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Mercredi 12/11/2025

[SOMMET] Sécheresse, valorisation des fourrages, sélection génomique : ces enjeux communs qui ont poussé la France et le Maroc à établir un partenariat sur l’élevage ovin

S’inspirer de la « success story française » en termes de sélection ovine : c’est l’objectif de la délégation du Maroc (pays à l’honneur en 2025 au Sommet de l’Élevage), venue visiter la station Fedatest (Mazeyrat-d’Allier, Haute-Loire) en marge de l’événement. Mais la filière ovine française a aussi de quoi apprendre de l’expérience marocaine.

« Quand des éleveurs français parlent à des éleveurs marocains, ils discutent de la même chose », commence Jean-Luc Chauvel, ancien président du collectif des Races Ovines du Massif central (ROM). En ce début du mois d’octobre, il s’apprête à accueillir la délégation marocaine, pays à l’honneur du 34e Sommet de l’Élevage, sur le site de Fedatest (Mazeyrat-d’Allier, 43). Ici est effectué le travail de sélection de six races ovines locales basées dans le Massif central (Lacaune (race laitière), Noire du Velay, Rava, Limousine, Bizet, Grivette). Jean-Luc Chauvel précise qu’il s’agit de l’organisme de sélection (OS) le plus important de France en termes d’effectifs.

La délégation du Maroc réunit le président de l’ANOC (Association nationale ovine et caprine), des responsables politiques et des techniciens du Ministère de l’agriculture marocain. De leur côté, les 7 années de sécheresse ont eu des conséquences dramatiques sur le cheptel ovin (-53 % face à la moyenne des trente dernières années) et les professionnels souhaitent s’inspirer de l’expérience de la sélection génétique française pour recomposer les troupeaux. « Nous avons déjà un programme de sélection, mais nous avons besoin de faire davantage, c’est la raison de notre venue aujourd’hui », continue Abderrahmane Mejdoubi, le président de l’ANOC.

Passer à 3 agnelages sur 2 ans

En plus de l’évolution des programmes de sélection (qui fait l’objet d’un des cinq axes du partenariat signé entre l’ANOC et l’OS ROM), l’objectif de l’Association nationale ovine et caprine serait d’améliorer la conduite des élevages pour augmenter le nombre d’agneaux par brebis et passer à 3 agnelages sur 2 ans. Aujourd’hui, grâce à une année 2025 pluvieuse et l’appel à ne pas sacrifier de bêtes pour la fête de l’Aïd (6 à 7 millions de têtes), le pays a retrouvé un effectif convenable. Tout l’enjeu est de le maintenir, selon Abderrahmane Mejdoubi. « À quel âge les béliers arrivent-ils ici ? », « Quel est le bilan économique de la station ? », « Comment motiver les éleveurs à participer ? »… Lors de leur visite en Haute-Loire, les professionnels marocains ont notamment questionné Jean-Luc Chauvel et Dominique Pauc sur la gouvernance de l’organisme de sélection. Côté français, c’est sur la gestion du manque d’eau que l’OS pourrait tirer des enseignements de l’expérience du Maroc : « Sur la sécheresse, le Maroc est en avance, sur la valorisation des fourrages, c’est nous », abonde Jean-Luc Chauvel.

Pour officialiser cet échange de bons procédés, en marge du 34e Sommet de l’Élevage, l’Association nationale ovine et caprine côté Maroc (encadrant 16 000 éleveurs) et l’organisme de sélection ROM côté France ont donc signé une convention de partenariat, autour de cinq axes, allant de la formation à l’actualisation du programme de sélection de la race ovine locale marocaine. L’objectif : que chaque organisme s’entraide pour faire progresser la résilience et la performance des élevages ovins, de chaque côté de la Méditerranée.

Pour en savoir plus :
Site internet : www.sommet-elevage.fr
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