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Déforestation : le CESE demande un plan protéines en Europe et l'arrêt des biocarburants de 1ère génération

Pleinchamp avec l'AFP

Déforestation : le CESE demande un plan protéines en Europe et l'arrêt des biocarburants de 1ère génération

Le Conseil économique, social et environnemental français (CESE) demande que Bruxelles lance un plan "protéines" pour lutter contre la dépendance européenne au soja liée à la déforestation, et arrête les agrocarburants de première génération.

"La déforestation menace inexorablement l'avenir de l'humanité", a sévèrement déclaré Martine Vignau, membre du bureau du CESE lors du débat en séance plénière sur l'avis portant sur le rôle de l'Union européenne dans la lutte contre la déforestation importée, voté le 27 mai par 121 voix contre 13 contre et 7 abstentions.

Alors que l'UE est jugée responsable de 36% de la déforestation importée liée au commerce mondial (via l'importation d'huile de palme, de pâte à papier, maïs, soja, cacao, bois, caoutchouc et viandes), le CESE souhaite que l'UE améliore d'abord "la cohérence des politiques européennes qui contribuent à la lutte contre la déforestation importée".

Le conseil relève le lien entre déforestation et développement d'épidémies humaines issues d'animaux sauvages via les rapprochements entre faune sauvage, animaux domestiques d'élevage et l'homme, et souligne le besoin d'une réforme des filières économiques liées à la déforestation. Dans ce cadre, deux filières sont particulièrement ciblées, celle du soja et celle des agrocarburants.

Le conseil souhaite notamment que dans le cadre de la révision en cours de la Politique agricole commune (PAC), un Plan protéine européen soit mis en place pour réduire les importations de soja afin de "concrétiser la souveraineté agricole de l'UE", notamment "en soutenant fortement les cultures de légumineuses", en "versant aux agriculteurs et agricultrices des paiements pour services environnementaux" pour les surfaces en prairies ou légumineuses fourragères et en "conditionnant les aides aux investissements des filières animales à la non-utilisation de soja importé".

Sortie des biocarburants de première génération

Le conseil est aussi favorable à une "sortie progressive des agro-carburants conventionnels" et "leur suppression totale au plus tard en 2030 dans le cadre d'une révision de la directive européenne RED II en mettant fin au plus tard en 2022 aux mécanismes de défiscalisation existants sur ces carburants de première génération", et en réaffectant les subventions de la PAC destinées aux surfaces servant à les produire à la recherche sur les biocarburants avancés.

Une recommandation qui n'a pas manqué de faire réagir Arnaud Rousseau, président de la Fédération des producteurs d'oléoprotéagineux (Fop), qui a manifesté son étonnement quant à cette prise de position du Cese. "La filière tient à rappeler que les biocarburants sont un levier essentiel de la souveraineté alimentaire, grâce à la production de protéines, en ligne avec les engagements du président de la République en faveur d'un plan protéines", a déclaré M. Rousseau.

"La filière est engagée au quotidien dans la lutte contre la déforestation importée et la préservation de la planète, à travers l'évolution des pratiques culturales et la priorité donnée aux graines françaises", a-t-il conclu.

Commentaires 7

aze

tu a raison L agri , encore un conseil qui nous arrive de la lune pour nous montrer notre savoir faire avec notre argent .

Rene16

Pourquoi attendre 2030 pour arrêter les agrocarburants ? C'est tout de suite qu'il faut le faire et pour tous les agrocarburants, pas seulement ceux de 1ère génération. Rejeter dans l'atmosphère le carbone qui doit en premier lieu retourner directement à la terre, c'est à pleurer.
Il en est de même pour les productions industrielles dites "biosourcées" qui détournent la matière carbonée et en prive les sols, ceux de nos champs, mais aussi ceux des forêts également.
Quand va-t-on enfin comprendre que régénérer les sols et lutter contre le réchauffement climatique ne font qu'un ?
Il faut non seulement arrêter de subventionner ces pratiques mais tous simplement les interdire, et je le répète, TOUT DE SUITE !

René

g10

pour mettre un pavé dans la mare des écolos vaut-il mieux vivre correctement en produisant de l’énergie ou bien crever en produisant de l'alimentation?
la question est là !
Car le consommateur ne regarde pas à la dépense pour ses besoins énergétique alors que pour se nourrir 1c€ il y regarde

l'utopiste

Faut il continuer à produire des cultures pour faire rouler nos voitures ???
Oui , mais .......,
1) si seulement nous sommes capables de produire correctement pour nourrir nos congénères en important le strict minimum d'aliments ..
2) si notre système productif est autonome ,fonctionne avec les potentiels du sol sans tous les "adjuvants"utilisés, hélas ,en grande culture .
Si ces deux points sont remplis ,alors ,oui à l'agrocarburant , si non, pas question .
Revoyons nos priorités dans une vision globale et à long terme .

Bruno 02

Ah, le mythe des plans de relance protéine... tout en retirant méticuleusement tous les produits efficaces qui protégeaient les protéagineux ! Faire 5 qtx de pois ou de féveroles déclassés, autant aller pointer à l'ANPE...

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