Un prélèvement urinaire pour évaluer le statut en phosphore des truies

Des chercheurs américains ont démontré qu’il est possible de déterminer le statut des truies en phosphore en réalisant des collectes partielles d’urine.

Des chercheurs de l’Université du Wisconsin-Madison aux États-Unis ont démontré qu’il est possible de déterminer le statut des truies en phosphore en réalisant des collectes partielles d’urine à trois moments de la journée (8 h 30, 11 h 00 et 16 h 30) plutôt que des collectes totales sur 24 heures qui constituent la méthode de référence. Pour cela, le ratio calcium/phosphore (Ca/P) de l’urine, un critère essentiel dans le calcul des apports nutritionnels, peut servir d’indicateur fiable. En effet, l’excrétion urinaire de calcium est relativement constante et indépendante de la teneur en phosphore de l’aliment de gestation. Selon un essai réalisé sur des truies recevant trois régimes différenciés en phosphore (4,0, 5,6 et 8,0 g/kg), des collectes ont été réalisées à 112 jours de gestation et 18 jours de lactation. Le ratio Ca/P de l’urine décroît lorsque la teneur en phosphore de l’aliment augmente, ceci tant en gestation qu’en lactation. Leurs résultats indiquent que les truies gestantes et allaitantes sont en situation de déficit nutritionnel en phosphore, lorsque le ratio Ca/P de l’urine est supérieur à 1,5. À l’inverse, lorsque ce ratio est inférieur à 0,5, l’apport en phosphore est excédentaire. Dans une étude précédente, ces chercheurs avaient défini précisément les besoins en phosphore des truies, à partir de collectes totales d’urines. Ces besoins sont de l’ordre de 10,3 g/j en gestation, 31,1 g/j en début de lactation et 40,3 g/j en fin de lactation.

Côté biblio

Evaluation of calcium to phosphorus ratio in spot urine samples as a practical method to monitor phosphorus intake adequacy in sows, M. Grez-Capdeville, T. D. Crenshaw, Journal of Animal Science, 2021, Vol. 99, No. 12, 1-7

« Un critère intéressant pour le suivi des truies »

Didier Gaudré, Ifip-Institut du porc © Ifip

Même si le mécanisme permettant d’expliquer cette évolution du rapport Ca/P de l’urine en fonction de la teneur en phosphore de l’aliment n’est pas clairement défini (des mécanismes de régulation de l’absorption intestinale, de la réabsorption rénale et de la résorption osseuse du calcium et du phosphore sont sans doute impliqués), il s’avère très intéressant de pouvoir diagnostiquer de façon simple, dans quelle mesure et dans quelle proportion, les truies d’un élevage donné sont carencées en phosphore. Le déficit nutritionnel en phosphore est particulièrement difficile à combler en lactation, compte tenu de la forte exportation de phosphore dans le lait maternel et de la consommation limitée d’aliments des truies à cette période. La détection des truies en déficit à cette période permettrait un ajustement de la composition de l’aliment et une adaptation du plan d’alimentation après sevrage.