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Samedi 21/02/2026

SIA 2026 : Emmanuel Macron rencontre les syndicats sous fond de tensions

Emmanuel Macron a inauguré samedi le Salon de l'agriculture à Paris, sans vaches pour la photo officielle, avant de rencontrer la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs et même les contestataires de la Coordination rurale, qui avaient pourtant d'abord refusé l'invitation.

Avant de couper le ruban, le chef de l'Etat a dit vouloir rencontrer les syndicats "qui le souhaitent", appelant à l'unité face aux crises qui secouent le monde agricole. La Confédération paysanne, troisième syndicat qui a tout de même son stand au salon, a réitéré son boycott de toutes les rencontres présidentielles, dénonçant une "cogestion insupportable" entre le gouvernement et l'alliance FNSEA-JA, qui domine encore le syndicalisme agricole. Mais la Coordination rurale, dont l'ascension ébranle l'hégémonie de la FNSEA, a ouvert la porte à une rencontre commune avec "tous les syndicats" même si elle refuse de "s'afficher" avec Emmanuel Macron sur un "salon de la souffrance" agricole.
L'Elysée a finalement annoncé en milieu de matinée une rencontre entre le président de la CR Bertrand Venteau et Emmanuel Macron, sans les autres syndicats et avec José Pérez, président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, fief historique du syndicat dans le Sud-Ouest particulièrement adepte des actions coup de poing. "Il nous a promis une énième réunion à l'Élysée avec les autres syndicats et les filières. Mais, ça fait deux ans qu'on porte les mêmes choses, il a juste à les mettre en application", a déploré Bertrand Venteau à la sortie du
rendez-vous. Cette réunion a été confirmée par l'Elysée, où elle doit se tenir, mais sans date précise.

Manifestation de "bonnets jaunes"

Après le rendez-vous, José Pérez a lui pris la tête d'un groupe de "bonnets jaunes" avec des pancartes pour manifester dans le hall et demander un rendez-vous avec M. Macron et tous les syndicats "dès ce soir", "cette nuit s'il le faut". "Les agriculteurs attendaient de ce salon des réponses. Là, il n'y a pas une vache. Il n'y a plus rien. C'est une honte (...) on nous tient
éloignés
", a-t-il déclamé devant ses adhérents. "Ça va être un peu compliqué de faire des actions un peu musclées parce qu'on va être rapidement maîtrisés", avait reconnu plus tôt le secrétaire général François Walraet face à l'énorme dispositif de sécurité déployé autour du président. Le chef de l'Etat a découvert à son arrivée le stand de l'éleveur martiniquais André Prosper, qui l'a invité à venir sur son île après avoir dû renoncer à amener sa vache brahmane Biguine, qui devait être l'égérie de l'édition 2026.

Voir aussi : André Prosper, « Biguine sera au Salon de l’agriculture en 2027 »

Après avoir coupé le ruban, Emmanuel Macron a rencontré les responsables de la FNSEA et des JA, qui avaient accepté l'invitation. "Ce qui nous intéresse c'est l'année qui lui reste dans son mandat", a déclaré le président de la FNSEA à l'issue du rendez-vous, renonçant de facto à obtenir de lui la "vision" pour l'agriculture qu'il lui réclamait. Les deux syndicats espèrent que le chef de l'Etat pèsera dans les négociations sur le budget de la politique agricole commune post-2027. En amont de la présidentielle mais surtout des élections municipales de mars, les personnalités politiques se succéderont malgré tout jusqu'au dimanche 1er mars parmi les centaines de stands.

Marius, 13 ans veut "faire agriculteur" plus tard

Depuis dix ans, le nombre d'agriculteurs n'a cessé de baisser en France et les crises se sont accumulées. Les tempêtes et les crues qui ont submergé de nombreuses cultures ces
derniers jours et il y a quelques semaines, c'est la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest qui a fait déborder le vase, s'ajoutant aux inquiétudes sur l'accord de libre-échange UE-Mercosur. "On peut se féliciter d'être en train de gagner durablement le combat contre la dermatose", a déclaré Emmanuel Macron samedi matin. Aucun nouveau foyer n'est apparu depuis le 2 janvier et des restrictions ont été levées dans le Sud-Ouest vendredi. Mais les vaches sont tout de même absentes du salon. Marius, 13 ans, venu de Charente avec ses parents, est "un peu déçu" de ne pas les voir, "mais c'est bien quand même". Il voudrait "faire agriculteur" plus tard.