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Vendredi 24/07/2026
« Très forte tension sur le monde agricole ». La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest
Les éleveurs souffrent, mais c’est l’ensemble de la filière qui est touchée.
Conjoncture – Les canicules successives et la sécheresse sévère qu’elles ont engendré ont déjà fait couler beaucoup d’encre et restent au cœur de l’actualité. Mais là où chacun s’attarde sur la situation difficile et réelle des éleveurs, c’est le changement brusque de l’activité économique agricole qui passe au second plan.
Les coups de chaleur ont certes généré un net recul de la consommation et un accroissement des stocks chez les industriels de la viande, mais c’est ce qui se passe à l’extérieur de nos frontières qui est le plus préoccupant.
Notre production s’est recentrée sur la France, ce qui était une piste prioritaire il y a un an, quand tout le monde manquait de marchandise et que les prix s’envolaient. Cette inflation a été concomitante avec une ouverture très large des frontières européennes, et une guerre qui a bouleversé les échanges internationaux. Le prix de nos animaux n’était plus en accord avec le marché, ce qui a renforcé la position du Brésil, sur l’ensemble des pays du pourtour méditerranéen. Nombre de ces pays étaient fournis par l’UE, dont une large partie était approvisionnée par du maigre français. Dans le même temps, les accords avec le Mercosur ont renforcé la pénétration de viande sud-américaine sur notre vieux continent : « Le loup est rentré dans la bergerie ».
D’un marché fortement déficitaire, et qui le reste face à la décheptellisation qui va se renforcer avec la sécheresse, l’Europe croule actuellement sous des stocks importants de viande bovine. C’est la même chose pour les ovins et le veau. Les courbes haussières observées depuis un an et demi se dégonflent plus ou moins rapidement avec parfois une grande violence comme dans les jeunes bovins ou les broutards (deux produits exportés). Les circuits commerciaux sont fortement chahutés, avec des entreprises qui perdent beaucoup d’argent, notamment dans le secteur de l’engraissement.
Le paradigme n’a pourtant pas changé. La France reste déficitaire en production et le restera, avec des éleveurs qui vont devoir endurer une année 2026 douloureuse. La belle progression des revenus des éleveurs en 2025 n’est plus qu’un souvenir, mais pas les charges de MSA, ou des investissements qui ont été réalisés pour atténuer ces dernières. Il va falloir être patient, car la crise actuelle va se prolonger sur le second semestre.
La déflation des prix à la production devra ruisseler jusqu’au consommateur pour relancer si possible les ventes, mais il est toujours plus facile de perdre un client que de le reconquérir.
L’équation n’est pas simple, car une forte inflexion des prix acterait le déclin d’une production qui a un instant rêvé à des jours meilleurs. Mais la crise qui secoue actuellement toute la filière de l’élevage impacte également le tissu industriel et va engendrer de nouvelles restructurations, pour adapter les outils aux flux de marchandises qui se rétrécissent.