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Mardi 25/08/2026

Orthobunyavirus sur bovins : un impact clinique faible mais sujet à devenir significatif

Publié par Pleinchamp

Une équipe ENVT-INRAE a mis en évidence la présence d’un nouvel Orthobunyavirus de type Shamonda, jusqu’ici inconnu, dans de très nombreux élevages laitiers en France, en Suisse et en Allemagne. Transmis par des moucherons du genre Culicoides, la maladie se manifeste par des diarrhées aigües et pourrait engendrer des avortements.

Depuis le début de cet été caniculaire, plusieurs cas de vaches présentant des diarrhées aigües ont été observés dans des élevage de l’Est de la France, en particulier le Doubs, l’Ain, les deux Savoie, avant de gagner la Normandie. Des cas ont également été identifiés dans le sud de l’Allemagne et en Suisse. Les remontées terrain ont montré que les diarrhées aigües étaient associées à un syndrome plus large impliquant fièvre, abattement et perte de production.

Un nouveau virus apparenté au virus Schmallenberg

L’analyse bioinformatique réalisée par une équipe ENVT-INRAE a révélé des séquences d’Orthobunyavirus, proches des virus de Schallenberg, Shamonda et Akabane. Ces virus qui infectent les ruminants sont transmis principalement par des moucherons du genre Culicoides. Selon l’INRAE, la rapidité de cette émergence apparaît liée aux conditions climatiques favorables aux insectes vecteurs.

Chez les bovins adultes, les Orthobunyavirus peuvent provoquer un syndrome aigu, mais généralement transitoire, avec fièvre, abattement et baisse de production. « L’impact principal pourrait concerner les vaches infectées pendant leur gestation, susceptibles d’avorter ou d’avoir des veaux malformés », indique l’institut de recherche.

Test PCR

Un test moléculaire de type PCR, spécifique de ce nouveau virus, a été tout d'abord développé par l'unité IHAP (INRAE-ENVT). Il a permis d'assurer en urgence les analyses sur les premières suspicions : plusieurs centaines de prélèvements, en provenance de la France entière, ont ainsi été traités au laboratoire, en lien avec le réseau des laboratoires publics (ADILVA).

En parallèle, avec l'appui des chercheurs, les principales entreprises françaises du diagnostic vétérinaire ont développé très rapidement des kits PCR commerciaux qui ont pu être mis à disposition des laboratoires publics en seulement 2 semaines après la découverte du virus. « L’émergence de ce virus a pu être détectée très rapidement grâce à la collaboration étroite entre vétérinaires praticiens, laboratoires départementaux, équipes de recherche, plateformes de diagnostic et services et agences de l’État, souligne l’INRAE. Cette mobilisation collective permettra de mieux caractériser l’épisode en cours, de suivre son extension, d’évaluer les conséquences sanitaires et proposer au plus vite des solutions pour maîtriser ce nouveau virus ».

Cette maladie n’est actuellement pas réglementée aux niveaux français, européen et international. A ce stade, rien n’indique qu’elle puisse infecter l’humain.