L’UIPP demande aux pouvoirs publics de marcher dans le pas de temps scientifique

RL avec AFP

L’UIPP demande aux pouvoirs publics de marcher dans le pas de temps scientifique

A l’horizon 2025, l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) estime que le biocontrôle devrait représenter que 15% du marché. De petits pas scientifiques qui vont dans le sens de la marche mais pas au rythme dicté par les pouvoirs publics, allusion au glyphosate.

"Nous avons besoin d'un cadre stabilisé avec des règles du jeu et un certain nombre d'indications qui nous permettent de dire ce qu'on peut développer sur les 15 ans à venir. Sinon aucune entreprise ne pourra ou ne voudra investir sur ces domaines-là", a averti Nicolas Kerfant, président de l’UIPP à l’occasion de la conférence annuelle de l’association des fabricants de produits phytosanitaires. « Le pas de temps politique et le pas de temps de la recherche sont complétement différents", a-t-il ajouté.

Dans 7 ans, 85% du marché hors biocontrôle

A cette occasion, l’UIPP a rappelé que ses membres fournissaient 40 % des solutions de biocontrôle et 50 % des produits homologués en bio, histoire de prouver l’engagement des industries agrochimiques dans la quête de solutions alternatives. En 2018, les solutions de biocontrôle ne représentent que 5% du marché français de la protection des plantes. « Les solutions existantes aujourd'hui pourraient s'appliquer sur des surfaces deux fois plus grandes", a précisé Nicolas Kerfant. « Nous estimons que d'ici 2025 le marché du biocontrôle tel qu'il est défini en France pourrait être de 15%. Il va falloir investir pour arriver à ces 15%. Et malgré ça, il va rester 85% du marché qu'on ne peut pas passer à la trappe ».

Pas d’alternative crédible et peu coûteuse au glyphosate

L'engagement de la France à sortir du glyphosate d'ici à 2021 est notamment dans la ligne de mire des industriels qui estiment qu'il n'existe pas de solution alternative crédible et peu coûteuse.  L'UIPP regroupe des adhérents du secteur agricole et notamment des géants comme Bayer-Monsanto ou BASF et représente 95% du marché français de la protection des plantes.   Leur chiffre d'affaires s'élevait en 2017 à 2 milliards d'euros, plutôt stable depuis les années 2000, dans un marché considéré comme "mature".    Selon le gouvernement, la France est au deuxième rang européen de l'utilisation de substances actives de produits phytopharmaceutiques, avec 72.035 tonnes vendues, après l'Espagne (76.940 tonnes) mais seulement 9e si on rapporte les substances à l'hectare cultivé (3,7 kg/ha).

Source RL avec AFP

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