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Mercredi 26/08/2026
Shamonda-Europe : au moins un cas dans le Cantal
Un premier foyer de ce nouveau virus apparu cet été en Suisse, Allemagne et Savoie a été confirmé dans le département. Contamination, symptômes, prévention... décryptage à date du GDS 15.
Informer sans affoler : c’est avec cet état d’esprit que le GDS du Cantal a souhaité communiquer sur le virus shamonda-Europe (initialement appelé Simbu), un nouveau virus apparu cet été simultanément dans les Savoies, en Suisse et dans l’Est de l’Allemagne dans des élevages bovins(1). Un virus dont un premier foyer a été confirmé il y a dix jours dans le Cantal. “Des informations à date”, précise Frédéric Aymar, directeur du groupement de défense sanitaire, puisque les données récoltées vont venir alimenter au fur et à mesure les connaissances scientifiques. Le GDS 15 va ainsi actualiser la communication sur son site internet a minima une fois par jour avec des “informations fiables”.
Que sait-on de ce virus de la famille des orthobunyavirus, dont fait partie le virus de Schmallenberg qui a circulé en 2011 dans les élevages français ?
Les culicoïdes vecteurs La contamination se fait, comme pour la FCO, par des insectes très légers, les culicoïdes portés par le vent, expliquant une diffusion en tache d’huile ; ainsi que par les mouvements d’animaux.
Y a-t-il un lien entre ce virus et la vaccination contre la DNC ? Aucun, la Suisse comme l’Allemagne n’ont pas vacciné contre la dermatose nodulaire contagieuse et sont pourtant concernées.
Combien de cas dans le Cantal ? Au moins un ; des suspicions sont en cours d’analyse sur les secteurs de Massiac, Saint-Flour, Saint-Paul-des-Landes, Laroquebrou, Polminhac, Bort-les-Orgues.
Quels sont les animaux touchés ? À ce jour, il y a davantage d’ateliers laitiers diagnostiqués positifs, sachant que c’est là où la surveillance est la plus fine via le lait de tank. “Ça a l’air de toucher davantage les bovins adultes, relève Justine Gaudré, vétérinaire conseil du GDS. Les jeunes pourraient être des porteurs sains, mais cela demande à être confirmé par des recherches.” Des ovins ont par ailleurs été dépistés porteurs sains en Wallonie.
Avec quelle ampleur ? Le taux de morbidité (d’animaux malades) est important : la première semaine, un tiers du troupeau peut être touché, et ce ratio peut augmenter dans les semaines suivantes (jusqu’à 70 %).
Fièvre, baisse de production, diarrhées
Quels sont les symptômes ? La majorité des bovins présentent de la fièvre, une baisse - voire une perte complète - d’appétit, un état nonchalant et une chute de production laitière qui peut être marquée. Ces symptômes peuvent être accompagnés de diarrhées (pas systématiques, seuls 20 % des animaux dans le cas cantalien), plus ou moins sévères (jusqu’à des diarrhées en eau).
En matière de reproduction, le laboratoire toulousain de recherche et d’analyses a reçu de nombreux avortons au stade de gestation, dans l’encéphale desquels le virus était présent. “La seule conclusion que l’on puisse en tirer est que le virus peut passer au niveau placentaire jusqu’au veau in utero. Mais il y a d’autres causes d’avortements possibles”, précise la vétérinaire. Cette dernière conseille de surveiller les femelles gestantes et les naissances dans les mois à venir. Outre des avortements, une infection pendant la gestation pourrait entraîner des malformations congénitales chez les veaux. Il est aussi rappelé que la déclaration des avortements est obligatoire et qu’indépendamment, c’est une opportunité de rechercher leur origine.
Qu’en est-il de l’impact potentiel sur la fertilité ?
Il est trop tôt pour répondre. “Il faut surveiller et noter tout ce qui est retour de chaleurs, échecs d’insémination...”
Pas de restrictions de mouvements
Quel est le statut de la maladie ? Elle n’est pas réglementée (ni dans le cadre français ni européen) et ne donne pas lieu à des mesures de gestion sanitaire obligatoires ni à des restrictions de mouvements d’animaux intra-nationales ou intra-européennes. Aucune mesure de police sanitaire n’est donc prévue à date.
Quels sont les traitements ?
Il n’y a pas de traitement antiviral spécifique, on va donc agir sur les symptômes visibles pour soulager les animaux. D’abord en apportant rapidement des anti-inflammatoires aux animaux fiévreux (attention, pas de cortisone aux vaches gestantes), ce qui demande de prendre quotidiennement leur température. “Le recours aux anti-inflammatoires semble limiter la perte de production sur le long terme en permettant un retour quasi normal, voire normal, en quelques jours ou semaines”, indique Justine Gaudré. Ensuite, le traitement se fera au cas par cas, toujours en lien avec le vétérinaire : plâtre digestif en cas de diarrhées profuses, sachets de nutrition, drenchage pour la réhydratation...
Quid de la prévention ?
Ce virus étant tout nouveau, il n’existe pas de vaccin à ce jour.
- Si des cas commencent à apparaître dans un élevage, le GDS recommande de désinsectiser - toujours de manière raisonnée - les animaux malades afin d’éviter que des culicoïdes se contaminent et diffusent le virus dans le cheptel ; d’éviter le mélange d’animaux d’un lot à l’autre et de désinsectiser également les animaux réintroduits (par exemple de retour d’estive) en veillant au respect des délais d’attente et des doses (en production laitière et pour les bovins destinés à la boucherie).
Désinsectisation raisonnée
- Pour les élevages qui ne sont pas touchés : la prévention est commune avec celle contre la FCO. Dans l’idéal, il est préconisé de rentrer les animaux au moins au lever et au coucher du soleil, périodes où les culicoïdes sont les plus actifs. L’utilisation de ventilateurs dans les bâtiments permet également de limiter l’exposition aux insectes. La désinsectisation est à envisager au cas par cas pour les animaux qui se déplacent : descente d’estives, rassemblements, vente/achat, mélange de lots. Nettoyage et désinfection après chaque utilisation et désinsectisation en amont des moyens de transport et du petit matériel sont également de mise.
Comme pour la FCO, il faut en outre limiter les sites de ponte des culicoïdes autour des lieux de vie des bovins (eaux stagnantes dans les pneus, les seaux,...) de même que la proximité avec la matière organique (tas de fumier,...).
Enfin, il faut veiller à un bon état général des animaux (ration équilibrée, accès à l’eau sans concurrence...) pour assurer une bonne immunité.
(1) Et des suspicions sont également en cours d’analyse aux Pays-Bas.