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Lundi 12/10/2026

Pac 2028-2034 : vers un copié-collé pour l’ICHN et un même son de cloche Conf’, CR, FNSEA ?

Publié par Pleinchamp

La Commission européenne semble plutôt bien intentionnée à l’égard de l’élevage en général et de l’élevage dans les zones de montagne et les territoires défavorisés en particulier, dont l’Indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) constitue le cœur névralgique. Au point de faire l’unanimité auprès des syndicats, à quelques réserves près.

« Pour les zones de montagne et les zones difficiles, nous maintenons l’indemnité compensatoire et nous leur donnons la priorité dans la répartition des aides ». Tel est le message (vidéo) que Christophe Hansen, commissaire européen à l’Agriculture et à l’alimentation, a adressé aux éleveurs français au cours d’une conférence au Sommet de l’élevage et consacrée au devenir de l’élevage en général dans les orientations de la Pac post-2027, et de l’élevage dans les zones de montagne et les territoires défavorisés en particulier.

« Je vous le dis clairement, l’élevage compte pour l’Europe, il représente 40% de la valeur ajoutée agricole de l’Europe, 400 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 7 millions d’emplois », a encore affirmé le commissaire évoquant la « toute première stratégie européenne pour l’élevage » adoptée en juillet dernier ou encore l’ambition de « porter le soutien couplé de 13% à 20% avec 5% supplémentaire possibles » pour les aides animales.

Changement de pied de la Commission, satisfecit des syndicats

« Là, on a vraiment un plan de de soutien à l’élevage », s’est félicité Yannick Fialip, éleveur en Haute-Loire et président de la Commission économique de la FNSEA. « Il y a 5 ou 10 ans, quand la Commission a dit qu’il y avait trop d’élevage, elle a envoyé le message, à nos éleveurs et à nos jeunes en formation, que l’élevage n’était pas un métier d’avenir et elle a jeté le doute chez nos clients à l’étranger ».

Yannick Fialip, éleveur en Haute-Loire et président de la Commission économique de la FNSEA © R. Lecocq
Yannick Fialip, éleveur en Haute-Loire et président de la Commission économique de la FNSEA © R. Lecocq

La FNSEA plaide également pour un renforcement des aides couplées à hauteur du maximum permis par la Commission, soit 25% contre 15% mis en œuvre par la France. Ce qui, selon, Yannick Fialip, attendu que « la Commission met en avant la polyculture-élevage », répondrait aussi à « la problématique de remettre plus d’élevage en plaine », qu’il s’agisse de ruminants ou de monogastriques.

Stanislas Motte , éleveur dans les Hautes-Alpes, membre du comité directeur de la Coordination rurale © R. Lecocq
Stanislas Motte , éleveur dans les Hautes-Alpes, membre du comité directeur de la Coordination rurale © R. Lecocq

De son côté, la Coordination rurale pourrait se satisfaire d’un « copié-collé » entre la programmation Pac en cours et la prochain, « même si on en veut toujours un peu plus », déclare Stanislas Motte, éleveur dans les Hautes-Alpes, membre du comité directeur du syndicat.

A la Confédération paysanne, Samuel Marguet, éleveur dans les Hautes-Pyrénées et membre du comité national, estime que l’ICHN constituée « l’aide la plus appropriée » dans les territoires concernés. Mais la Conf’ attend cependant autre chose qu’un statu quo. Elle attend beaucoup du futur Dabis (Degressive Area-Based Income Support), mécanisme se substituant aux paiements directs actuels et reposant sur une aide toujours surfacique mais dégressive, plafonnée et ciblée, en vue d’en finir avec le système « sclérosant » des DPB dans les zones collectives et qui aboutit à un « sous-chargement » en animaux.

Samuel Marguet, éleveur dans les Hautes-Pyrénées et membre du comité national de la Confédération paysanne © R. Lecocq
Samuel Marguet, éleveur dans les Hautes-Pyrénées et membre du comité national de la Confédération paysanne © R. Lecocq

Pour le syndicat, le plafonnement généralisé des aides est le meilleur allié de l’installation. « Dans les Hautes-Pyrénées, 85% des installations sont réalisés en montagne », déclare Samuel Marguet. La Conf’ plaide par ailleurs pour l’instauration d’une aide à l’herbe en zone de plaine visant à réintroduire l’élevage dans les systèmes, une proposition qu’elle devrait étayer dans les semaines et mois à venir.

Même son de cloche sur le budget de la Pac

Les syndicats se rejoignent sur la défense du budget global de la Pac car nul doute qu’une décote de 13% comme annoncé par par l’UE pourrait impacter les zones défavorisées. Au Sommet de l’élevage, la ministre de l’Agriculture a répété que « pas un centime » ne devrait manquer. « Avoir une enveloppe préservée pour la Pac fera sans doute partie des conditions nécessaires pour que la France  donne son accord sur le futur budget de l’Union euroépenne », a déclaré Annie Genevard.