Les robots de traite en manque... de bras

Les fabricants et installateurs de robots de traite s’inquiètent des difficultés à recruter des installateurs et techniciens de maintenance. Environ 300 postes sont à pourvoir rapidement.

Qui a dit que le robot était l’ennemi de l’emploi ? « Dans le domaine de la traite robotisée, les constructeurs ont plus de 300 postes à pourvoir, notamment dans les régions Poitou et Auvergne, déclare Nadia Mouri, responsable emploi et formation à Axema, le syndicat des industriels de l’agroéquipement. Sont notamment recherchés des installateurs et des techniciens de maintenance, avec un profil BTS ou licence professionnelle en systèmes automatisés, et bien évidemment en CDI ».

Selon Axema, de nombreux métiers sont en tension dans le secteur de l’agroéquipement mais ceux liés à la robotisation se posent avec une acuité particulière, notamment dans le secteur de la traite, dont la dynamique ne s’essouffle pas. « Pour le moment, il n’y a pas de risque d’altération du service rendu aux éleveurs, rassure Nadia Mouri. Mais les constructeurs sont dans l’anticipation ».

« Pour le moment, il n’y a pas de risque d’altération du service rendu aux éleveurs », rassure Nadia Mouri, responsable emploi et formation à Axema (Crédit photo : Axema)

Une installation sur cinq robotisée

Selon Axema, en 2020, dans le domaine de la traite, une installation sur cinq était robotisée. Le parc s’établit ainsi à 11.200 unités réparties entre 7.500 exploitations. Tous les constructeurs sont confrontés à la pénurie de main d’œuvre, que la pyramide des âges tend à accentuer. Par l’intermédiaire de l’Aprodema, l’association assurant la promotion des métiers de l’agroéquipement, les constructeurs tentent de sensibiliser élèves, étudiants et parents aux perspectives offertes par l’agroéquipement. Contrats d’alternance, recrutement à la source au sein des établissement dispensant les formations adaptées, présence dans les salons étudiants , grand public et professionnels... : la filière fait le maximum pour toucher un public pas naturellement acquis à sa cause, du fait de l’image ou de la distance sociale.

Des robots au grand air

Et pourtant, les technologies à l’œuvre et les perspectives de carrière gagneraient à être connues du plus grand nombre. « Au plan salarial, les employeurs ont mis en place des politiques attractives rivalisant avec celles des autres secteurs technologiques », poursuit Nadia Mouri. Qui plus est, à l’heure où le Covid a remis sur le devant de la scène la question de la souveraineté alimentaire, nos métiers sont porteurs de sens ». Les robots au grand air sauront-ils convaincre ?