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Vendredi 22/05/2026

Le marché mondial de la viande est chahuté

Publié par Acti Ouest

Les flux mondiaux bougent aux aléas des décisions géopolitiques.

Conjoncture – Sur le marché mondial de la viande bovine, les principaux acteurs sont le Brésil (et le Mercosur) et l’Australie pour la production en viande et en vif et la Chine, les États-Unis ou le Moyen-Orient en termes d’importation. Sur une production mondiale qui plafonne, les prix sont à la hausse dans tous les secteurs. Les flux sont fortement influencés par politiques commerciales et évolutions de la demande chinoise. Or depuis quelques semaines, on assiste à des déclarations multiples qui peuvent faire bouger les lignes sur un marché qui a une grande inertie de production. La Chine, qui est le premier importateur mondial, a annoncé qu’elle allait baisser ses importations de 10 % en provenance du Brésil. L’administration Trump a diligenté des enquêtes sur les entreprises qu’elle accuse de profiter de la pénurie de viande aux États-Unis. Et pour finir la guerre en Iran qui a bloqué les flux commerciaux.

La Chine fait face à un ralentissement de son économie, avec une moindre progression de la consommation, une production intérieure en progression et des prix à la consommation ont la hausse. Les États-Unis font face à une très forte décapitalisation et une baisse importante des mises en Feedlots en raison de la fermeture des frontières avec le Mexique (problèmes sanitaires avec la mouche de la viande). Avec l’épisode covid, les Américains ont découvert qu’ils pouvaient acheter du bœuf en grande surface et le préparer à leur goût, cela soutient la consommation et engendre une forte inflation des prix. La viande bovine n’a pas encore trouvé de prix à partir duquel le consommateur refuserait d’en acheter. C’est en revanche ce qui se passe en Europe et en France. Selon le dernier sondage Kantar, le bœuf français accuse une baisse de 9,3 % et la viande hachée fraîche recule aussi de 2,6 %. Cette tendance, qui était apparue dès fin 2025, avait entraîné une baisse des prix dans de nombreux pays de l’UE. La France a été plus longue à réagir, avec un coup d’arrêt donné par la guerre en Iran et la hausse des carburants.

Après plus de 25 ans de négociations, l’accord de libre-échange UE-Mercosur est entré en vigueur à titre provisoire le 1er mai 2026. Il vise à libéraliser les échanges agricoles entre l’UE et les pays sud-américains, avec des réductions progressives de droits de douane pour certaines catégories de produits. Dans le même temps, le Parlement européen et les États membres ont adopté des clauses de sauvegarde spécifiques pour protéger le secteur de la viande de bovins face aux importations sud-américaines, avec des procédures permettant d’activer des mesures tarifaires si les importations augmentent trop ou si les prix chutent de manière significative. Au même moment, un comité d’experts de l’UE a voté une interdiction des importations de viande brésilienne (et d’autres produits d’origine animale) à partir du 3 septembre 2026, invoquant le non-respect des règles européennes sur l’usage d’antimicrobiens en élevage (interdit en UE quand ils sont utilisés pour stimuler la croissance des animaux). Il y a un risque concret de blocage des exportations brésiliennes vers l’UE si le Brésil ne répond pas aux normes sanitaires européennes, ce qui pourrait contrebalancer l’ouverture commerciale.