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L’enseignement agricole à l’honneur au Salon de l’agriculture

Anne Sophie LESAGE

L’enseignement agricole à l’honneur au Salon de l’agriculture

Avec près d’un agriculteur sur deux qui prendra sa retraite dans les 10 ans, le monde agricole cherche à séduire des jeunes et susciter des vocations. Le Salon de l’agriculture y prend sa part.

L'agriculture est en permanente évolution et de fait, l'enseignement agricole ne cesse de se réinventer. En effet, loin des clichés, le métier de paysan a bien changé comme aime à le rappeler Jean-Luc Poulain président du Salon International de l’Agriculture (SIA) : « il y a bien longtemps qu’on a abandonné la pelle et la brouette, pour être avec l’IPhone et l’ordinateur ». Moins de pénibilité et plus d’électronique embarqué donc, c’est ça la réalité des agriculteurs en 2020. Pour s’adapter aux nouvelles pratiques et aux attentes sociétales, la formation évolue chaque année, sous impulsion du Ministère de l’Agriculture. Environnement, économie, social, sanitaire et techniques de production sont les enseignements dispensés aux 138 000 étudiants en agriculture, dans les 800 établissements publics et privés que comptent l’hexagone.

Pour mettre en pratique la théorie, plus de 19 000 hectares sont cultivés dans les établissements scolaires. « Ces exploitations ont un objectif de rentabilité économique, pour montrer un système qui fonctionne » explique Nicolas Bastié, proviseur du Lycée agricole de Castelnaudary pour qui croiser pédagogie et production « donne du sens à l’enseignement ». Avec une installation sur 3 réalisée hors cadre familial1, l’enseignement et la formation jouent un rôle primordial car « il n’y a pas de bon professionnel sans bonne école, ni bonne formation » insistent les organisateurs du salon.

Avec un taux d’insertion de 90%2 dans les trois années après l'obtention du diplôme, « l’enseignement agricole n’a pas à rougir » souligne Jean-Luc Poulain, qui a lui-même suivi des études agricoles. « Quand on le compare à l’enseignement général, l’enseignement agricole est une petite machine (…) petite mais efficace » lance le président du SIA pour qui une petite taille est gage de proximité des étudiants.

Susciter des vocations

Traditionnellement, le salon est un temps fort de communication vers le grand public et pour cette édition 2020, avec comme thématique « l’agriculture vous tend les bras », les organisateurs espèrent susciter des vocations. « Si on est le salon de l’agriculture et qu’on ne s’intéresse pas au renouvellement de nos générations ou à la formation de nos jeunes, à terme on condamne la profession » déclare Jean-Luc Poulain avant de rappeler que près de 50% des agriculteurs devraient partir à la retraite dans les 10 prochaines années. Il insiste « même si on ne remplace pas un agriculteur qui part, par un agriculteur qui s’installe, il y aura forcément de gros besoins. »

Pour cela, le salon a axé une partie de sa communication sur la connaissance des métiers, emplois et formations, dans l’espace Agri’recrute. Il sera animé pendant les 10 jours de salon par 12 entreprises, afin d’informer les visiteurs des métiers et des formations proposées en agriculture. Tous les métiers y seront abordés « d’une manière actuelle et un peu branchée » explique Valérie Le Roy, directrice du SIA. Elle rappelle qu’en 2019, 20 000 offres d’emploi étaient nos pourvues, dont 5 000 dans le machinisme agricole.

Le panel de formation et d’enseignement est très large puisque l’objectif est que chacun « y trouve sa place ». En effet, l’enseignement agricole propose des formations allant du CAP/BEP au Bac+7 avec les vétérinaires et les doctorants. Mais pour séduire de plus en plus de jeunes et pour s’ouvrir au monde, l’enseignement agricole propose maintenant à ses étudiants une dimension internationale via Erasmus +. Depuis son lancement en 2014, près de 20 000 jeunes de l’enseignement agricole (étudiants et apprenants en formation professionnelle) en ont bénéficié. Ce programme européen « facilite la mobilité des jeunes » précise Laure Coudret-Laut directrice de l’agence Erasmus +. Depuis 2014, près de 60 millions d’euros de financements ont été alloués aux projets des établissements agricoles, ce qui représente 8,2% du budget global France. 

1 : Source agreste 2016.

2 : Source Alimagri, ministère de l’Agriculture.

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Commentaires 3

INDICE894

L'enseignement suscite des vocations, surtout dans le para agricole. Par expérience, en élevage laitier moins. La traite attire peu, mon stagiaire qui n'est pas du milieu me dit " la traite, oui, mais pas tous les jours...!", pourtant ma salle de traite est moderne. Le tracteur c'est super! Faut vraiment être né dedans ou alors super motivé. Surtout compter la rentabilité, parfois bien maigre au temps passé.

Bruno 02

Avant de susciter quoi que ce soit, il faut bien comprendre qu'une banque ne prêtera qu'en fonction d'une capacité à rembourser, donc des prix qui permettent de faire une marge. Aujourd'hui, et depuis un paquet d'années, ce n'est plus le cas : tout le monde veut du bio, mais achète en réalité le transgénique et hormoné made in étranger.

Agri53.72

Pourquoi veulent -ils susciter des vocations alors que nous-même agriculteur avons parfois du mal à en vive . Nous n'avons pas les moyens d'embaucher . Si les enfants ne veulent plus installer ce n'est pas pour mourir

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