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Samedi 17/10/2026
Avis de recherche : 300 cunicultrices et cuniculteurs
Pour assurer la souveraineté alimentaire française en viande de lapin, la filière cunicole doit se renouveler : dans les dix années qui viennent, la moitié de ses 600 éleveurs partira en retraite. Il lui faut donc accueillir de nouveaux profils, tout en s’adaptant aux demandes sociétales en faveur du bien-être animal.
La France est un pays qui consomme du lapin. Pas forcément beaucoup, puisque la consommation annuelle moyenne ne s’élève qu’à 300 grammes par personne. Suffisamment toutefois pour que le marché soit équilibré et que les 600 éleveurs actuellement recensés en France soit assurés de trouver des débouchés à leurs animaux.
La moitié des éleveurs partira en retraite dans les 10 prochaines années
La filière cunicole est aujourd’hui l’une des rares filières animales françaises à se situer au-delà des 100% d’auto-approvisionnement. Mais cela pourrait ne pas durer car la moyenne d’âge des éleveurs français, dont un tiers sont des éleveuses, est d’environ 50 ans : la moitié d’entre eux va quitter le métier au cours des dix prochaines années.
Pour les remplacer et garder le potentiel de production français, il faut donc 30 créations ou reprises d’élevages chaque année. Un objectif atteignable, à condition que le métier soit connu, qu’il soit attractif, et qu’il communique sur ses ambitions et ses projets, tel celui d’avoir 30% d’élevages alternatifs, sans cages, à l’horizon 2030.
Le lapin n’est plus enseigné au lycée agricole
Un handicap toutefois : la production de lapin est une petite filière, avec des moyens limités et elle n’est même plus enseignée dans les programmes classiques de l’enseignement agricole… Ne la connaissant pas, ou en ayant l’image erronée du clapier du fond de jardin, les élèves et les candidats à l’installation agricole risquent de passer à côté d’une production qui ne demande qu’à les accueillir.
Pour relever le défi du renouvellement, le Clipp, l’interprofession du lapin, a mis en route, depuis octobre 2024, le projet Relev Lapin. Conduit avec le soutien du Casdar et de nombreux partenaires (Itavi, chambre d’agriculture, lycées agricoles…), ce projet a mis en place des actions de communication (livrets, dépliants, présence dans les salons, portes ouvertes…), des outils pédagogiques (vidéos avec Educagri, jeu sérieux Insta’lap avec Inrae…), et même un module de formation à distance pour les personnes en formation BPREA.
Les éleveurs, meilleurs ambassadeurs du métier
Mais comme rien ne remplace le contact direct avec le terrain, la filière a aussi la chance de pouvoir compter sur ses éleveurs, dont certains prennent de leur temps pour faire connaître et aimer leur production. C’est le cas de Delphine Le Mestrallin, éleveuse de lapin à Pontivy (Morbihan) depuis 11 ans, qui a choisi d’exercer ce métier après une reconversion professionnelle.
« C’est un métier qui me plait et je souhaite l’expliquer », confie l’éleveuse, qui ne lésine pas sur les occasions de le faire. Elle accueille ainsi régulièrement des classes de tous niveaux, car le lapin peut plaire de la maternelle au lycée et l’éleveuse adapte son langage, souvent en préparant en amont la visite avec les enseignants.
Delphine Le Mestrallin prend aussi régulièrement des stagiaires, des collégiens de troisième en stage de découverte comme des élèves ingénieurs en stage d’étude. Elle a aussi communiqué sur les réseaux sociaux en étant l’un des portraits hebdomadaires d’Agriculteurs de Bretagne, mais cette dernière expérience fut éprouvante : « on a eu beaucoup de haters [des internautes malveillants] en ligne ».
Delphine reste néanmoins plus que jamais déterminée à faire connaître sa production. « Le grand public ne sait absolument pas ce qui se passe dans nos élevages. Expliquer nos pratiques efface peu à peu l’image d’un « élevage en cages ». Je suis encore en système classique, mais je vais passer bientôt à un système alternatif ».
Pédagogie appliquée
L’une de ses actions les plus emblématiques : un partenariat, depuis plusieurs années, avec les troisièmes « prépa métier » du lycée agricole du Gros chêne de Pontivy. « Je leur ai apporté une femelle et des lapereaux, pour que les élèves voient autre chose que des vaches ou des cochons. Leur premier travail pédagogique a été de construire la cage », raconte Delphine.
Au fil du suivi de la croissance des animaux, les lapins sont devenus les mascottes de la classe. Pour la troisième saison de son action, Delphine Le Mestrallin a carrément emmené un mâle : les élèves ont donc pu suivre la saillie et ont même assisté, en plein cours, à la naissance des lapereaux. Un moment fort de leur scolarité, à la fois excellent cours de sciences naturelles et image réaliste de la cuniculture.


