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Mardi 06/10/2026
« Avec un prix du lait rémunérateur, les éleveurs passeraient très bien le cap de la sécheresse »
Les éleveurs laitiers réclament un soutien financier d’aide à l’achat de fourrages inscrit dans le futur projet de loi de finances. Mais, face à la baisse des prix du lait, ils revendiquent surtout un prix couvrant leurs coûts de production.
Pour la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), l’absence au Sommet de l’élevage d’Annie Genevard, qui a dû annuler sa venue prévue le 6 octobre en raison du mouvement des lycéens, cela passe encore. Mais que la ministre de l’Agriculture n’ait prévu « aucune visite d’exploitation » laitière, pour « se rendre compte qu'il n'y a pas de foin, qu'il n’y a pas de maïs, qu'il n’y a pas de capacité à nourrir les animaux », Yohann Barbe, le président de la FNPL, le digère mal.
Or, les éleveurs laitiers font face à une triple peine : la sécheresse prolongée, un plan d'aide gouvernemental jugé inadapté et la baisse des prix du lait, de l’ordre de 50 à 60 euros les 1000 litres depuis le printemps. Sans compter la flambée des prix du GNR. « Il nous faut vraiment une prise de conscience du gouvernement », a plaidé Yohann Barbe lors d’une conférence de presse le 6 octobre au Sommet de l’élevage, devant une banderole affichant le slogan « Une sécheresse qui nous assèche, des prix qui nous achèvent ».
Aide à l’achat de fourrages
Consciente des contraintes budgétaires actuelles, la FNPL réclame de la part de la ministre la mise en place d’une « ligne supplémentaire » dans le projet de loi de finances pour l’année prochaine, permettant l’achat de fourrage. « L’an dernier, la ministre l’avait fait sur la DNC, pour indemniser les éleveurs, rappelle Yohann Barbe. Il nous faut la même chose pour indemniser les pertes de fourrage ».
« Ce sera certes pour 2027, mais je pense que les éleveurs seraient tous en capacité, si jamais l'annonce était faite maintenant, de comprendre qu'ils auraient l'argent l'année prochaine et de faire l'avance de trésorerie sur les 6 mois qui sont devant nous », a-t-il poursuivi.
L’indice satellitaire doit « prouver qu’il fonctionne »
Le syndicat a des attentes plus que fortes concernant l’indemnité de solidarité nationale, basée sur les indices satellitaires de pousse de l’herbe. « On est tous impactés, à minima, autour des 50, voire 60% de pertes de production fourragère. Nous ne voulons pas forcément remettre en cause le système indiciel, mais il faut nous prouver qu'il fonctionne. »
Pour la FNPL, le calcul des pertes de fourrage par ce système ne prend pas en compte l'affouragement durant l'été et l'automne, ni les « pousses d'herbe négatives », ce qui sous-estime considérablement les pertes réelles des exploitations.
Des prix et de la transparence
Mais ce que demandent avant tout les éleveurs, c’est un lait payé au-dessus de ses coûts de production. Il y a bien eu une prise de conscience des distributeurs, mais « nos transformateurs n'ont pas bougé le petit doigt pour relever le prix du lait », déplore Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL.
« Si on n'avait pas vécu cette baisse de prix au printemps, les éleveurs passeraient le cap de la sécheresse très bien, affirme Stéphane Joandel. 50 à 60 euros, ça représente quand même énormément d'argent sur les exploitations. »
Le prix de revient du lait, publié par le Cniel chaque année à la rentrée, en amont des négociations commerciales, a été établi pour 2025 à 482 euros les 1000 litres pour une exploitation conventionnelle en plaine. Ce prix est calculé à partir des données des centres de gestion et des organismes de conseil en élevage, avec l’appui technique de l’Institut de l’élevage, et sert à objectiver les discussions sur le prix du lait entre organisations de producteurs et transformateurs.
La FNPL réclame plus de transparence sur le « mix produit » des entreprises, les marges réelles des industriels et le devenir de la valeur concédée par le consommateur. Et appelle à la mise en place de davantage de contrats tripartites afin d’assurer la traçabilité et le juste partage de la valeur du producteur au consommateur.

