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Biodiversité : quand l’AB entre en piste sur les BA

Raphaël Lecocq

Biodiversité : quand l’AB entre en piste sur les BA
Cœur d’Essonne Agglomération

En cette journée mondiale de la biodiversité, focus sur la désartificialisation des terres, une des 90 actions listées par le Plan Biodiversité lancé en 2018. Quand l’agriculture, biologique ou pas, entre en piste sur d’anciennes bases ariennes (BA). 

Plan biodiversité

« Nous soutiendrons, d’ici 2020, 10 projets innovants ou démonstrateurs en matière de désartificialisation ou renaturation de sites dégradés ou fortement artificialisés ». C’est l’action n°11 du Plan biodiversité, adopté le 4 juillet 2018 par le gouvernement. Le plan répertorie un ensemble de 90 actions, visant à contrecarrer les atteintes portées à la biodiversité, documentées tout  dernièrement par la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Les célébrations 2019 de la Journée internationale de la diversité biologique, décrété par l’ONU, mettent l’accent sur la biodiversité en tant que fondement de notre alimentation et de notre santé et en tant que catalyseur essentiel pour la transformation des systèmes alimentaires et l’amélioration de la santé humaine.

Quel sont les points communs entre la base aérienne BA 217 de Brétigny-sur-Orge (Essonne), la BA 112 de Reims (Marne) ou encore la BA 128 de Metz-Frescaty (Moselle) ? Elles ont toutes fait les frais du Plan de modernisation de la Défense, lancé en 2008, et qui s’est traduit pas la fermeture de 83 sites militaires sur le territoire national, dont 11 bases aériennes. Ces trois bases ont un autre point commun : leur reconversion intègre des projets à vocation agricole, cohabitant, ou pas, avec d’autres activités économiques (entrepôts logistiques, studios de tournage...). En dépit des hangars et des pistes bitumées, les bases aériennes font la part belle aux terres agricoles, qui peuvent ainsi retrouver une fonction nourricière, fortement contrainte sinon proscrite, du fait des vols d’aéronefs militaires.

Semis de sorgho en relay-cropping au stade sortie des barbes de l'orge d'hiver

Base de transfert agroécologique

En Champagne par exemple, la BA 112 couvre 420 ha, dont 240 ha de terres agricoles. Propriété de l’association TerraSolis, l’ex-base accueille TerraLab, une plateforme dédiée à l’innovation, plus particulièrement centrée sur l’évaluation de la multi-performance des systèmes agricoles. Les expérimentations sont développées à grande échelle, pour ne pas dire en grandeur nature, grâce à l’implication d’une exploitation agricole, en l’occurrence la Scea Ferme 112, dont les 6 exploitants associés ont depuis 2016 la charge de tester de nouveaux systèmes culturaux, aux accents agroécologiques (biodiversité, bioéconomie) et agrotechnologiques (numérique). L’ex-base aérienne est ainsi une base de transfert des nouveaux savoirs, une vitrine de l’agriculture du futur, tant pour les professionnels que pour le grand public, auquel est réservé un parcours de la biodiversité.

Ferme de l’envol

A Brétigny-sur-Orge (91), le projet porté par Cœur d’Essonne Agglomération (21 communes, 200.000 habitants) sur l’ex-base aérienne 217 (300 ha), réserve 75 ha de surface agricole, mise à la disposition de l’association Fermes d’avenir. Les terres sont exploitées par la Ferme de l’envol, une Scop (Société coopérative et participative), comptant aujourd’hui quatre associés, dont deux maraichers bio et une paysanne boulangère, ayant vocation à recruter d’autres agriculteurs sous statut de sociétaire-salarié. D’ici à 5 ans, la Ferme de l’envol va muer en exploitation bio de polyculture-élevage ayant vocation alimenter la population locale en pain, produits laitiers, fruits et légumes, via différents circuits commerciaux (vente directe, Amap, restauration collective, GMS...).

Biodiversité : quand l’AB entre en piste sur les BA

Espace-test à l’installation

La ferme emploiera 13,5 équivalents temps plein pour un chiffre d'affaire visé de 1,4 M €. Un modèle que Cœur d’Essonne souhaite voir essaimer sur son territoire, avec un objectif de 100 fermes analogues d’ici à 10 ans. L’association Fermes d’avenir est également engagée dans la création d’un pôle agricole sur l’ex-base 128 (400 ha) de Metz-Frescaty (Moselle), propriété de Metz-Métropole. Environ 20 ha seront réservés à des éleveurs et maraichers bio, auxquels s’ajouteront 5 ha faisant office d’espace-test à l’installation.

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Commentaires 1

CASH38

Je me fous des expérimentations, des bêtises écolos, bobos, urbaines ! Ce que je veux c'est un produit FINI et non basé sur ce que veulent les écolos :

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