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Mardi 01/09/2026
Météo : quelles sont les prévisions pour septembre 2026 ? La chronique de Nicolas Le Friant, expert météo
Les premiers jours du mois vont être marqués par un nouvel épisode de chaleur sur une grande partie du pays. La première quinzaine de septembre s’annonce déficitaire en termes de précipitations et excédentaire pour les températures.
L’été 2026 apparaît comme un jalon climatique exceptionnel à l’échelle de la France. Avec une température moyenne de 24,01°C, il devance très nettement l’été 2003 (23,18°C) et l’été 2022 (22,69°C). L’écart atteint ainsi 0,83°C avec 2003, référence historique des étés caniculaires en France. Sur les 92 jours de la saison estivale (du 1er juin au 31 août), seuls 6 ont été sous les normales climatiques : une domination chaude quasi-continue.
Cette singularité s’est dessinée dès juin, avec une succession de journées remarquables. Le 24 juin 2026, la moyenne nationale a atteint 30,1°C, sommet du palmarès des journées les plus chaudes observées en France. Juillet a ensuite prolongé l’anomalie avec 24,85°C de moyenne, soit +3,7°C par rapport à la normale climatique. Ce mois d’août 2026 (24,38°C) se place juste derrière août 2003 (24,88°C), mais devant août 2022 (23,68°C).
Du 1er janvier au 31 août, la moyenne nationale de 16,16°C place ainsi 2026 loin devant 2022 (15,15°C) et 2025 (14,98°C), confirmant une année hors norme.
Que nous réserve ce début d’automne 2026 ?
Ce jour de rentrée scolaire marque aussi l’entrée dans l’automne météorologique. Pourtant, le changement de saison ne signera pas immédiatement la fin des fortes chaleurs.
Un nouvel épisode de chaleur va en effet gagner une grande partie du pays dans les prochains jours. La moitié sud sera la première concernée par cette poussée très/trop estivale.
Mercredi 2 septembre, les hautes pressions s’étendront du golfe de Gascogne jusqu’aux régions de l’est. Cette configuration favorisera une ambiance franchement estivale sur la moitié sud. Seuls les reliefs pourront voir se développer quelques nuages d’évolution en cours d’après-midi. La Bretagne, le Cotentin, le nord et le nord-est seront davantage exposés à un ciel changeant. De rares ondées y resteront possibles sous les cumulus les plus développés. Les températures maximales atteindront les 31/32°C dans les plaines du sud-ouest ainsi qu’en vallée du Rhône. Près de la Méditerranée, les 34/36°C seront être régulièrement atteints. A l’échelle du pays, les températures progresseront d’1 degré en moyenne et passeront ainsi 4 degrés au-dessus des normales climatiques.
Jeudi 3 septembre, le contraste entre le nord-ouest et le sud devrait encore s’accentuer. En effet, des nuages plus nombreux circuleront de la Bretagne aux Hauts-de-France. Quelques pluies intermittentes seraient possibles près de la Manche. Le vent de sud-ouest se renforcera sur la côte d’Opale et le Nord-Pas-de-Calais, à 50/60 km/h en rafales. Ailleurs, le soleil s’imposera très largement. Quelques averses isolées seront envisageables l’après-midi sur les Pyrénées, les Alpes du Sud et la Corse. Le Mistral et la Tramontane souffleront en rafales autour de 40 à 50 km/h. Les températures gagneront environ 2 degrés supplémentaires, se situant 6 degrés au-delà des normales climatiques. Il fera jusqu’à 31/32°C au Nord et 37/38°C au Sud.
Vendredi 4 septembre, la même répartition se maintiendra entre un nord-ouest plus nuageux et le reste du pays très ensoleillé. Le flux d’ouest à sud-ouest véhiculera quelques gouttes vers les régions côtières de la Manche. Ailleurs, l’ensoleillement permettra au mercure de s’envoler avec jusqu’à 33/34°C au nord et des pointes probables à 40°C dans le sud-ouest et dans l’intérieur des terres méditerranéennes. Des records mensuels de températures seront donc de nouveau tout à fait probables ! Les températures se situeront 8 degrés au-dessus des normales climatiques.
Samedi 5 septembre, malgré la persistance des hautes pressions sur la France, un front viendra perdre de son activité sur les régions situées au nord de la Loire où le ciel sera assez nuageux avec peut-être de rares pluies au nord de la Seine. En conséquence, les températures baisseront quelque peu, tout en restant tout de même estivales (23 à 30°C). Plus au sud, pas de changement avec du soleil et de très/trop fortes chaleurs. En effet, il fera régulièrement de 35 à 40°C et pourquoi pas davantage (41/42°C) entre l’Aquitaine et le midi-toulousain. Cette possibilité devra toutefois être confirmée, car l’ampleur exacte du pic reste incertaine.
La fiabilité des prévisions décline fortement à cette échéance.
Dimanche 6 septembre, l'anticyclone pourrait se décaler vers l'Europe centrale, ce qui permettrait à un front océanique de se rapprocher du Golfe de Gascogne. En conséquence, à l'avant de ce front, l'instabilité pourrait se développer des Pyrénées à la Belgique en cours de journée, avec donc le retour des orages. Résultat, sur les régions de l'ouest, les températures seront en baisse alors qu'il continuera de faire très chaud partout ailleurs. Néanmoins, certains scénarii envisagent la persistance de l’anticyclone et, ainsi, du soleil et des très fortes chaleurs sur quasiment l’ensemble du pays.
Si le scénario de la persistance des fortes chaleurs se confirmait, alors nous pourrions vivre la 4ème vague de chaleur à l’échelle du pays de cette année 2026, débutant le 3 ou le 4 septembre. En effet, nous pourrions relever un Indicateur Thermique National supérieur à 23,4°C pendant, au minimum, 3 jours de suite…
L’automne 2026 débute donc sous le signe d’un été tardif, avec un retour des fortes chaleurs remarquables à surveiller de très près.
Quelle est la tendance jusqu’à la mi-septembre ?
La fiabilité de cette tendance est nettement plus importante côté température, alors qu'elle l’est nettement moins au niveau des précipitations. En effet, il est quasi-certain que jusqu'à la mi-septembre, les températures restent élevées pour la saison du fait de la persistance d'un vent généralement orienté au sud ou au sud-ouest. En revanche, côté précipitation, il sera possible que les hautes pressions se retranchent quelque peu et nous pourrions dès lors observer davantage de précipitations, plutôt sous forme d’averses et/ou d’orages. Néanmoins, il n'y a pas de signe de précipitations excédentaires à l’échelle du pays entre le 10 et le 15 septembre, ce qui fait que nous devrions observer une première quinzaine de septembre déficitaire en termes de précipitations et excédentaire pour les températures.


