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Vendredi 18/09/2026

Météo : « La France reste enfermée dans une séquence chaude et sèche ». La chronique de Nicolas Le Friant, expert météo

Publié par Pleinchamp

Après un été 2026 exceptionnellement chaud, marqué par trois vagues de chaleur et plusieurs épisodes caniculaires, la France aborde l’automne météorologique sans véritable rupture. Au 18 septembre, chaleur persistante, déficit pluviométrique et assèchement prononcé des sols composent un même tableau : celui d’une saison estivale qui se prolonge bien au-delà de son calendrier habituel.

En ce vendredi 18 septembre 2026, l’indicateur thermique national (ITN) affiche un excédent de 2,7°C par rapport à la normale climatique 1991-2020. Cette valeur, établie alors que le mois n’est qu’à peine entré dans sa seconde moitié, traduit une anomalie importante à l’échelle de la France. Elle ne résulte pas seulement de quelques après-midis très chauds : elle indique que la moyenne des températures quotidiennes, diurnes comme nocturnes, reste durablement élevée.

D’après nos dernières prévisions météorologiques, septembre 2026 pourrait s’achever avec une anomalie proche de +3,1/+3,3°C et une température moyenne nationale d’environ 20,6/20,8°C. Un tel niveau placerait potentiellement septembre 2026 juste derrière le record de septembre 2023, établi à 21,12°C, et au voisinage immédiat de septembre 1949, avec 20,67°C. Il sera ainsi sur le podium des mois de septembre les plus chauds, à la 2ème ou à la 3ème place.

Cette projection suffit néanmoins à souligner le caractère remarquable de ce mois de septembre. Après un été déjà hors norme, septembre ne joue pas son rôle habituel de transition franche vers l’automne. La baisse saisonnière de l’ensoleillement est bien engagée, mais elle ne se traduit pas encore par un refroidissement proportionnel.

Une dernière décade sous domination anticyclonique

La carte d’anomalies, issue du modèle ECMWF pour la période du 21 au 28 septembre 2026, renforce ce diagnostic. Elle place la France dans une zone à la fois plus chaude et plus sèche que la normale, tandis que les anomalies humides et fraîches se concentrent davantage sur le nord et l’est de l’Europe. Entre le vendredi 25 et le dimanche 27 septembre, nous pourrions ainsi dépasser les 30°C au nord de la France et les 35°C au sud !

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Cette configuration est typique d’un régime anticyclonique durable : subsidence de l’air, nébulosité limitée, faibles précipitations et fort ensoleillement. À cette période de l’année, les nuits plus longues peuvent favoriser des matinées plus fraîches, surtout dans les vallées et les campagnes. Mais en journée, le soleil encore suffisamment haut et la stabilité atmosphérique permettent aux températures de remonter rapidement.

Une persistance sèche et chaude envisagée jusqu’au début octobre

Cette tendance ne s’interrompt pas nécessairement au terme de septembre. Pour la période du 28 septembre au 5 octobre 2026, les projections moyennes du modèle européen ECMWF maintiennent la France dans des conditions plutôt anticycloniques, avec un déficit pluviométrique et des températures toujours supérieures aux valeurs de saison, même si l’anomalie semble moins marquée.

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Ce prolongement, s’il se confirmait, retarderait davantage la recharge automnale des sols superficiels. Il convient toutefois de conserver une lecture probabiliste : à cette échéance, cette carte renseigne sur une anomalie moyenne de circulation et non sur la météo précise de chaque département ou de chaque journée. Des fronts océaniques peu actifs et/ou des nuits fraîches restent donc possibles, sans remettre en cause la tendance d’ensemble.

Des sols superficiels à un niveau critique

Le signal le plus préoccupant concerne l’humidité des sols superficiels. Le graphique national du SWI (Soil Wetness Index), calculé par le modèle SIM2 de Météo-France, montre qu’en 2026 la courbe plonge sous la médiane dès le printemps, puis rejoint des niveaux exceptionnellement bas au cœur de l’été. À la mi-septembre, l’indice demeure proche de la zone des records secs et très loin de la médiane 1991-2020.

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Le contraste avec le cycle climatologique est majeur. Normalement, les sols commencent progressivement à se réhumidifier à la fin de l’été, à mesure que l’évapotranspiration diminue et que les perturbations atlantiques redeviennent plus fréquentes. Nous avions pu observer ce phénomène en septembre 2025. En 2026, cette reprise n’est pas encore en place. La chaleur maintient une demande évaporative élevée, tandis que l’absence de pluies significatives empêche la recharge de la couche superficielle.

Cette sécheresse des sols ne doit pas être confondue avec l’état des nappes phréatiques, qui répond à des mécanismes plus lents. Elle entraîne cependant des conséquences immédiates : stress pour la végétation, besoins d’irrigation persistants, vulnérabilité accrue aux feux et moindre capacité des sols à atténuer les fortes températures par évaporation.

Une saison chaude qui gagne du terrain

L’impression d’un été commencé dès mai et prolongé jusqu’à la fin septembre correspond à une séquence, de près de 5 mois, dominée par des conditions estivales. Un épisode isolé ne suffit pas, à lui seul, à démontrer le changement climatique. En revanche, la répétition d’étés plus longs, l’augmentation de la fréquence des fortes chaleurs et le recul des périodes fraîches de transition sont pleinement cohérents avec les effets attendus du réchauffement anthropique.

Le point essentiel est moins la disparition de l’automne que son décalage thermique. Les journées raccourcissent toujours au même rythme astronomique, mais l’atmosphère évolue sur une base plus chaude. Les régimes anticycloniques de fin d’été peuvent alors produire des températures plus élevées qu’autrefois et prolonger l’assèchement des sols.

Septembre 2026 pourrait ainsi devenir un nouvel exemple marquant de cette transformation : la continuité d’une saison chaude commencée précocement, amplifiée par la sécheresse et prolongée jusque dans l’automne météorologique, débutant le 1er septembre. Le bilan définitif dépendra des derniers jours du mois.

À ce stade, le signal est déjà clair : la transition saisonnière est tardive, et la France reste enfermée dans une séquence durablement chaude et sèche.