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Vendredi 31/07/2026

Météo : quelles sont les prévisions pour août 2026 ? La chronique de Nicolas Le Friant, expert météo

Publié par Pleinchamp

Une troisième vague de chaleur est en cours, moins intense que les deux précédentes à l’échelle nationale, mais potentiellement assez durable dans les régions du centre-est notamment.

Avant d’établir les prévisions pour la première décade du mois d’août 2026, voici quelques chiffres clés prouvant, s’il le fallait encore, que cette année 2026 est d’ores et déjà hors normes.

  • 1er semestre 2026, de janvier à juin, le plus chaud en France avec une moyenne de 13,26°C (+2,5°C) devant 2025 et 2020 (12,5°C) ;
  • Juin 2026 le plus chaud, avec une température moyenne de 22,75°C (+3,8°C par rapport à la normale climatique 1991-2020), devant juin 2003 (22,51°C et juin 2025 (22,21°C) ;
  • Juillet 2026 le plus chaud devant juillet 2006 (24,42°C) et 1983 (23,43°C) avec une température moyenne de 24,8°C soit un excédent thermique de l’ordre de 3,7°C) ;
  • En conséquence, les 2 premiers mois de l’été 2026 (juin et juillet) sont les plus chauds jamais observés en France loin devant 2003 et 2022 ;
  • Nous en sommes déjà à 4 canicules depuis la dernière décade de mai 2026 et nous avons vécu l’épisode caniculaire le plus intense en juin 2026 ;
  • L’humidité des sols est à un niveau record très bas devant les années 2022 et 1976 (cf. carte ci-dessous) ;
  • Les surfaces incendiées, à la date du 27 juillet 2026, sont déjà de 116 085 ha contre 66 300 ha pour l’année 2022 et 36 951 ha, en 2025 (Source : Ministère de l’Intérieur).
Evolution de l’humidité des sols en 2026. (Source : Météo France)

Vigilance canicule en cours

Après la journée du mercredi 29 juillet 2026 qui fut extrêmement chaude avec de très nombreux records mensuels (au total de 77) et même absolus en Aquitaine (pour un total de 8) où nous avons observé jusqu'à près de 43°C (42,8°C à Captieux, Gironde), nous sommes toujours en vague de chaleur et en canicule sur le centre est du pays. Néanmoins, contrairement aux deux précédentes, cette 3ème vague de chaleur sera moins intense mais tout de même durable en moyenne sur la France.

Pourquoi ne s’agit-il pas d’un « dôme de chaleur » ?

L’expression de « dôme de chaleur » ne décrit pas correctement la configuration actuelle. La France se trouve plutôt en bordure occidentale d’une dorsale subtropicale qui s’étire de l’Afrique du Nord vers l’Europe centrale. Cette dorsale canalise un flux de sud-ouest très chaud vers le pays, sans pour autant enfermer durablement l’ensemble du territoire sous une masse d’air totalement immobile.

La nuance est importante : la position périphérique de la France permet à de l’air moins chaud d’origine océanique de s’infiltrer périodiquement par l’ouest. Ces incursions expliquent à la fois la baisse rapide observée sur la façade atlantique, le maintien de fortes chaleurs plus à l’est et le caractère parfois orageux de la transition.

Il s’agit donc moins d’une chaleur uniformément bloquée que d’un rapport de force entre la dorsale subtropicale et les influences atlantiques. C’est précisément ce mécanisme qui rend la vague de chaleur moins intense que les deux précédentes à l’échelle nationale, mais potentiellement assez durable dans les régions du centre-est notamment.

Quelles sont les prévisions/tendances de cette 1ère quinzaine d’août 2026 ?

Cette première quinzaine d’août s’annonce très changeante, sous l’influence dominante d’un flux d’ouest à sud-ouest. Cette configuration favorisera une alternance entre périodes chaudes/sèches, et épisodes orageux, parfois marqués. La 3ème vague de chaleur s’annonce durable.


Le week-end du 1er et 2 août devrait être plus stable et très chaud, notamment au sud de la Loire. Des températures de 33 à 40°C sont possibles dimanche dans le Sud (basse vallée du Rhône et Tarn), tandis que le Nord sera plus tempéré.

Le lundi 3 août, soleil et chaleur puis de forts orages pourraient concerner un axe allant des Pyrénées au Nord-Est, via le Massif central entre la fin d’après-midi et la soirée.

Une légère baisse du mercure est envisagé le mardi 4 août, avec un risque orageux sur les reliefs mais aussi sur la moitié Nord.

Une nouvelle poussée de chaleur est possible les mercredi 5 et jeudi 6 août, surtout sur le Sud et l’Est, avant des orages sur les reliefs et par la Bretagne jeudi après-midi.

Les vendredi 7 et samedi 8 août, une ambiance plus respirable pourrait revenir sur la moitié ouest, tandis que la chaleur résisterait au Sud-Est. L’instabilité et donc les orages et les averses seront très fréquents.

Entre le dimanche 9 et le jeudi 13 août, un regain de très fortes chaleurs reste probable sur la moitié sud, avec localement 35 à 40°C en liaison avec le retour possible de conditions anticycloniques.

À partir du vendredi 14 août, le retour d’un flux d’ouest à sud-ouest pourrait ramener instabilité, lourdeur et orages.
En résumé, la tendance générale privilégie donc des conditions météorologiques d’alternance, souvent chaud et orageux, sans installation d’un dôme de chaleur.

Combien de temps faut-il pour revoir la forêt des Landes régénérée ?

Dès la première ou les premières années, une végétation pionnière peut recoloniser le sol brûlé ; des semis de pins peuvent aussi apparaître si les conditions sont favorables.

Après plusieurs années, les jeunes arbres commencent à former un nouveau peuplement, mais celui-ci reste vulnérable à la sécheresse, à la concurrence des herbacées, aux ravageurs et à de nouveaux feux.

Pour un retour à un peuplement forestier mature et exploitable, il faut raisonner à l’échelle d’une rotation sylvicole : le CNPF illustre la productivité du pin maritime sur un horizon de 50 ans. Dans une gestion forestière classique, une durée de l’ordre de plusieurs décennies - fréquemment autour de 35 à 50 ans selon les objectifs et les conditions locales - est donc nécessaire avant de retrouver un peuplement apte à fournir du bois d’œuvre.