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Vendredi 11/09/2026

« Trois petits degrés » et un avant-goût du climat de demain

Publié par Pleinchamp

[Edito] Les conditions climatiques de ces trois derniers mois correspondent à ce que sera un été « ordinaire » dans les décennies à venir. Face à cette réalité, les jeunes agriculteurs demandent au gouvernement des mesures à la hauteur des investissements nécessaires pour adapter leurs exploitations.

L’été 2026, le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures, s’est achevé avec une température moyenne supérieure de 3,6 °C par rapport à la normale climatique 1991-2020. « Seulement trois petits degrés ! », diront certains. Oui, trois degrés qui ont entraîné des conséquences dévastatrices : les végétaux ont brûlé, les prairies ont grillé, les volailles ont succombé, les bovins ont subi un stress thermique jamais connu auparavant, et les agriculteurs et agricultrices ont dû affronter des conditions de travail extrêmes.

Rappelons ici les trajectoires climatiques prévues en France pour le siècle à venir : +2,7°C d’ici 2050 et +4°C d’ici 2100. En juin et en juillet 2026, les températures ont été supérieures de 3,8°C en moyenne, nous plaçant dans les conditions climatiques qui « correspondraient à un été ordinaire dans une France à +4 °C », signale Météo-France dans son bilan climatique de l’été 2026.

Des disparités régionales marquées

La chaleur et la sécheresse ont touché toute la France, mais pour certaines régions, l'écart par rapport à la moyenne est considérable. Il en va ainsi des régions Pays de la Loire et Centre-Val-de-Loire, dont la température moyenne estivale a été en hausse de 4,1°C par rapport à la normale. Même constat pour le bilan hydrique : sur un axe allant du grand est au Massif central, plusieurs départements connaissent un déficit trois, quatre, voire cinq fois supérieur à la normale.

Une saison comme 2026, qualifiée aujourd’hui d’exceptionnelle, sera-t-elle la norme demain ? Ce qui est certain, c’est que les agriculteurs récemment installés connaîtront des saisons comparables, mais aussi plus chaudes et moins arrosées, au cours de leur carrière.

Adapter les exploitations : un défi majeur

Pour celles et ceux qui s’installent et qui devront adapter leurs exploitations au réchauffement climatique, l’équation est complexe. Même si l’année 2026 a donné le ton, quels autres chocs climatiques nous attendent dans les années à venir ? Les éleveurs doivent investir pour moderniser les bâtiments et faire face aux prochaines canicules, les arboriculteurs faire le pari des espèces qui seront compatibles avec le futur climat, les maraîchers se poser sérieusement la question de l’irrigation, les céréaliers se demander quelle(s) culture(s) seront rentables à l’avenir…

Le plan CASI d’un milliard d’euros présenté la semaine dernière par le gouvernement  a déçu l’ensemble de la profession. Selon Jeunes Agriculteurs, il « ne prévoit aucune réponse structurelle à la hauteur des enjeux ». Les JA se considèrent comme « les grands oubliés de ce plan alors même qu’ils disposent des trésoreries les plus fragiles et qu’ils portent les investissements les plus importants ». Le syndicat dénonce l’absence de mesures destinées à adapter les exploitations agricoles aux conséquences du changement climatique. « Où sont les financements pour adapter nos exploitations ? », demandent-ils.

Une demande que les JA ne manqueront pas de réitérer face à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, attendue aux Terres de Jim ce vendredi 11 septembre en Moselle, avant d’être reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 14 septembre. Le gouvernement a l'occasion de montrer qu'il a entendu le message.