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Lundi 29/06/2026
La FNSEA 03 en action sur les défis de l’agriculture
Gilles Cabart, vice-président de la FNSEA 03, responsable de la section grandes cultures et membre associé à la Chambre d'agriculture, dresse un état des lieux sans fard de l’actualité agricole. Pour lui, la FNSEA ne reste pas les bras croisés : elle se bat, à tous les niveaux, pour défendre les intérêts des exploitants.
Plan céréales : des aides décevantes
Entre la chute des prix des céréales et l’explosion des charges, la situation économique des exploitations est inquiétante.
Gilles Cabart explique que « la FNSEA a demandé au gouvernement français de prendre en compte la situation des céréaliers ».
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a réagi avec le plan céréales, dont l’Allier a bénéficié : « il y avait urgence à aider les grandes cultures », souligne-t-il.
Pourtant, les montants alloués au niveau national, bien que significatifs sur le papier, se révèlent insuffisants une fois redistribués à l’échelle de chaque exploitation.
« Comme d’habitude, l’enveloppe peut paraître conséquente, mais une fois répartie dans chaque département, elle se révèle bien insuffisante pour compenser les pertes des exploitations », déplore Gilles Cabart.
Dans l’Allier, l’aide initiale de 6 000 euros par exploitant a été réduite à 3 500 euros maximum après redistribution par la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes, avec une moyenne effective de 2 700 euros.
C’est peu face à la réalité : « la hausse des coûts, entre le Gazole Non Routier (GNR) et les engrais, représente plus de 30 000 euros par exploitation », explique le vice-président.
De surcroît, la sécheresse précoce provoque une grosse inquiétude sur les rendements à venir, notamment en blé.
« Les montants des aides sont nettement insuffisants par rapport à la crise agricole qui s’installe. »
Des victoires partielles
Sur le front du carburant, la FNSEA a certes obtenu une avancée : « on a obtenu 15 centimes de baisse de taxe sur le GNR ».
Mais Gilles Cabart est lucide : « l’État n’ira pas plus loin. On n’a plus aucune marge de manœuvre sur le carburant, à moins que l’État ne mette la main à la poche… ce qui est peu probable vu l’état de nos finances. »
Le syndicat agit aussi sur d’autres dossiers, comme celui des engrais.
« La fameuse taxe carbone qui doit être appliquée, on essaie de la faire sauter. Taxer les engrais, c’est malvenu alors que leur prix est en hausse et que la situation géopolitique, notamment au Moyen-Orient, aggrave les tensions », explique-t-il.
La FNSEA demande au moins un report d’un ou deux ans de cette taxe carbone si malheureusement elle devait entrer en vigueur.
Le travail de lobbying porte aussi ses fruits sur la loi d’orientation agricole.
« On a fait du lobbying auprès de tous les élus, tant auprès des sénateurs qu’auprès des députés. Certes, cette loi n’est pas parfaite, mais elle a le mérite de signifier le malaise agricole ambiant. C’est la première fois qu’une telle loi d'orientation agricole est portée par nos responsables professionnels au sein de nos rangs : un signal d’alerte pris en compte par nos élus », se félicite Gilles Cabart.
Sécheresse et dérèglement climatique
« Les rendements risquent d'être mauvais : une problématique dont on se serait bien passé », constate-t-il.
« Pas d’eau dans les sols, hausse des températures, du vent : ça crée un effet séchoir, ça grille sur place. »
Les éleveurs ne sont pas épargnés : « il faudra donner à manger plus tôt aux bêtes. »
Et de conclure, pragmatique : « le dérèglement climatique, c’est compliqué pour tout le monde. Je souhaite une bonne moisson à tous les agriculteurs… Et surtout, prudence avec le risque d’incendies par ces temps de sécheresse ».