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Local, hors-saison ou importé, le dilemme pour les fruits et légumes bio

Adèle Magnard

Local, hors-saison ou importé, le dilemme pour les fruits et légumes bio

Face à une demande toujours plus forte des consommateurs pour les fruits et légumes bio, les fédérations de producteurs sont partagés sur le recours au chauffage des serres, permettant de produire sur des périodes plus longues et de diminuer le recours aux importations.

« Pas de tomates bio en hiver » ! Le 29 mai, une pétition portée par la Fédération nationale d’Agriculture biologique (Fnab) et trois associations environnementales était relayée par le journal Libération et cosignée par 60 chefs cuisiniers. Elle demande au Ministre de l’Agriculture de « soutenir un encadrement strict du chauffage des serres en bio afin d’interdire la production de fruits et légumes bio hors saison ». En portant le débat auprès du grand public, la Fnab entend mobiliser l’opinion sur un sujet qui divise les rangs au sein des producteurs bio

Le même jour, l’APCA organisait une conférence de presse sur le sujet avec des représentants de la FNSEA, d’Interfel et de Légumes de France. « Sur 27 000 hectares de légumes bio en France, seuls 50 hectares sont concernés par le chauffage des serres », a fait savoir Claude Cochonneau, président de l’APCA. Et pourtant, le sujet cristallise les débats : il en va de la définition même de l’Agriculture biologique. Selon la Fnab, des projets de conversion bio de « serres chauffées pour la production hors-saison » sont en gestation sur le territoire. « Une aberration gustative, agronomique et environnementale ! », clame le syndicat dans sa pétition. 

Des tomates au printemps

« Produire des tomates bio en plein hiver est de toute façon agronomiquement difficile : même en chauffant les serres, le sol ne peut pas suffisamment se réchauffer », nuance Jean-Luc Roux, producteur de fruits et légumes bio à Cavaillon, présent à la conférence de presse. Pour lui, le chauffage des serres permet de démarrer la production plus tôt afin de répondre à la demande des consommateurs « qui veulent des tomates au printemps ». « Si l’on respecte la saisonnalité, une tomate de pleine terre est mûre à la mi-juillet, poursuit-il. Or, la majorité des enseignes bio proposent des tomates dès fin mars, principalement importées ! » 

Face à la hausse de la consommation bio, la filière des fruits et légumes française craint qu’une éventuelle interdiction du chauffage des serres ne pénalise la production locale au profit des importations, déjà majoritaires. D’autant que le « plan ambition bio 2022 » du gouvernement vise à atteindre 20% de produits bio dans la restauration collective. « Les producteurs bio n’ont évidemment pas comme objectif de produire à contre-saison, mais plutôt d’allonger les saisons de production », indique Claude Cochonneau. 

Au niveau européen, le chauffage des serres en bio n’est pas interdit. Cependant, le règlement stipule que le cycle naturel des cultures doit être respecté, sans plus de précisions. Pour clarifier cet aspect, l’APCA propose d’ajouter la notion de « planté dans l’année » si le débat est amené au niveau européen. Cela empêcherait les producteurs de produire en plein hiver, mais leur permettrait tout de même de récolter au printemps. 

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Commentaires 10

viking537

d accord avec lamajorité des commentaires.comme toujours on veut ètre bio mais tout avoir.pour moi le bio finira par se décribiliser tout seul.le niveau d aides dans certaines productions devient délirant. ilfaudrait ètre plus stricts et integrer un bilan carbone(les petites fermes ont les champs proches et consoment moins de GNR pour les transports des récoltes)des bios avec des tracteurs de 200 CV et des sites a 20KM???, pour moi ils ne le sont pas.

viande

livo32, toujours pas d'accord pour faire du bio décalé en France, et si le consommateur veut des fraises en janvier et bien se sera de l'import et aux consommateurs d'assumer son choix climatique et de faux bio.

Sined

Malheureusement
A force de pousser les gens a faire du bio on coupe la branche sur laquelle on se trouve. L’interet du bio c’est de remunerer le producteur par le prix pas par les primes qu’on lui donne. L’immense majorite des conversions d’aujourd’hui l’est par les primes pas par les convictions des producteurs. Et ca desservira en premier les convaincus...

nanardd

à partir de la première bobine de plastique ce n'est plus du bio point.Quand la télé nous montrent des fraises label rouge en production hors sol sous serre à hauteur d'homme.On voit bien que les journalistes n'ont jamais rien vu d'autre.Il n'y a pas besoin de critiquer les agriculteur espagnol. Mais pour cela il faudrait que le consommateur soit prêt à payer le VRAI bio

livo32

Toute cette polémique vient du fait que les consommateurs veulent des produits hors saison. Qu'il soit bio ou conventionnel, un fruit ou un légume hors saison n'a aucun intérêt d'un point du vue gustatif et écologique. Maintenant, vu qu'il y a la demande, vaut-il mieux le produire en France, ou l'importer de l'autre bout de la planète avec normes de fabrication interdites chez nous? Personnellement, je pense qu'il vaut mieux le faire en France avec nos normes.

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