tensions géopolitiques.

Chacun attend les précipitations, mais la question est de savoir ce qui pourra être sauvé. Les prairies vont mettre du temps à repartir. Ces précipitations seront également les bienvenues pour les implantations des cultures de fin d’été.

Dans ce contexte déjà très préoccupant, la production laitière est en net repli, avec des éleveurs qui ont ajusté leurs cheptels aux capacités fourragères. Contrairement aux autres années, les industriels n’ont pas manqué de vaches cet été. Les volumes ont même été excédentaires, face aux replis des ventes dans les magasins (-20 % dans le steak haché). Avec la sécheresse, les vaches sont vendues prématurément avec de nombreux animaux maigres P1 et P2. En deux mois, les poids carcasse en entrée d’abattoir ont perdu plus de 20kg.

Cette rentrée 2026 se fait sans la dynamique habituelle. Les industriels ont des stocks à écouler, mais ils restent néanmoins très conscients que le manque de marchandise sera une composante importante du commerce dans les mois et années à venir.

Les restructurations vont se poursuivre pour adapter les volumes travaillés aux besoins d’un marché qui aura du mal à se relever de cette année catastrophique. Car l’autre donnée, qui s’est renforcée cet été, est la pénétration des viandes brésiliennes sur le sol européen. Cela a commencé par l’Italie, mais c’est maintenant l’Europe du Nord qui est touchée avec comme porte d’entrée, le grand port de Rotterdam. Comme pressentie, la politique européenne de libre-échange va mettre à mal le monde de l’élevage et tout ce qui y est attenant.

Un nouvel équilibre économique va devoir se créer, pour redonner de la visibilité à une profession en souffrance. Le déficit structurel de l’offre devra redonner de l’animation au marché, que ce soit dans la viande ou le secteur maigre, sans tomber dans les excès qui ont plombé le commerce de ce début d’année.

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