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Lundi 24/08/2026
Sécheresse 2026 : « Les nouveaux silos à maïs, j’ai peut-être prévu un peu grand »
[Reportage] À Greux (Vosges), Martin Diez a fait pousser deux silos de 960 m3 l’unité pour stocker son maïs. Car le retour de l’autochargeuse, après 20 ans d’enrubannage, oblige à repousser les murs. Sauf que les ensilages 2026 risquent de ne pas faire long feu et les silos rapidement sonner le creux.
« Là, y a 40 mètres par 20 mètres et 2 mètres de hauteur, ça fait 960m3, donc au total un petit 2000 m3 ». Ce jeudi 13 août, Martin Diez réceptionne les éléments de béton en U qui vont façonner ses futurs silos à maïs. « J’ai peut-être prévu un peu grand » réagit l’éleveur de 27 ans, comme un peu surpris par l’envergure de la plateforme désormais bornée par ses éléments en béton de plus de 7 tonnes l’unité, sans compter la terre de remblais remplissant le U.
On est alors quasiment à la veille du début des ensilages et l’éleveur, associé à ses parents Sophie et François dans le Gaec de Bermont, n’est pas mécontent de disposer de ses nouvelles capacités de stockage. Y a plus qu’à faire le plein entre les trois rangées de U.
Mais dans l’ouest vosgien comme dans toute la France ensileuse ou presque, le maïs a dû frayer ses pivots dans le béton en cette année-type 2050. Et avec des graviers en guise de pollen, la qualité ne compensera pas la quantité. « Une année moyenne, on produit entre 14 et 15t de matière sèche à l’ha mais cette année, je n’attends pas plus de 8 à 9t/ha ».
Si des blocs de béton prennent place à proximité de la stabulation, François Diez rêve quant à lui de faire sauter les murs de béton qui enserrent les travées de la stabul, murs que lui et son épouse ont érigés, à la force de leurs bras, il y a plus de 30 ans. Pour protéger les bêtes du froid.
En 2026, ces mêmes murs font suffoquer les 110 vaches du Gaec. « Les animaux sont en souffrance », se désole l’éleveur. Il faudra plusieurs mois pour qu’elles s’en remettent, car souvent, c’est après la canicule que les problèmes apparaissent. Et puis nous sans les vaches, le métier ne nous intéresse même pas ».
Depuis plusieurs années, le Gaec a plutôt fait preuve d’anticipation et n’a pas ménagé ses efforts pour améliorer le confort des animaux : rideau brise-vent de 65 mètres de long d’un côté de la stabulation, gros ventilateurs, brumisateurs, logettes matelassées… Ce qui n’a pas empêché la production de refluer d’environ 5 litres par vache et par jours depuis le début de l’épisode caniculaire.
C’est l’autre dommage majeur avec l'hypothèque sur les fourrages. « Chaque année, on implante entre 5 et 6 ha de betterave fourragère, poursuit François Diez. Cela fait des volumes énormes. Mais cette année, elles ont levé et puis elles ont crevé ».
Pour parer, le Gaec a aussi passé commande de 150t de pulpes de betterave et prévoit d’en racheter 100t supplémentaires pour tenir une production d’un peu plus d’un million de litres de lait, livrés à la coopérative l’Ermitage à Bulgnéville (Vosges). Il y également des patates. Et les éleveurs ont ressemé du maïs derrière les betteraves mort-nées.
Du maïs à 8 ou 9tMS/ha donc, contre 18 à 19tMS/ha en 2025, une année record, à telle enseigne que le Gaec en a récolté une partie en grain. Ce n’est pas seule justification des nouveaux silos. En 2024, le Gaec a investi dans une autochargeuse d’occasion pour mettre fin à la pratique de l’enrubannage.
D’où l’investissement dans les nouveaux silos. « Mon grand-père a eu une autochargeuse jusqu’en 2003, témoigne Martin Diez. Puis on est passé à l’enrubanneuse pendant 20 ans. Beaucoup de plastique, peu de débit de chantier, la presse à changer tous les 5 ans… L’autochargeuse, c’est le top à tous les niveaux, en débit, en organisation, c’est facile à désiler. Sans parler de la qualité avec des brins de 2,2 cm ».
La qualité, ce n’est pas un vain mot pour le Gaec. Pour les nouveaux silos à maïs, le jeune éleveur a choisi un système de couverture et de sanglage performant. « Je vais gagner trois semaines supplémentaires en conservation », devise Martin Diez. Mais faudra sans doute attendre 2027 pour capitaliser ce bénéfice car les ensilages 2026 risquent de ne pas faire long feu.







