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Mercredi 25/02/2026
Engraissement : développer la filière bovins viande dans l'Allier
À l’initiative du préfet de l’Allier et du président de la Chambre d’agriculture de l’Allier, une cinquantaine d’acteurs de la filière bovins viande se sont réunis à la préfecture de Moulins afin de réfléchir collectivement à des solutions en termes de développement et de valorisation.
Le préfet Christophe Noël du Payrat et le président de la Chambre d’agriculture, Christophe Jardoux, ont convié la presse et exposé les grandes lignes de ces premières discussions entre acteurs de la filière.
L’objectif est de répondre à l’appel du Premier ministre Sébastien Lecornu qui, dans sa lettre ouverte aux agriculteurs du 4 janvier 2026, soulignait que les récentes crises sanitaires doivent « nous inciter à nous poser les bonnes questions », invitant les territoires à formuler des propositions sur le développement d’une filière d’engraissement en France.
Christophe Noël du Payrat a souligné une forte mobilisation couvrant l’ensemble de la chaîne, « de l’amont à l’aval » : éleveurs, transformateurs, abatteurs, banques, assureurs.
Une mobilisation qu’il juge indispensable face aux fragilités révélées par les crises sanitaires récentes qui ont perturbé les exportations et mis en lumière la dépendance aux marchés extérieurs.
Stopper l’érosion du cheptel
Le constat du préfet est partagé par le président de la Chambre d’agriculture : « la décapitalisation du cheptel bovin français, ça fait plus de dix ans que le cheptel diminue », a-t-il dit.
Dans l’Allier, la baisse des effectifs menace à terme l’équilibre des outils d’abattage et l’emploi agroalimentaire.
« Appuie-t-on sur pause pour préserver nos outils ou reste-t-on spectateurs du déclin ? », interroge Christophe Jardoux.
Il souligne que le département dispose encore de trois opérateurs d’abattage, un atout rare à l’échelle nationale.
En partant du terrain pour faire remonter des propositions concrètes au niveau national, deux journées techniques sont programmées en mars et avril, avec une restitution attendue fin avril.
Christophe Jardoux a exposé certaines priorités : faciliter l’installation et la reprise, simplifier l’accès aux financements et lever certains freins réglementaires.
« On ne peut pas se contenter de contester, il faut être force de proposition », insiste-t-il.
Relocaliser la valeur ajoutée
Le président de la Chambre a poursuivi sur l’enjeu central qui porte sur l’engraissement et la valorisation locale.
Chaque année, entre 80 000 et 90 000 bovins quittent l’Allier, dont une partie à l’export, notamment vers l’Italie et l’Espagne.
Les épisodes sanitaires ont montré la vulnérabilité de ces flux : en zones réglementées, les protocoles se multiplient, et les animaux s’accumulent dans les fermes.
D’où l’idée de réorienter une partie des volumes vers l’engraissement et l’abattage locaux.
« Exporter de la viande est plus simple qu’exporter un animal vivant », souligne Christophe Jardoux.
Le préfet Christophe Noël du Payrat rappelle toutefois que la conjoncture actuelle doit porter ses fruits : les cours du bovin, aujourd’hui orientés à la hausse, pourraient permettre d’ouvrir de nouvelles perspectives, malgré la hausse des charges.
« Il faut se saisir de cette période pour construire davantage de valeur ajoutée », estime-t-il.
Rappelant l’autre défi, le renouvellement des générations, Christophe Jardoux enjoint à donner des perspectives économiques claires aux jeunes agriculteurs pour enrayer la baisse du cheptel.
Dans un contexte de négociations sur la PAC et de débats autour des accords commerciaux internationaux, les acteurs de l’Allier entendent peser dans les choix à venir.