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Didier Guillaume: la transition agroécologique de l'agriculture est "irréversible"

Didier Guillaume: la transition agroécologique de l'agriculture est "irréversible"

Pour mieux manger, la France doit compter sur la"transition agroécologique" de son agriculture conventionnelle, désormais"irréversible", estime le ministre de l'agriculture Didier Guillaume dans un entretien avec l'AFP, où il appelle parallèlement à ne pas "industrialiser" la production de bio.

La "transition agroécologique" de l'agriculture "est en route", et "elle est irréversible", car "la demande sociétale est irréversible aussi", a jugé M. Guillaume à l'issue du 56e salon de l'Agriculture. "Nos concitoyens nous demandent plus de transparence, plus de sécurité, moins de produits phytosanitaires et plus de bien-être animal".  

Selon lui, les agriculteurs conventionnels ont "précédé" ces demandes "depuis des années", en utilisant "moins d'eau, moins de +phytos+, et moins d'antibiotiques dans les élevages". Mais pour répondre à la demande croissante des consommateurs avides de produits plus naturels et sans pesticides, "il ne faut pas industrialiser" la production d'aliments biologiques, a-t-il aussi plaidé. Certains pays ont répondu au développement de la demande avec des modes de production bio intensifs, s'approchant dans certains cas du modèle des fermes usines décriées par les associations environnementales.  

"On ne peut pas faire passer toute l'agriculture en bio, parce que cette agriculture-là n'est pas à même aujourd'hui de produire l'alimentation que nous souhaitons en quantité", a jugé le ministre. C'est l'évolution de l'agriculture traditionnelle, grâce notamment à des pratiques empruntées au bio (nouvelles pratiques agraires, rotations des sols) qui permettra la "montée en gamme de l'agriculture française", a-t-il estimé. Il a notamment salué les efforts de la filière céréalière, qui a mis au point un blé environnemental CRC (Culture raisonnée contrôlée), avec des contrôles prévus garantissant "zéro résidu de pesticides". "Les viticulteurs sont partis (dans la transition agroécologique), les fruits et légumes aussi", a-t-il souligné, "et quand les vaches sont sur l'herbe, c'est quasiment du bio aussi".

Aides bio: "un bug inacceptable"

"Je ne veux pas opposer" le système conventionnel et le bio, a néanmoins précisé le ministre, "on a besoin des deux". Pour rassurer les producteurs bio, il a souligné qu'il "poussait beaucoup pour les conversions de nouveaux agriculteurs", même si le gouvernement a renoncé à un accompagnement financier prolongé sur cinq ans. "Nous avons pris la décision de les accompagner pendant trois ans au lieu de cinq, pour avoir plus de producteurs" biologiques, a dit le ministre. "Si un jeune tient les trois premières années, il est bien parti". De 6,5% des surfaces agricoles françaises, l'agriculture biologique doit en couvrir 15% en 2022, selon les engagements du gouvernement.

Interrogé sur les retards de paiement des aides européennes pour les agriculteurs bio, le ministre a admis "une défaillance de l'État français et de l'agence de services et de paiement", et un "bug inacceptable". "Il y a deux à trois ans de retard, (...) les paiements de 2016/17 -c'est aberrant de dire cela- ne seront payés qu'au printemps 2019", a relevé le ministre. Certains agriculteurs bio ont intenté la semaine passée une action en justice contre l'État pour recevoir leurs arriérés. Selon M. Guillaume, il reste un solde de "60 millions d'euros" à verser sur les 4 milliards promis pour la période 2016/17.  

Revenant sur le salon SIMA des matériels agricoles, qui s'est tenu parallèlement à Villepinte (Seine Saint-Denis), il a estimé que l'industrie des agroéquipements s'était aussi engagée dans la transition, grâce à des appareils plus performants (pulvérisateurs, etc.) permettant de réduire de "70% à 80%" l'utilisation de produits phytosanitaires. Interrogé sur la dégradation de l'excédent commercial agroalimentaire français depuis le début des années 2000, le ministre a estimé que la France devrait se concentrer surtout sur les exportations alimentaires vers les pays européens, les plus rapprochés, malgré le Brexit. "Les exportations diminuent en Europe, il faut essayer de comprendre pourquoi", a-t-il dit. "Les Britanniques vont continuer de manger, et à terme il faudra bien que les Britanniques passent des accords commerciaux avec l'Union européenne, cela reprendra bien".

Source AFP

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Commentaires 6

cash38

Le chantre de l''agriculture bashing est notre (?) ministre et de ses conseillers qui sont autant agronomes que je suis archevêque ! Pour le moment on crève de ses bêtises et surtout de ses jugements d'autorité sur l’écologie le bio les pesticides les normes et la nourriture saine et abondante que sont incapables de produire les agriculteurs raisonnables qui empoisonnent la terre et veulent nous empoisonner ! Par contre il faudra compter sur les bios pour nourrir le monde ! On peut rêver ! Ajourd'hui on ne peut pas faire 5 km aux comma

DIGUE3942

beaucoup de vœux pieux de la part du ministre ; allons ce qui reste ou ce qui devient réalité .avec tout le vécu du proche passé, on peut dire rien .bruxelles s'occupera du sabotage et ça ne semble déranger personne quand ça vient de cet ABATTOIR .
...

sylvain

avec la hausse de la redevance sur les produits phyto, finalement vous me prenez de l'argent au détriment d'un investissement dans une herse étrille.
déjà, en 1970, des penseurs avaient compris que l'écologie politique conduit à la dictature, à l'intransigeance.
ah pour causer d'agriculture tout le monde a des concepts, des grandes idées, mais peu acceptent d'avoir à subir l'ingratitude du métier de paysan.
il pleut toute la semaine, le travail n'avance pas, il faut y aller le week-end mais les riverains se plaignent que leur grasse matinée est perturbée, alors on te sort une réglementation préfectorale ou un tel va porter plainte en gendarmerie parce que tu moissonnes tard avant l'orage. beaucoup pense que l'abondance est acquise ...

alain72

l'agro équipement vend à prix d'or l'informatique embarquée.
un devis sur un pulvérisateur ultra performant suffit pour s'en rendre compte.
ce ministre fait l'aveu que le tout bio n'assurera pas les volumes, la france abandonne sa place de leader et importera plus peu importe la forêt amazonienne.avec 8 cultures différentes, je remarque que mon voisin bio fait moins de cultures différentes...
la demande sociétale, fruit d'ong, d'associations grande "gueule".
les exportations européennes diminuent...sauf que tous les autres pays subventionnent plus qu'avant leur agriculture. le désastre avenir et certain sera camouflé par la baisse des actifs agricoles.
avec un blé crc, les marges sont inférieures, ...le coût de la paperasse !

Baba

Chacun sait que la parole des ministres, c'est "du vent". Ils sont tous préoccupés par leur place et leur "ego". L'agriculture française a de grands défis devant elle.
1- Le renouvellement des hommes:Combien seront-ils demain ?
2- Le financement : Baisse de la PAC ? Quel soutien des banques ?
3- Le défi écologique / La pression des médias/ le coût des produits ?
4- Le réchauffement climatique./ C'est peut-être le plus important. Si on a 2 ou 3 étés
caniculaires dans les 10 ans à venir, des pans entiers de l'agriculture déjà fragiles pourraient disparaitre.

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