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Vendredi 23/10/2026
« La santé morale du monde de l'élevage est très préoccupante ». La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest
Après un été sous tension, des tarifs qui chutent et des charges qui progressent, la charge mentale est lourde pour les agriculteurs.
Conjoncture – Après des années ponctuées par des épizooties nombreuses et douloureuses et une sécheresse 2026 très violente, de nombreux éleveurs ne voient plus le bout du tunnel. L’embellie fourragère et tarifaire de 2025 n’est plus qu’un souvenir éphémère. Les stocks fourragers sont exsangues, alors que l’hiver n’a pas débuté. Certains éleveurs sont pris à la gorge et vendent leurs animaux par dépit. Ils sont souvent maigres et se valorisent à vil prix. L’achat de fourrage n’est souvent plus une question de disponibilité que de prix. Pour bon nombre d’entre eux, la fin de l’année va être compliquée. La santé mentale est touchée, et le renfermement sur soi est la plus mauvaise des solutions. Les travailleurs sociaux, cellules d’écoute et dispositifs de soutien psychologique de la MSA sont mobilisés, en lien avec les réseaux Réagir des chambres d’agriculture et les réseaux de « sentinelles », afin de détecter les situations à risque et de renforcer l’accompagnement social, psychologique et sanitaire. La solidarité entre éleveurs n’est pas un vain mot, mais cela ne peut pas tout régler. L’accompagnement est plus que nécessaire, mais malheureusement, on assiste à une recrudescence d’éleveurs qui mettent fin à leurs jours.
L’élevage est pourtant un secteur d’activité très résilient, mais quand les difficultés s’enchaînent, c’est le moral qui prend en premier. C’est le sentiment qui est ressorti du Sommet de l’élevage. Cette manifestation, qui est avant tout une fête pour le monde de l’élevage, se révèle comme un point important de rencontre et de discussions entre les acteurs du monde de l’élevage. Et force est de constater, que tout le monde souffre, car tous les acteurs qui touchent de près ou de loin, à ce secteur d’activité sont également touchés par la hausse des matières premières, des carburants ou de la baisse de la demande que ce soit chez les vendeurs de matériel ou des industriels laitiers ou de la viande.
Pour relever la tête, il ne faut pas seulement du soutien de l’Etat. Il est nécessaire que les grands décideurs de ce monde se réunissent pour mettre fin à ce bourbier généré par un Président américain aux décisions très volatiles.