- Accueil
- « Il faut sécuriser le potentiel veau dans les élevages allaitants ». La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest
Vendredi 09/10/2026
« Il faut sécuriser le potentiel veau dans les élevages allaitants ». La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest
Face à la décapitalisation de sécheresse, les femelles gestantes sont la priorité des éleveurs.
Conjoncture – La souveraineté alimentaire de la France est une utopie tant les importations sont maintenant incontournables au regard de la faiblesse de la production nationale, que ce soit en bovins, ovins, volailles ou porcs. Cela fait des décennies que la guerre des prix a détruit notre tissu de production. Aujourd’hui, les grands pays producteurs sont avides de pénétrer notre marché à valeur ajoutée. La fonte du cheptel allaitant est inquiétante, car elle cumule les arrêts démographiques aux crises à répétition. Or, pour maintenir le potentiel de production, il faut de l’eau et de la nourriture.
Pour Emmanuel Bernard (président d’Interbev), il faut préserver les vaches gestantes pour garder le potentiel de veaux. Ces paroles, les éleveurs les entendent, et pour le moment ils se séparent en priorité des broutards et des laitonnes. Ils réforment prématurément des animaux adultes, qu’ils ne pourront pas hiverner. Le potentiel de production du cheptel allaitant résiste, mais la situation est très préoccupante avec un hiver qui sera très long à passer, sans repousse d’herbe automnale. Malgré une forte résilience, l’élevage allaitant est menacé d’une forte vague de décapitalisation d’ici la fin de l’année. Cette vague est déjà entamée pour le secteur laitier, avec des volumes de vente qui se sont accélérés ces dernières semaines, engendrant un engorgement du marché de la viande.
La France est le premier pays de l’UE en termes de potentiel de production. Il est nécessaire de garder ce potentiel ou de limiter son érosion. La première étape pour y parvenir était d’obtenir des prix rémunérateurs. Or, si 2025 était dans le bon sens, l’automne 2026 enregistre un fort décrochement.
Face à la sécheresse, qui accapare tous les esprits, le sanitaire revient sur le devant de la scène. La douceur automnale et les petites pluies qui ont arrosé le pays sont très favorables à la prolifération des moustiques. Chacun a pu s’en rendre compte. Or, face à des maladies virales qui se propagent avec ces vecteurs, la vigilance est accrue. La FCO 3 est réapparue dans le Sud-ouest, elle progresse lentement face à une structuration vaccinale plus forte. Le shamonda, qui n’a pas de vaccins à ce jour, est présent dans 50 départements, le nombre de cas n’est pas révélé, mais dans les fermes des avortements et malformations sont recensés. L’élevage français n’a pas besoin d’une nouvelle épizootie, avec les conséquences déjà éprouvées à mainte reprise.
Faire naître des veaux et garder le potentiel de production sur notre territoire, c’est le souhait des nombreux acteurs des filières intermédiaires en passant par les engraisseurs, les intégrateurs de veaux et surtout les industriels de la viande. Aujourd’hui, ce souhait se confronte à la capacité de nourrissage des animaux, et ce problème n’est pas que français. Sur un marché européen de libre-échange, la concurrence générée par les équilibres offre/demande, reste le moteur du commerce. Parfois, cela se passe bien, et d’autres fois plus mal, comme cette année.