Porc : des prix sous les coûts de production

Après avoir culminé au mois de juin, les prix moyens du porc français se sont repliés en juillet et s’établissent désormais sous la barre des 1,35€/kg. Des prix qui se situent en dessous des coûts de production pour la quasi-totalité des éleveurs, au regard de l’envolée des cours des matières premières.

Jusque fin juin 2021, les cours du porc se sont redressés fortement, atteignant 1,72€/carcasse à leur plus haut niveau. « En juin, les exportations européennes de viande, graisses et abats porcins vers la Chine ont reculé de 25,6% sur un an, accroissant les disponibilités sur le marché européen », indique le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) dans une note le 30 août. L’Espagne et les Pays-Bas ont été particulièrement concernées par ce repli (contrairement à la France et au Danemark). Toutefois, explique l’Agreste, la pression sur les cours du porc s’est également exercée en France en juillet (-15cts d’€/kg sur un mois), de manière inhabituelle compte tenu de la baisse saisonnière de l’offre porcine. Depuis, le prix du marché du porc breton demeure stable à 1,345 €/kgc, et ce, pour la dixième semaine consécutive.

Perte de 20 euros par porc

Dans un communiqué de presse, les FNSEA Bretagne et Pays de la Loire estiment que la chute des prix du porc et la hausse des cours des céréales et protéines depuis la mi-juin engendrent une perte pour les éleveurs de 20 euros par porc sorti. « Comment, dans ces conditions très dégradées, les éleveurs pourraient-ils envisager l’avenir et continuer à monter en gamme pour répondre aux attentes sociétales et réglementaires ? », se demandent les fédérations. Elles enjoignent tous les maillons de la filière à se servir des indicateurs de coût de production interprofessionnels et à privilégier le porc français au maximum.