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Vendredi 18/09/2026
« Les salons sont des lieux d'échanges importants pour le moral ». La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest
Après une année très éprouvante, les éleveurs ont besoin de se retrouver, et le SPACE est l’endroit idéal.
Conjoncture – Alors que le monde agricole va se retrouver sur les deux grands salons professionnels que sont le Space et le Sommet de l’élevage, les éleveurs regardent avec une certaine inquiétude les échéances à venir. Le premier sur la liste est l’état des stocks fourragés, qui vont inévitablement impacter les productions avec à la clé des ajustements de cheptel en essayant de préserver au maximum le productif. Le stockage de l’eau est au cœur des discussions, avec des excès hivernaux ou printaniers qu’il va falloir capter et stocker pour faire face à un dérèglement climatique qui va multiplier les épisodes extrêmes. Le sanitaire, est également sous haute surveillance, avec des maladies toujours en action, même si cette année a été relativement épargnée, notamment avec des plans de vaccination coûteux et chronophages, mais efficaces.
Même s’il y a de l’inquiétude, l’agriculture et l’élevage vont de l’avant, avec des éleveurs dynamiques et toujours à la recherche de solution. Ces dernières se trouvent peut-être sur les salons, mais ce sont surtout les échanges entre producteurs qui sont importants. La solidarité dans le monde agricole n’est pas un vain mot. Il suffit de voir leurs mobilisations lors d’événement climatique extrême comme les inondations ou les incendies de cet été. Les agriculteurs peuvent marcher la tête haute et les Français aiment pour cela. Il ne faut pas pour autant oublier les plus fragiles ou ceux qui ont beaucoup perdu cette année. Les cellules de soutiens des Chambres d’Agriculture sont en grande vigilance avec une progression des signalements.
Reste l’élément majeur qui régit toutes les productions que sont les prix de vente. Le secteur de l’élevage se remet doucement de la décroissance des prix après la bulle de 2025. Les fondamentaux restent les mêmes avec une offre globale qui s’amoindrit d’année en année, mais qui doit également faire face à une décroissance de la consommation (amplifiée cette année par des canicules à répétition). C’est toujours l’équilibre entre l’offre et la demande qui régit le marché, quelle que soit la production, même si la contractualisation d’une partie de la production cherche à en limiter les effets. Les industriels sont aux cœurs du système, l’an dernier ils ont subi une flambée sans précédent des prix, qu’ils ont réussi à répercuter non sans mal au secteur aval, mais les trésoreries ont été mises à mal avec une forte augmentation en besoins en fonds de roulement. Le renversement du marché a été brutal, avec les éléments que tout le monde a en tête (guerre en Iran, canicule, chute des ventes de steak-hache, entrée de viande brésilienne sur l’Italie…).
Durant cette période des stocks importants de viande ont été générés et congelés, à des prix qui ne sont plus en phase avec le marché actuel. Les opérateurs commerciaux ont également été obligés de respecter leurs engagements auprès des éleveurs ayant contractualisé leurs productions, avec des prix planché largement au-dessus du prix de marché. Ces stocks sont très pénalisants notamment pour le steak haché surgelé, car la rentrée n’a pas été suffisamment active pour désengorger les entrepôts frigorifiques. Les sorties de réformes laitières restent importantes pour les besoins du marché, mais ce qui est fortement ressenti par les industriels, c’est le recul de la qualité des animaux. Les sécheresses engendrent beaucoup de vaches P2 ou P1 d’engraissement avec des poids en baisse de plus de 20kg/animal par rapport à l’an passé. Il y a trop de minerai maigre sur le marché.
La tenue des deux grands salons professionnels sera une nouvelle fois l’occasion donnée aux différentes productions de montrer leur opposition à la rentrée de produits hors UE qui ne respecte pas les mêmes règles que celles exigées pour nous. L’arrêt des importations brésiliennes a été un soulagement, car en quelques mois les éleveurs ont pu mesurer l’impact que cela générait sur le marché. L’engorgement du marché des jeunes bovins, avec une Italie ouverte aux viandes sud-américaines, a été précurseur de la dégradation globale du marché européen avec des reports qui se sont faits dans de nombreux pays. Le système italien, avec une production plus intégrée qu’en France, a été fortement mis à mal. La vigilance reste de mise, car les accords internationaux courent toujours pour des acteurs qui œuvrent par servir un marché européen rémunérateur, quels que soit les produits.